Espagne: Controverse suite à la qualification aux JO de deux nageuses d’Israël
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Espagne: Controverse suite à la qualification aux JO de deux nageuses d’Israël

"La présence internationale d'Israël est une autre stratégie pour blanchir le génocide et les violations des droits de l'homme contre le peuple palestinien", selon Clara Basiana

Les nageuses israéliennes Eden Blecher et Shelly Bobritsky retiennent leur souffle après leur épreuve à Barcelone, en Espagne, le 13 juin 2021. (Capture d'écran)
Les nageuses israéliennes Eden Blecher et Shelly Bobritsky retiennent leur souffle après leur épreuve à Barcelone, en Espagne, le 13 juin 2021. (Capture d'écran)

JTA – Debout au bord de la piscine de Barcelone, Eden Blecher et Shelly Bobritsky rayonnaient de fierté et de satisfaction alors qu’elles peinaient à reprendre leur souffle.

Dimanche, les deux athlètes israéliennes venaient de décrocher la quatrième place dans la catégorie duo féminin du tournoi de qualification de natation artistique dans la ville espagnole, assurant ainsi leur participation aux Jeux olympiques de 2021 à Tokyo.

Mais la commentatrice qui décrivait le tournoi pour TV3, le diffuseur d’État de la Catalogne, la région espagnole séparatiste, dont la capitale est Barcelone, a choisi de ne pas se concentrer sur leur performance.

« Au-delà du commentaire technique, j’aimerais attirer l’attention sur le fait que la présence internationale d’Israël est une autre stratégie pour blanchir le génocide et les violations des droits de l’Homme qu’ils commettent contre le peuple palestinien », a estimé la commentatrice, la nageuse Clara Basiana, pendant la transmission en direct.

Alors que Blecher et Bobritsky attendaient le score, puis affichaient des sourires enthousiastes et s’embrassaient joyeusement quand elles l’ont vu, Basiana a continué : « Nous l’avons vu à plusieurs reprises à l’Eurovision, et c’est comme si les crimes de guerre de l’État d’Israël étaient effacés et nous aimerions le faire remarquer aux téléspectateurs afin de ne pas le normaliser ».

TV3 n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaires de la Jewish Telegraphic Agency concernant les commentaires de Basiana. Une autre commentatrice, Imma Pedemonte, journaliste sportive chevronnée, a elle évité le sujet. « Eh bien, elles semblent certainement heureuses du résultat », a-t-elle déclaré.

Sur les médias sociaux et dans certaines publications de gauche, les propos de Basiana ont été célébrés. Le site d’information Contrainformacion a salué ce qu’il a appelé des « vérités qui frappent comme des poings ».

ACOM, une organisation pro-israélienne en Espagne, a accusé TV3 d’antisémitisme.

Les gagnants de la deuxième place, venaient du Belarus, souvent considéré comme, la dernière dictature d’Europe, et un pays où des arrestations massives et des violences contre des manifestants pro-démocratie ont eu lieu plus tôt cette année.

« Il n’est pas surprenant que TV3, un porte-parole des sentiments suprématistes et hostiles envers le peuple espagnol, diffuse à nouveau des libelles antisémites », a écrit ACOM sur Twitter, en référence au soutien de TV3 à la cause séparatiste catalane, qui a conduit en 2017 à une tentative ratée du gouvernement de se séparer de l’Espagne.

Clara Basiana lors d’une conférence de presse en 2016. (Capture d’écran)

Daniel Sirera, ancien politicien du Parti populaire de centre-droit et journaliste en Catalogne, a tweeté que Basiana avait adopté « un comportement contraire à l’éthique en mêlant la politique au sport ».

Et Marc Villanueva, rédacteur pour le journal El Nacional, a déclaré que lier les athlètes à la politique de leur pays « est aussi injuste que de lier Basiana, qui a concouru dans l’équipe nationale espagnole, à la prise de prisonniers politiques par les autorités espagnoles » en Catalogne, a-t-il écrit.

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