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Explosion au port de Beyrouth : des proches de victimes saisissent la justice US

Les plaignants ont engagé une poursuite de 250 millions de dollars contre une compagnie américaine pour ses liens présumés avec la tragédie du 4 août 2020

Les conséquences d'une explosion massive dans Beyrouth, au Liban le 4 août 2020. (AP Photo/Hassan Ammar)
Les conséquences d'une explosion massive dans Beyrouth, au Liban le 4 août 2020. (AP Photo/Hassan Ammar)

Des proches de victimes de la gigantesque explosion survenue il y a deux ans au port de Beyrouth ont engagé aux Etats-Unis une poursuite de 250 millions de dollars contre une compagnie américaine pour ses liens présumés avec la tragédie, a annoncé mercredi une fondation venant en aide aux plaignants.

La déflagration, déclenchée le 4 août 2020 par un incendie dans un entrepôt abritant des centaines de tonnes de nitrate d’ammonium stockées sans précaution, a fait 215 morts et plus de 6 500 blessés et dévasté des quartiers entiers de la capitale libanaise.

Dans un communiqué, la fondation suisse Accountability Now affirme que la plainte a été déposée auprès d’un tribunal au Texas plus tôt cette semaine par neuf proches de victimes, tous des ressortissants américains, contre la compagnie américano-norvégienne de services géophysiques TGS.

Le groupe est propriétaire de la compagnie britannique Spectrum Geo, qui a affrété il y a dix ans le « Rhosus », un bateau battant pavillon moldave qui a transporté les 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium au port de Beyrouth.

Des manifestants aux côtés des familles de victimes lors d’une procession symbolique de funérailles pour marquer le premier anniversaire de l’explosion du port de Beyrouth qui avait fait plus de 200 morts, sur le port de Beyrouth, au Liban, le 8 août 2021. (Crédit : ANWAR AMRO / AFP)

Selon Accountability Now, Spectrum Geo avait « conclu une série de contrats très rentables mais suspects avec le ministère libanais de l’Energie » pour transporter du matériel de prospection sismique du Liban vers la Jordanie à bord du « Rhosus ».

Le ministre de l’Energie à l’époque était l’influent homme politique libanais Gebran Bassil, gendre du président Michel Aoun, qui a toutefois démenti tout lien avec la compagnie.

Au Liban, l’enquête sur l’explosion est suspendue depuis des mois. Pointées du doigt pour négligence criminelle, les autorités sont accusées par les familles des victimes et des ONG de la torpiller pour éviter des inculpations.

« Ce procès est une première. C’est une façon de contourner les obstacles auxquels fait face l’enquête au Liban », a déclaré à l’AFP Zeina Wakim, avocate au sein de d’Accountability Now.

« Les preuves qui vont émerger au cours de cette procédure pourront aussi servir à faire avancer l’enquête au Liban », a-t-elle ajouté.

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