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En visite en Israël, la doyenne de la gastronomie juive sera reçue par Guy Pines

Malgré la pandémie qui a contrecarré les plans initiaux, le musée Anu a finalement trouvé un moyen de réunir Joan Nathan et le célèbre présentateur et fin gourmet

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Joan Nathan, chef et auteure du livre "King Solomon's Table". (Crédit : Michelle Tomasi/Penguin Random House)
Joan Nathan, chef et auteure du livre "King Solomon's Table". (Crédit : Michelle Tomasi/Penguin Random House)

L’auteure culinaire Joan Nathan n’est pas venue en Israël depuis bien avant la pandémie du coronavirus, et lorsqu’elle arrivera lundi 7 mars, elle aura une mission à remplir : cuisiner un repas privé avec Guy Pines.

Guy Pines, oui, celui-là même, l’animateur de l’émission d’information sur les célébrités israéliennes « Erev Tov im Guy Pines », qui est non seulement un grand amateur de cuisine, mais aussi un fan inconditionnel de Joan Nathan.

Pines a découvert l’un des livres de Joan Nathan – il ne dira pas lequel – lorsqu’il était à New York il y a quelques années pour un reportage sur des chefs israéliens qui rendaient visite aux experts culinaires de la ville.

« J’ai eu le sentiment de déjà connaître cette femme par son livre », a déclaré Pines lors d’une récente interview dans un podcast avec Merav Oren, PDG de Foodish, la nouvelle branche culinaire du Anu Museum of the Jewish People, qui a organisé la rencontre Pines-Nathan.

Depuis, Pines ne jure que par ce livre, et les pages de cet ouvrage d’expertise culinaire, cornées et tachées, en sont témoins.

Nathan, auteure de 11 livres de cuisine et collaboratrice régulière du New York Times, a écrit en 1994 Jewish Cooking in America, qui a été primé, et en 2005 The New American Cooking, et est depuis longtemps la doyenne de la cuisine juive.

Nathan a été présenté par Oren, aux auditeurs du podcast, comme la Julia Child du monde juif. Pines a alors renchéri : « Elle est la Ruth Sirkis du monde », en référence à la célèbre auteure israélienne de livres de cuisine.

Oren a conçu ce voyage comme un moyen de réunir Pines et Nathan après que le projet initial de cuisiner ensemble à New York a dû être reporté à cause de la pandémie.

Merav m’a dit : « Viens en Israël pour rencontrer Guy », a raconté Nathan.

« Ils vont me faire découvrir des choses dans le monde de la gastronomie et au musée », a ajouté Nathan, s’exprimant depuis son domicile à Washington, DC. « Je vais cuisiner avec Guy et ensuite aller voir des vignobles et de vieux amis ».

Elle dit garder de bons souvenirs d’Anu, à l’époque où on l’appelait encore Beit Hatfutsot.

« Je trouvais ça tellement cool », a dit Nathan, ajoutant qu’elle a conservé un tirage du musée sur Cracovie, où sa mère est née.

En ce qui concerne la nourriture, elle aimerait approfondir ses connaissances sur les expériences locales en ce qui concerne le sumac et les céréales anciennes, notamment l’einkorn, un type de blé qui connaît actuellement une sorte de renaissance.

« Je vois l’avenir comme le chemin du passé », a déclaré Nathan. « Les pois chiches, par exemple, sont tellement dans l’avenir, dans tout environnement sans viande. Et Israël est à l’avant-garde dans ce domaine. »

C’est le dernier livre de cuisine de Nathan, King Solomon’s Table: a Culinary Exploration of Jewish Cooking from Around the World de 2017, qui lui a fait penser aux pois chiches et aux menus sans viande.

En fait, dit-elle, elle pense aux protéines sans viande depuis qu’elle a travaillé pour l’ancien maire de Jérusalem Teddy Kollek en tant qu’attachée de presse étrangère au début des années 1970 et qu’elle a visité le désert du Sinaï.

« Je joue toujours à un jeu avec moi-même, avec ce qui existait dans le passé et ce que nous avons maintenant », a déclaré Nathan.

Aujourd’hui, les pois chiches qui existent depuis des milliers d’années dans la région et dont la culture nécessite moins d’eau sont au centre de ses recherches.

« Pas seulement pour le houmous. Autrefois, c’était le l’aliment de base du peuple, c’était ce que les gens mangeaient pour se nourrir », a déclaré Nathan. Elle a ajouté que l’auteur Meir Shalev lui a dit un jour que la terminologie biblique utilisée dans le livre de Ruth pour tremper du pain dans du vinaigre montre que la sauce devait être une sorte de houmous, même si ce n’est pas exactement la même préparation à base de pois chiches que celle consommée aujourd’hui.

Tout cela constitue une source d’inspiration culinaire pour Nathan, qui a passé les deux dernières années à rédiger ses mémoires et à tester des recettes, y compris certaines des recettes orientales qu’elle faisait à l’époque où elle était à Jérusalem.

« Ma période israélienne a été très importante dans mes mémoires », dit Nathan, se souvenant que son premier travail en tant qu’attachée de Kollek a consisté à faire visiter Jérusalem à David Ben Gourion avec une équipe de la télévision française. (Elle parle couramment français).

C’est aussi à Jérusalem qu’elle a rencontré son mari, l’avocat Allan Gerson, qui est décédé de manière subite en décembre 2019. Pour elle, la pandémie a été une période de deuil et de renouveau. Elle a passé du temps en Nouvelle-Orléans, puis est allée en Californie pour être près de ses enfants.

« C’était une bonne période de guérison pour moi », a dit Nathan, « parce que j’ai été seule pendant si longtemps et que j’ai compris la force de la vie. »

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