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Erdogan promet de ne pas expulser les réfugiés syriens de Turquie

Les commentaires du président interviennent alors que la colère à l'égard des migrants s'intensifie, ce qui fait craindre que cette question ne domine les prochaines élections

Des réfugiés syriens traversent la frontière turque de la porte de Cilvegozu, le 31 août 2013, au plus fort de la guerre civile syrienne. (Crédit : AP Photo/Gregorio Borgia)
Des réfugiés syriens traversent la frontière turque de la porte de Cilvegozu, le 31 août 2013, au plus fort de la guerre civile syrienne. (Crédit : AP Photo/Gregorio Borgia)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays accueille plus de 3,6 millions de réfugiés syriens, a promis lundi de ne jamais les renvoyer de force en Syrie.

« Nous protègerons jusqu’au bout nos frères chassés de Syrie par la guerre (…) Jamais nous ne les expulserons de ce sol » a déclaré le président turc en dénonçant les propos des dirigeants de l’opposition qui réclament régulièrement le renvoi des Syriens dans leur pays.

« Notre porte est grand ouverte et nous continuerons d’accueillir (les Syriens). Nous n’allons pas les renvoyer dans la gueule des meurtriers », a-t-il martelé à propos du régime du président Bachar al-Assad à Damas, devant une assemblée d’entrepreneurs.

Plusieurs partis de l’opposition turque appellent régulièrement au renvoi de millions de réfugiés syriens en Syrie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan assiste à une conférence de presse au complexe présidentiel à Ankara, le 22 janvier 2022. (Crédit : Adem Altan/AFP)

Ainsi, la semaine dernière le CHP (Parti républicain du peuple), l’un des plus importants, a assuré que s’il arrivait au pouvoir lors des élections législatives et présidentielle de juin 2023, tous les Syriens devront avoir quitté la Turquie « dans les deux ans ».

La semaine dernière, le chef de l’Etat turc a annoncé préparer « le retour d’un million » de Syriens chez eux, sur la base du volontariat, en finançant avec des associations et l’aide internationale des logements et structures adaptées dans le Nord-Ouest de la Syrie, dernier carré rebelle échappant au pouvoir de Damas.

Depuis 2016 et le début des opérations militaires turques en Syrie, environ 500.000 Syriens sont retournés dans ces « zones de sécurité » créées par Ankara le long de sa frontière, selon le président Erdogan.

Les premières maisons en parpaings, plusieurs milliers, et les infrastructures nécessaires à l’accueil des réfugiés syriens de retour ont été inaugurées le 3 mai dans cette région, en présence du ministre turc de l’Intérieur Süleyman Soylu, qui a assuré que 100 000 de ces logements seront prêts d’ici la fin de l’année.

Photo d’illustration : Un enfant syrien joue dans un camp de réfugiés non-officiel dans la ville libanaise de Bar Elias dans la vallée de Bekaa le 13 mai 2016 (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)

La Turquie accueille au total sur son sol près de cinq millions de réfugiés, principalement syriens et afghans, aux termes d’un accord passé avec l’Union européenne en 2016.

Des tensions sont apparues au fil des ans, notamment à l’été 2021, entre ces réfugiés et la population locale, confrontée à une crise économique et monétaire sévère.

Quoique limités, ces incidents ont fait craindre aux organisations d’aide que la population réfugiée puisse devenir un enjeu de la campagne électorale à venir.

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