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Erdan réplique à Barghouthi dans le New York Times

Le ministre israélien affirme que la grève de la faim menée par le terroriste du Fatah a des motivations politiques et ne cherche pas à améliorer les conditions de détention

Gilad Erdan pendant la cérémonie de Yom HaAtsmaout de la police, à Jérusalem, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Gilad Erdan pendant la cérémonie de Yom HaAtsmaout de la police, à Jérusalem, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, a déclaré lundi dans un éditorial publié par le New York Times que la grève de la faim des prisonniers palestiniens était en fait un jeu politique interne mené par le populaire cadre du Fatah Marwan Barghouthi, terroriste condamné à de multiples peines.

L’article d’Erdan rejette les accusations levées contre Israël il y a deux semaines dans le même journal, dans un article qui condamnait le « système illégal d’Israël d’arrestations arbitraires massives et de mauvais traitements des prisonniers palestiniens. »

« M. Barghouthi aimerait que son public croie que la grève de la faim est une réaction aux mauvais traitements des prisonniers comme lui, a écrit Erdan. En fait, elle n’a rien à voir avec leurs conditions [de détention], qui sont conformes aux normes internationales. Ceci se reflète dans la liste des demandes présentées par M. Barghouthi au service des prisons d’Israël : l’option d’obtenir un diplôme universitaire, plus de visites familiales, un accès à plus de chaînes de télévision, des téléphones publics et des médecins privés. »

Erdan a affirmé que la « réelle motivation de cette grève est le jeu politique. Depuis sa prison, M. Barghouthi est devenu un acteur majeur de la politique palestinienne, publiant des déclarations régulières sur les affaires palestiniennes, et soutenant des candidats aux élections. »

Un homme avec une photo du terroriste palestinien condamné Marwan Barghouthi pour demander sa libération pendant une manifestation de soutien aux détenus en grève de la faim à Hébron, en Cisjordanie, le 17 avril 2017. (Crédit : Hazem Bader/AFP)
Un homme avec une photo du terroriste palestinien condamné Marwan Barghouthi pour demander sa libération pendant une manifestation de soutien aux détenus en grève de la faim à Hébron, en Cisjordanie, le 17 avril 2017. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Erdan a affirmé que comme la grève portait sur des politiques internes au Fatah et non sur le traitement des prisonniers, Barghouthi n’a pas obtenu le soutien de groupes rivaux, notamment de l’organisation terroriste du Hamas.

« La grève de la faim est une autre étape de sa campagne pour se présenter comme le successeur de M. Abbas, a-t-il écrit. La nature politique de la grève est la raison principale pour laquelle les cadres du rival du Fatah, le Hamas, n’ont pas soutenu la grève. »

Erdan a déclaré que, malgré les tentatives de Barghouthi de se présenter comme « modéré », et de définir le terrorisme palestinien comme de la « résistance », Barghouthi est resté un meurtrier jugé coupable qui n’a pas de regret, responsable de la mort de cinq personnes, juives, chrétiennes et druzes.

Il a accusé l’Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas, d’encourager le terrorisme, notamment en versant de l’argent aux familles de ceux qui commettent des attaques terroristes.

Erdan a appelé la communauté internationale à mettre fin à ces incitations en garantissant que l’argent ne soit pas touché par les terroristes.

« Les milliards de dollars d’aide internationale permettent à l’autorité de continuer à remplir d’argent les poches des terroristes, a-t-il écrit. Mais les politiciens et les citoyens ordinaires doivent demander la fin de cet abus flagrant des financements internationaux. »

Des Palestiniennes devant un mur d'affiches, dont un portrait de Marwan Barghouthi, pendant un rassemblement de soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim, à Ramallah, en Cisjordanie, le 24 avril 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Des Palestiniennes devant un mur d’affiches, dont un portrait de Marwan Barghouthi, pendant un rassemblement de soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim, à Ramallah, en Cisjordanie, le 24 avril 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Le New York Times avait été critiqué pour avoir publié l’éditorial de Barghouthi sans indiquer ses condamnations.

La médiatrice du journal, Liz Spayd, avait ensuite critiqué les responsables de ce fait, affirmant que ne pas avoir détaillé la notice bibliographique de l’auteur était une faute qui discréditait le journal.

Assaf Librati, porte-parole du service carcéral israélien, a indiqué lundi que 870 prisonniers étaient toujours en grève de la faim, contre 1 300 la semaine dernière. Il n’a pas précisé pourquoi plus de 400 prisonniers avaient mis fin à leur grève.

Des agences ont contribué à cet article.

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