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En Irak, le Kurdistan sous les drones de la guerre régionale

"Au régime iranien, nous disons : rendez-vous et mettez fin à cela", affirme M. Salim, un ouvrier journalier de 35 ans

Un bâtiment endommagé sur un site touché par une attaque à la roquette lancée par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), à Erbil, la capitale de la région autonome kurde du nord de l'Irak, sur une photo diffusée et prise le 16 janvier 2024. (Crédit : Kurdistan24/AFP)
Un bâtiment endommagé sur un site touché par une attaque à la roquette lancée par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), à Erbil, la capitale de la région autonome kurde du nord de l'Irak, sur une photo diffusée et prise le 16 janvier 2024. (Crédit : Kurdistan24/AFP)

Sans la réponse efficace de la défense aérienne, « la situation serait catastrophique » : à Erbil, Karwan Salim, s’inquiète de voir le Kurdistan irakien pris dans la guerre régionale déclenchée par l’attaque israélo-américaine contre l’Iran.

Depuis plusieurs jours, le ciel d’Erbil est sillonné de drones, dont l’approche déclenche la riposte des systèmes antiaériens. Et des explosions secouent régulièrement la ville, capitale de la région autonome du Kurdistan, qui abrite un vaste complexe consulaire américain.

« Les Etats-Unis et leurs alliés ont bien fait de déployer un système de défense aérienne efficace. Sans cela, la situation à Erbil serait catastrophique », observe M. Salim, un ouvrier journalier de 35 ans.

« Comment une guerre avec les Etats-Unis est-elle arrivée jusqu’à Erbil et Dubaï ? », s’interroge-t-il. « Au régime iranien, nous disons : rendez-vous et mettez fin à cela ».

La région autonome du Kurdistan irakien, dont Erbil est la capitale, accueille des troupes de la coalition antijihadiste internationale dirigée par les Etats-Unis. Elles y sont restées déployées après leur retrait, en décembre, des bases situées ailleurs en Irak.

Les autorités locales ont diffusé des consignes de sécurité en cas de chute de débris de missiles ou de munitions près des habitations.

« Les gens ont peur de sortir, surtout la nuit. Tout cela vient de l’Iran et de ceux qu’il soutient », s’indigne Abdoul Rahman Ismail, un commerçant âgé de 72 ans.

Outre les frappes iraniennes, des groupes armés irakiens alliés de Téhéran ont aussi assuré qu’ils ne resteraient pas neutres et ont revendiqué des attaques de drones contre des bases américaines.

Salar Bourhan, un infirmier de 27 ans, dit craindre une escalade. « Nous ne savons pas pourquoi ils nous entraînent dans cette guerre », regrette-t-il.

« Panique »

« L’Irak est désormais directement affecté par la guerre » au Moyen-Orient, a reconnu lundi le ministre irakien des Affaires étrangères, Fouad Hussein.

« L’Iran continue de bombarder des zones dans la région du Kurdistan, en particulier Erbil, tandis que la partie adverse vise des sites dans le sud et l’ouest » du pays, a-t-il affirmé, sans nommer directement Israël et les États-Unis, accusés par des groupes pro-iraniens d’être responsables d’attaques meurtrières les visant.

Ces factions ont prévenu qu’une guerre d’usure pourrait s’installer.

La puissante formation Kataeb Hezbollah a assuré qu’elle ne tolérerait « aucune présence américaine dans la région, en particulier en Irak », mettant en garde le Kurdistan contre toute « collusion avec les forces ennemies ».

Les autorités kurdes entretiennent des relations étroites avec Washington, qui a mené l’invasion de 2003 ayant renversé Saddam Hussein, accusé d’avoir persécuté les Kurdes.

Outre la menace de drones, les habitants redoutent le retour des coupures d’électricité, alors qu’Erbil bénéficiait depuis peu d’une alimentation continue.

Un important complexe gazier fournissant les centrales électriques locales a suspendu par précaution ses livraisons au début du conflit.

Ce site de Khor Mor, exploité par la société émiratie Dana Gas, avait été visé à plusieurs reprises ces dernières années par des attaques attribuées aux milices pro-iraniennes.

« Sans électricité, il n’y a pas d’activité », déplore Khalid Ahmed, 70 ans, qui quand le courant saute, doit « utiliser une petite lampe à batterie pour garder la boutique ouverte ».

Les magasins sont bien approvisionnés mais « les gens sont terrifiés et achètent tout par panique », ajoute-t-il. « La guerre est vraiment terrible pour tout le monde ».

En train de faire ses courses, Media Aziz, 37 ans, confie redouter que ce qu’il vient d’acheter ne se « gâte dans le congélateur à cause des coupures de courant ». « Sans électricité, la vie devient difficile ».

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