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En recevant Jake Sullivan, Mahmoud Abbas appelle à un renforcement des liens

Israël doit cesser ses "pratiques unilatérales" qui nuisent à la solution à deux États, a déclaré le chef de l'AP au conseiller de Biden

Le dirigeant de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (à droite) rencontre le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 22 décembre 2021. (Crédit : Wafa)
Le dirigeant de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (à droite) rencontre le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 22 décembre 2021. (Crédit : Wafa)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a accueilli le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, pour des entretiens à Ramallah mercredi soir.

Selon un communiqué du bureau d’Abbas, le chef de l’AP a dit au conseiller de Joe Biden que les obstacles au renforcement des liens américano-palestiniens « doivent être surmontés ».

L’AP a récemment rétabli des liens formels avec les États-Unis, après un boycott de quatre ans, qui a suivi la décision de l’ancien président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade américaine.

Mais cette relation renouvelée a été entachée de difficultés : Ramallah a demandé à l’administration Biden de lui permettre de rouvrir la mission palestinienne à Washington et aux États-Unis de rouvrir leur consulat à Jérusalem.

Photo illustrative d’un prisonnier (Kobi Gideon/Flash90)

Bien que l’administration ait signalé son soutien de principe à ces deux demandes, des obstacles politiques ont entravé leur mise en œuvre. Israël s’oppose sans équivoque à l’établissement du consulat dans sa capitale, les responsables israéliens le considérant comme une mission auprès des Palestiniens.
Entre-temps, les États-Unis n’ont cessé d’exiger que l’AP réforme son système très controversé de paiement des prisonniers. En effet, l’AP distribue des allocations aux Palestiniens emprisonnés, blessés ou tués par Israël. L’aide est également versée aux personnes condamnées pour des attaques terroristes brutales.

Ces paiements sont très populaires, car de nombreux Palestiniens les considèrent comme une compensation pour ce qu’ils qualifient de système de justice militaire israélien injuste. Mais ils ont été largement condamnés à l’étranger. Depuis 2018, la loi américaine interdit toute aide fédérale à Ramallah tant qu’elle poursuit cette pratique.

« Sur la question des paiements, nous avons eu une position claire et cohérente à ce sujet : que nous sommes fondamentalement opposés à ces paiements. Je suis donc certain que ce sera également un sujet de discussion », avait déclaré un haut responsable de l’administration américaine à la presse mardi soir, avant les rencontres de M. Sullivan avec des responsables israéliens et palestiniens.

M. Sullivan a rencontré de hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre Naftali Bennett, plus tôt dans la journée de mercredi. Sullivan a déclaré au Premier ministre que les deux pays se trouvent à un « moment critique » pour faire face à un ensemble important de questions de sécurité et qu’ils doivent « élaborer une stratégie commune » qui sert leurs intérêts respectifs.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à droite) rencontre le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan à Jérusalem le 22 décembre 2021. (Crédit : David Azagury/Ambassade américaine à Jérusalem)

L’envoyé américain au Moyen-Orient, Brett McGurk, et la secrétaire adjointe par intérim du département d’État pour les affaires du Proche-Orient, Yael Lempert, se sont joints à M. Sullivan en Israël.
Le haut fonctionnaire de l’administration a déclaré aux journalistes lundi que M. Sullivan ne livrait aucune nouvelle information aux responsables israéliens au cours de ce voyage.

« C’est une visite qui a été planifiée de longue date, le point culminant d’une année de consultation très étroite », a déclaré le fonctionnaire en réponse à une question du Times of Israel. « Donc, il n’y a pas – vous savez, il n’y a pas de nouveau livrable ou quoi que ce soit. Cela fait partie d’un engagement en face à face avec des partenaires proches. »

Lors de leur rencontre mercredi soir, Abbas a réitéré son message à Sullivan, à savoir qu’Israël devait cesser d’étendre les implantations, arrêter les expulsions de Palestiniens dans les quartiers de Jérusalem-Est, respecter le fragile statu quo sur le lieu saint du mont du Temple et cesser de déduire les fonds que l’AP donnerait aux détenus des recettes fiscales qu’il transfère à Ramallah.

« Le président a souligné la nécessité de mettre fin à ces pratiques israéliennes unilatérales qui sapent la solution à deux États », a déclaré le bureau d’Abbas.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, lors d’un point-presse quotidien à la Maison Blanche, à Washington, le 26 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Susan Walsh)

M. Sullivan, pour sa part, a réitéré l’engagement déclaré de l’Amérique en faveur d’une solution à deux États au conflit israélo-palestinien, selon le communiqué.

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