Environnement : 31 milliards de shekels, le « prix à payer » pour la pollution
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Environnement : 31 milliards de shekels, le « prix à payer » pour la pollution

La ministre de la Protection environnementale, Tamar Zandberg, évoque une "image effrayante" qui oblige d'atteindre des objectifs durables ; le transport est le plus grand problème

Des embouteillages sur l'autoroute d'Ayalon, le 30 mars 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
Des embouteillages sur l'autoroute d'Ayalon, le 30 mars 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Le ministère de la Protection environnementale a déclaré avoir calculé pour la première fois le coût annuel de la pollution extérieure dans le pays, un chiffre qui avoisinerait les 31 milliards de shekels.

Les coûts extérieurs permettent de calculer sous forme de valeur monétaire l’impact négatif de la pollution sur la santé publique et sur l’environnement – afin de permettre aux décisionnaires de quantifier la perte de bien-être social entraînée par les émissions polluantes et les accidents environnementaux variés. Ces coûts dérivent, entre autres, des impacts négatifs de la pollution sur la santé, l’agriculture, la conservation et les mesures adoptées pour lutter contre les effets de la pollution.

Les émissions de gaz à effet de serre coûtent ainsi au pays environ 11,3 milliards de shekels chaque année, selon un rapport du ministère chargé de l’environnement qui a été publié dimanche et qui détaille comment et où l’économie israélienne se trouve affectée par la pollution.

« Le rapport nous présente une image effrayante et, pour la première fois, il y a une estimation en shekels du prix à payer pour les émissions polluantes », a indiqué la ministre de la Protection environnementale, Tamar Zandberg, dans une déclaration.

Selon ce rapport, la principale source d’émissions en termes de coût financier sur l’économie du pays est le secteur des transports (à 38 %). Arrivent ensuite les centrales électriques (à 30 %) et les usines industrielles (à 16 %).

Zandberg a expliqué que la conclusion qu’elle tirait de ce rapport était que « la guerre contre la crise du climat » était au centre de l’économie israélienne et qu’Israël devait, en conséquence, atteindre son objectif de production de 40 % de ses besoins énergétiques à partir de sources renouvelables et d’émissions polluantes « net-zéro » à l’horizon 2050.

La nouvelle ministre de la Protection environnementale Tamar Zandberg lors de la cérémonie de passation de pouvoir au ministère de Jérusalem, le 15 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« C’est un objectif ambitieux et réalisable qui permettra à l’économie d’économiser des milliards par an », a-t-elle continué.

Le rapport a indiqué qu’en produisant au moins 40 % des besoins énergétiques du pays à partir d’énergies renouvelables, le pays pourrait économiser 4,5 milliards de shekels par an.

Il a ajouté qu’il était possible d’épargner 970 millions de shekels supplémentaires si 25 % des propriétaires israéliens de voiture se tournaient d’ici 2030 vers les véhicules électriques.

Zandberg a pris la tête du ministère il y a deux semaines, après l’investiture du nouveau gouvernement.

Pendant la cérémonie de passation de pouvoir qui a eu lieu au début du mois, entre Zandberg et sa prédécesseure, Gila Gamliel, la nouvelle ministre a répété l’appel qui avait été lancé, ces derniers mois, par la précédente : celui à abandonner un accord prévoyant le transit du pétrole du Golfe par le biais du pipeline Eilat-Ashkelon, un projet qui, selon les groupes de défense de l’environnement, pourrait entraîner des dégâts écologiques massifs.

« Le Golfe d’Eilat est en réel danger à cause du pipeline Eilat-Ashkelon et l’État d’Israël ne devrait pas servir de passerelle pétrolière pour les autres pays », avait affirmé Zandberg.

L’Autorité israélienne chargée de la nature et des parcs, le ministère de la Protection de l’environnement, un forum regroupant une vingtaine d’organisations environnementales et un grand nombre de scientifiques et d’habitants d’Eilat s’opposent à l’accord, compte tenu du mauvais bilan environnemental de l’EAPC et de ses nombreuses fuites passées et de l’importance cruciale des récifs coralliens d’Eilat non seulement pour les secteurs du tourisme et de l’emploi de la ville, mais aussi à l’échelle mondiale. L’EAPC a été responsable, il y a six ans, de la plus grande catastrophe environnementale de l’histoire d’Israël.

Les coraux d’Eilat s’avèrent être inhabituellement résilients face au changement climatique et ils pourraient être utilisés pour régénérer d’autres barrières de corail moins résistantes ailleurs dans le monde.

Un pétrolier amarré au port de l’EAPC à proximité de la réserve naturelle de la barrière de corail d’Eilat, dans le sud d’Israël. (Crédit : Société pour la protection de la nature)

Les opposants ont également attiré l’attention sur les dangers qu’une marée noire au port de l’EAPC d’Ashkelon pourrait faire courir aux installations de dessalement du pays, principale source d’eau potable d’Israël, ainsi que sur les risques d’émission de polluants cancérigènes dans l’air lors du chargement et du déchargement du pétrole brut.

Zandberg a aussi noté que l’une de ses premières initiatives à son nouveau poste serait de « réduire la consommation d’ustensiles en plastique et jetables en Israël » au cours des prochaines semaines.

« Pour avancer vers un monde et un pays plus propres, Israël doit renoncer à ses addictions au plastique et aux produits jetables », a-t-elle déclaré.

Amy Spiro a contribué à cet article.

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