Etude COVID-19 : Les infections peuvent doubler en une semaine ; 377 cas en 24h
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Etude COVID-19 : Les infections peuvent doubler en une semaine ; 377 cas en 24h

Selon une étude de l'armée, le taux augmente de 8 % par jour ; le taux des diagnostiqués est le plus élevé depuis fin avril ; des foyers pourraient se déclarer dans le pays

Des gens font leurs courses au marché Mahane Yehuda à Jérusalem, le 17 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des gens font leurs courses au marché Mahane Yehuda à Jérusalem, le 17 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Un rapport d’un groupe de travail militaire a averti mardi qu’Israël pourrait voir le nombre de cas de coronavirus actifs doubler en une semaine.

Selon le rapport du Coronavirus National Information and Knowledge Center, le taux d’infection en Israël augmente maintenant d’environ 8 % par jour et le nombre de patients actifs double actuellement tous les neuf jours.

Le ministère de la Santé a déclaré mardi que 377 cas de virus avaient été diagnostiqués au cours des 24 heures précédentes.

Les derniers cas ont porté le total national à 21 246, dont 5 127 étaient des cas actifs – 42 d’entre eux étaient des cas graves, dont 27 sous respirateur. Entre-temps, 49 personnes étaient dans un état modéré, tandis que les autres étaient des cas légers ou asymptomatiques. Le nombre de décès s’élève toujours à 307.

Les chiffres indiquent une poursuite de la tendance à la hausse de la semaine dernière, qui a vu 200-300 cas par jour presque tous les jours et une augmentation constante du nombre de patients en état grave.

Le personnel médical de l’unité coronavirus de l’hôpital Ichilov, Tel Aviv, le 4 mai 2020. (Yossi Aloni/Flash90)

Le groupe de travail a mis en garde contre de possibles épidémies à Arara BaNegev, la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, la ville arabe du nord d’Oum al-Fahm et la ville côtière de Bat Yam, ce qui a conduit le maire de cette dernière à demander que les plages soient à nouveau fermées.

La ville de bord de mer, qui a une population relativement plus âgée que les autres zones touchées par l’épidémie, suscite des inquiétudes particulières.

Le document provient d’un centre qui rend compte au gouvernement et qui est géré par l’unité de renseignement militaire de l’armée israélienne, mais qui est censé travailler avec le ministère de la Santé.

L’unité a également préconisé l’utilisation de la technologie pour tenter de réduire la propagation de l’infection, via des applications sur les téléphones (telles que le programme israélien Magen), et le balayage des codes QR à l’entrée des espaces clos, car la plupart des transmissions semblent avoir lieu dans des zones confinées.

Le rapport militaire a également encouragé l’utilisation de données téléphoniques de géolocalisation, appuyant apparemment les appels du Premier ministre Benjamin Netanyahu cette semaine en faveur de la réactivation d’un programme de surveillance du service de sécurité Shin Bet pour suivre les patients atteints de coronavirus, en utilisant des procédures habituellement réservées aux opérations antiterroristes.

Le chef du Shin Bet s’est opposé au renouvellement et à l’ancrage dans la loi du programme, qui permettrait au service d’utiliser des données personnelles sensibles pour suivre les porteurs de coronavirus, selon des fuites du forum de haut niveau du cabinet chargé de la réponse à la pandémie.

Le programme Shin Bet – qui utilisait de grandes quantités de données de téléphones portables et de cartes de crédit pour suivre les déplacements des patients atteints de coronavirus et de ceux qui sont en contact étroit avec eux – a pris fin au début de ce mois, près de trois mois après son lancement.

Le chef des services de sécurité du Shin Bet Nadav Argaman lors de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, le 6 novembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le programme avait été soumis à la surveillance de la Knesset, mais la Cour suprême de justice a ordonné au gouvernement d’élaborer une loi – au lieu d’un règlement d’urgence temporaire – pour donner au Shin Bet la permission d’utiliser ces outils. Les ministres ont décidé d’annuler le programme après avoir échoué à rédiger un projet de loi légiférant sur son fonctionnement. Cette décision a été prise après que le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, aurait exprimé son malaise à poursuivre le programme et suite à la baisse considérable du nombre de cas de virus.

Israël a vu le nombre de nouveaux cas de COVID-19 continuer à grimper, alimentant les craintes d’une « seconde vague » et amenant le ministère de la Santé à ordonner dimanche aux hôpitaux du pays de se préparer à rouvrir leurs services de traitement du coronavirus.

Le même groupe de travail a averti dimanche que les espaces fermés augmentaient considérablement le risque d’infection et a recommandé de limiter les grands rassemblements aux espaces extérieurs, selon le radiodiffuseur public Kan.

Un précédent rapport du groupe de travail, qui a fait l’objet d’une fuite samedi, avertissait qu’Israël pourrait bientôt voir des milliers de nouvelles infections par jour et des centaines de morts si des mesures immédiates ne sont pas prises pour contenir la reprise de la pandémie.

Cependant, un épidémiologiste de haut niveau a remis en question ces résultats, alors que l’armée israélienne et le ministère de la Santé s’éloignaient tous deux de ses prévisions alarmantes.

Le Dr Hagai Levine, président de l’Association israélienne des médecins de santé publique et épidémiologiste à la Braun School of Public Health and Community Medicine de l’Université hébraïque de Jérusalem, a critiqué le rapport, le jugeant « non professionnel » et affirmant que le groupe de travail était composé principalement de fonctionnaires de l’armée et ne comprenait pas d’épidémiologistes.

Selon le site d’information Walla, Tsahal et le ministère de la Santé ont tous deux nié avoir la responsabilité du groupe de travail après la publication du rapport, chacun affirmant que l’autre organisme le supervise.

Des Israéliens dans un café de Tel Aviv, le 16 juin 2020. (Miriam Alster/Flash90)

Mais le Dr Gili Regev-Yochay, directrice de l’unité d’épidémiologie des maladies infectieuses du centre médical de Sheba, a exprimé son soutien au rapport, déclarant à la Douzième chaîne qu’il était « très précis et très inquiétant ».

Mme Regev-Yochay a critiqué la conduite du gouvernement et de la population face à l’augmentation du nombre de cas, affirmant que la réouverture si rapide du pays « a peut-être été une erreur ».

Elle a ajouté : « Nous pouvons voir aujourd’hui où les choses nous mèneront dans trois semaines… nous ne sommes pas suffisamment préparés ».

Et elle a réitéré les inquiétudes d’autres responsables de la santé ces derniers jours, selon lesquelles si la première vague de la maladie avait des foyers évidents, ce n’était plus le cas pour les nouvelles contaminations.

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