En Israël, le patron de Ford affirme que la « révolution » est en route
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En Israël, le patron de Ford affirme que la « révolution » est en route

Bill Ford s'exprimait lors d'une conférence sur la mobilité intelligente la semaine dernière, avant d'inaugurer un centre de recherche du constructeur automobile

Bill Ford, le président exécutif de Ford Motor Company à la conférence EcoMotion à Tel Aviv, le 11 juin 2019. (Asaf Kliger)
Bill Ford, le président exécutif de Ford Motor Company à la conférence EcoMotion à Tel Aviv, le 11 juin 2019. (Asaf Kliger)

La semaine dernière, Bill Ford, le président exécutif de Ford Motor Company et l’arrière-petit-fils du fondateur de l’entreprise américaine, Henry Ford, a déclaré à Tel Aviv que dans la « révolution » qu traverse l’industrie automobile, les constructeurs de voiture devaient travailler avec des start-ups pour rester à la pointe de l’innovation.

« Il se passe toujours quelque chose », a constaté Bill Ford, âgé de 62 ans. « Chaque branche de notre secteur change. Il n’y a pas une partie de notre activité qui soit ou sera reconnaissable par rapport au passé. »

Le changement est porté par l’intelligence artificielle, les technologies de conduite autonome et d’impression 3D, a-t-il expliqué. Tout cela « modifie ce que nous pensons sur la mobilité et les transports ».

Les constructeurs automobiles doivent encourager les nouveaux acteurs et les start-ups et travailler avec eux, a ajouté le chef d’entreprise, s’exprimant lors d’une conférence sur les transports intelligents EcoMotion à Tel Aviv. Le rythme et le nombre de changement sont « stupéfiants », et c’est pourquoi aucune entreprise ne peut agir seule.

Bill Ford, le président exécutif de Ford Motor Company, s’exprime lors d’une conférence EcoMotion à Tel Aviv, le 11 juin 2019 (Asaf Kliger)

Ford était en Israël pour l’inauguration du nouveau centre de recherche à Tel Aviv la semaine dernière. En 2017, l’entreprise américaine a acheté SAIPS AC Ltd., une start-up israélienne développant des algorithmes de vision par ordinateur et d’apprentissage automatique, dans un investissement sur le domaine du véhicule autonome.

L’ouverture d’un centre Ford intervient dans le sillage de la création d’un laboratoire d’innovation par Renault et Nissan en Israël afin de profiter de l’innovation technologique de la Nation Startup. L’État hébreu, qui n’est pas traditionnellement réputé pour son industrie automobile, est devenu un leader improbable dans les technologies capables de transformer les véhicules par rapport à ce que nous connaissons maintenant, avec des géants de la technologie comme Google et Intel, et des constructeurs automobiles comme Honda, GM, BMW et Volkswagen, qui sont tous à la recherche de nouveaux talents et souhaitent investir dans la technologie israélienne à cet effet.

Bill Ford, qui visitait Israël pour la première fois, perçoit l’écosystème et l’énergie ici comme « fantastiques », remarquant particulièrement la démarche « égalitaire » des Israéliens.

« J’adore le manque de hiérarchie ici », a-t-il assuré sans une conversation avec un interviewer lors de la conférence. « Je pense que cela facilite l’innovation. Les entreprises européennes et américaines qui ont tendance à avoir plus de hiérarchie sont connues pour étouffer l’innovation, mais le fait qu’Israël manque de hiérarchie en fait un endroit super pour démarrer et faire entendre sa voix dès le début du processus. »

Henry Ford, l’arrière grand-père de Bill, a développé et produit la première voiture à un prix abordable pour les Américains de la classe moyenne, transformant la voiture d’un gadget onéreux en un moyen pratique pour se déplacer. Le Model T d’Henry Ford, introduit en 1908, est considéré comme la voiture qui a révolutionné les transports.

Son arrière-grand-père était un « innovateur original » qui aurait compris que le monde d’aujourd’hui « change grandement », a déclaré Bill Ford.

Des participants à la conférence sur les transports intelligents EcoMotion à Tel Aviv, le 11 juin 2019. (Shoshanna Solomon/Times of Israëll)

De manière générale, les constructeurs automobiles doivent développer un écosystème technologique dans lequel l’innovation est encouragée et comprendre qu’ils ne doivent pas forcément être en son centre, a-t-il dit, alors que les start-ups doivent frapper aux portes des entreprises avec insistance.

Ford a commencé sa carrière en travaillant dans une ligne d’assemblage de l’entreprise de son aïeul, en prenant un faux nom pour s’assurer qu’il n’aurait pas de traitement de faveur, et il a gravi les différents échelons de l’entreprise jusqu’à arriver au sommet.

Ce qui se passe dans l’industrie aujourd’hui, a-t-il estimé, « est fascinant, je pense que c’est le moment le plus intéressant de ma carrière. J’aimerais bien avoir de nouveau 20 ans ».

Dans ses 100 premières années d’existence, l’industrie automobile n’a pas beaucoup changé, passant par beaucoup « d’évolutions, mais pas beaucoup de révolutions », a-t-il noté. Pourtant, aujourd’hui, les start-ups qui sont capables d’intégrer « toute cette technologie de manière à améliorer la vie de gens, seront les entreprises gagnantes », et celles qui n’anticipent pas le changement « passeront aux oubliettes de l’histoire, et cela ne m’intéresse pas du tout ».

Il a ajouté que le système de conduite autonome Argo de l’entreprise est en concurrence avec d’autres. Mais il a souligné que l’entreprise veut être complètement sûre que les « véhicules seront prêts pour les lancer », parce que des erreurs peuvent coûter des vies.

L’entreprise teste déjà des projets pilotes de son système Argo dans des villes du monde. Ford a investi un milliard de dollars dans Argo, une start-up d’IA basée à Pittsburgh, afin d’être à la pointe du secteur du véhicule autonome.

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