Erdan appelle les forces internationales à stopper le « génocide » en Syrie
Rechercher

Erdan appelle les forces internationales à stopper le « génocide » en Syrie

Le ministre israélien de la Sécurité a expliqué que le monde doit intensifier ses efforts pour combattre Assad. Les députés israéliens ont réclamé une action immédiate

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

De la fumée s'élève dans la ville de Douma, dernier bastion de l'opposition dans la Ghouta orientale, en Syrie, le 7 avril 2018 (Crédit : AFP)
De la fumée s'élève dans la ville de Douma, dernier bastion de l'opposition dans la Ghouta orientale, en Syrie, le 7 avril 2018 (Crédit : AFP)

Les responsables israéliens ont appelé dimanche la communauté internationale à intervenir en Syrie où les forces rebelles affirment que le régime a tué des douzaines de personnes au cours d’une attaque chimique présumée à Douma et d’une série de frappes aériennes, ce week-end.

S’exprimant au micro de la radio militaire, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, membre du cabinet de sécurité et du parti du Likud au pouvoir, a vivement recommandé aux Etats-Unis et au monde d’opter pour une action militaire internationale.

« C’est une chose choquante et que nous devons tous condamner », a déclaré Erdan. « J’espère que la présence américaine et internationale là-bas s’intensifiera, sinon le génocide ne pourra que s’étendre ».

Douma, le dernier bastion de l’opposition dans la Ghouta orientale, a été touché par des frappes aériennes qui ont tué 70 civils en moins de 24 heures, 11 personnes souffrant également de problèmes respiratoires. Les premiers secours ont accusé les forces loyales au président Bashar el-Assad d’avoir utilisé du chlore pour attaquer la zone qui se situe au nord-est de la capitale, Damas.

Les forces du régime pro-syrien lors de leur avancée vers la ville de Douma, dernier bastion de l’opposition dans la Ghouta orientale, le 7 avril 2018 (Crédit : AFP)

Les membres des premiers secours liés à l’opposition, connus sous le nom de Casques blancs, ont annoncé l’attaque, disant que des familles entières avaient été retrouvées en train de suffoquer dans leurs habitations et dans leurs abris. Ils ont ajouté que plus de 40 personnes étaient décédées des suites de ces suffocations et ont précisé que les victimes montraient des signes d’empoisonnement au gaz, notamment une dilatation des pupilles et de la présence d’écume au bord des lèvres. Dans un communiqué, les secours ont annoncé qu’il y avait une odeur qui ressemblait au chlore – ce qui n’expliquerait pas toutefois les symptômes décrits, qui sont habituellement associés au gaz sarin.

Les Casques blancs ont déclaré que 500 personnes avaient été soignées pour suffocation et pour d’autres symptômes, ajoutant que la majorité des structures et des ambulances médicales avaient été mises hors d’usage en raison des frappes.

Le leader du parti Yesh Atid, Yair Lapid, a condamné l’attaque dimanche.

« Le recours à des armes chimiques contre des civils est immorale, illégale et inhumaine. Le monde ne peut pas rester là à ne rien faire alors que le régime d’Assad et de ses alliés commettent ces attaques brutales. Les mots ne suffisent pas, la communauté internationale doit passer à l’action », a-t-il écrit sur Twitter.

Le leader du parti israélien de l’opposition Avi Gabbay a également vivement recommandé à la communauté internationale d’agir contre la Syrie, dénonçant la Russie qui appuie le régime et réprimandant les Etats-Unis qui gardent le « silence ».

« La souffrance et le choc accompagnent les images de Douma », a tweeté Gabbay. « Quand le leader d’une secte minoritaire [Assad, de la communauté alaouite] bombarde son peuple avec des armes chimiques devant le monde entier avec le soutien de l’une des grandes puissances mondiales et avec le silence des Etats-Unis, nous nous souvenons des paroles des sages : ‘Si je ne suis pas moi-même, qui le sera pour moi ? »

Gabbay citait l’adage connu du sage de Jérusalem du premier siècle avant l’ère commune qui avait dit : “Si je ne suis pas moi-même, qui le sera pour moi ? Et si je ne vis pas pour moi-même, qui vivra pour moi ? »

Les Etats-Unis ont condamné fortement dans la matinée de dimanche l’attaque chimique présumée, disant que si elle était prouvée, la Russie devrait en assumer une partie de la responsabilité en raison de son « soutien sans faille » au régime.

La Russie offre un appui militaire et diplomatique au régime du président syrien Bashar Assad alors que le pays connaît une guerre civile qui entre maintenant dans sa huitième année.

D’autres députés israéliens, des deux côtés de l’échiquier politique, ont rejoint le choeur réclamant une intervention internationale en Syrie, dimanche matin.

« La communauté internationale ne peut pas détourner le regard de l’utilisation horrible d’armes chimiques contre des civils en Syrie. Ces atrocités doivent s’arrêter ! », a tweeté la députée issue de l’Union sioniste Tzipi Livni.

Yehudah Glick, du parti du Likud au pouvoir, a publié une vidéo qui semble montrer des dépouilles de civils empilées, notamment plusieurs enfants et un bébé, à l’intérieur d’un immeuble résidentiel.

« Que peut-on dire ? », a tweeté Glick. « Le monde doit tout faire pour arrêter le régime d’Assad. Cet homme n’a pas de limites ».

Les militants de l’opposition à Douma ont publié des photographies montrant des gens portant des masques à gaz et disant que les forces gouvernementales frappaient la ville avec des agents chimiques. Les médias d’état ont nié ces informations, disant que « de telles plaisanteries sur des armes chimiques » étaient attisées par l’avancée rapide des soldats vers Douma.

Les forces du gouvernement ont repris vendredi après-midi leur offensive vers Douma, bastion rebelle, après la fin d’une trêve de 10 jours en raison d’un désaccord portant sur l’évacuation des combattants de l’opposition. Les violences ont repris quelques jours après que des centaines de combattants de l’opposition et leurs proches ont quitté Douma vers des secteurs détenus par les rebelles dans le nord de la Syrie.

Des bus transportant des combattants du groupe Jaish al-Islam et leurs familles depuis le bastion rebelle de Douma arrivent au poste de contrôle d’Abu al-Zindeen détenu par les rebelles appuyés par les Turcs près de la ville syrienne d’al-Bab, dans le nord du pays, le 5 avril 2018 (Crédit : Nazeer al-Khatib/AFP)

Le régime syrien est accusé de manière répétée d’utiliser des armes chimiques, notamment par les Nations unies qui reprochent au gouvernement une attaque au gaz sarin perpétrée contre le village de Khan Sheikhun, détenu par l’opposition, au mois d’avril 2017.

Depuis le 18 février, l’offensive du régime contre la Ghouta a tué plus de 1 600 civils.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...