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"Qui nous protégera contre Nasrallah et l’Iran ?"

Face à l’opposition des réservistes, 6 000 soldats s’engagent à servir l’armée

"Laissez l'armée en dehors du débat", lance Oded Harush, un commandant réserviste ; personnalités politiques et militaires se lèvent contre la tendance qui fait boule de neige

Des soldats du Corps du génie de combat de Tsahal se préparent à un exercice militaire conjoint d'une semaine avec les forces blindées et Givati dans le centre du plateau du Golan, près du Moshav Yonatan, le 10 janvier 2023. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)
Des soldats du Corps du génie de combat de Tsahal se préparent à un exercice militaire conjoint d'une semaine avec les forces blindées et Givati dans le centre du plateau du Golan, près du Moshav Yonatan, le 10 janvier 2023. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Alors qu’un nombre grandissant de réservistes importants de Tsahal affirment qu’ils ne serviront pas en signe de protestation contre les projets de refonte du système judiciaire du gouvernement, près de 6 000 réservistes de Tsahal ont signé une déclaration affirmant leur engagement à défendre le pays.

« Nous, réservistes actifs représentant toutes les tranches de la nation, tous les rangs et fonctions, et tout l’éventail politique, continuons et continuerons, en raison de notre sens de la mission et de notre reconnaissance de l’importance de l’armée pour la défense de la patrie, à servir comme soldats de réserve dans Tsahal, et ce, malgré la lutte en cours dans la société civile », indique la lettre.

L’un des organisateurs de la pétition, Oded Harush, est commandant de char réserviste.

Il a expliqué à la Douzième chaîne qu’il avait lancé la pétition avec un ami en réponse au nombre croissant d’unités de réserve qui ont fait part de leur refus de servir dans Tsahal si le gouvernement poursuivait sa réforme judiciaire controversée.

« Nous avons décidé de créer la pétition et, en deux jours, on a eu 4 000 signatures de réservistes ; quatre jours plus tard, il y en a 6 000 », a déclaré Harush.

« Notre message est très simple : laissez l’armée en dehors du débat. Il s’agit ici de la sécurité basique de chaque citoyen dans ce pays, elle ne peut pas fonctionner d’après un quelconque agenda. Sans l’armée, nous sommes perdus, et la sécurité est la base de tout… Sans elle, il ne restera plus personne ici », a déclaré Harush.

Cérémonie de remise des diplômes des cadets qui ont terminé l’entraînement de pilote de l’armée de l’air israélienne, à la base aérienne de Hatzerim dans le désert du Néguev, le 23 juin 2022. (Crédit : Flash90)

« On ne peut pas arriver à une situation où la prochaine fois que je dirai à mes soldats ‘en avant !’, ils vont tous [d’abord] vouloir déterminer si c’est conforme à leurs opinions politiques », a-t-il ajouté.

Harush a déclaré que les terroristes se fichaient de savoir si quelqu’un est pour ou contre les réformes judiciaires controversées du gouvernement : « Pour eux, vous êtes Juif et votre place n’est pas ici. »

Lundi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dénoncé ce phénomène, qui prend de l’ampleur, des réservistes qui menacent de ne pas servir. Le phénomène domine les conversations en Israël depuis une semaine, au même titre que les manifestations civiles de masse contre le gouvernement.

Netanyahu a déclaré qu’un tel geste de la part des réservistes « menace les fondements de notre existence et n’a donc pas sa place dans nos rangs ».

Les dirigeants de l’opposition ont également cherché à freiner cette tendance, qui s’est accélérée ces derniers jours à mesure que la coalition progresse dans son projet de loi visant à restreindre radicalement le pouvoir de la Cour suprême de justice et à imposer un contrôle politique sur les nominations judiciaires.

Des personnalités importantes au sein de l’opposition, dont Yair Lapid, Benny Gantz, Gadi Eisenkot et Avigdor Liberman, ont dénoncé les appels au boycott lancés par les réservistes, tout en déclarant comprendre les motifs de leur action. Gantz et Eisenkot sont tous deux d’anciens chefs d’état-major de Tsahal.

Eviatar Cohen, étudiant universitaire, qui a servi comme combattant dans la brigade Givati et sert maintenant comme réserviste dans le cours de formation des commandants, a signé la pétition des réservistes qui s’engagent à se présenter quoi qu’il arrive.

Cohen, 23 ans, a déclaré que les réservistes ne devraient pas profiter de leur position de force en tant que protecteurs de la sécurité de l’État pour servir de levier à des causes politiques. « C’est tout simplement une honte et c’est contraire à l’idée même d’un pays démocratique », a-t-il déclaré.

« Si, à Dieu ne plaise, nous nous retrouvons face à une situation où des pilotes de l’armée de l’air ou certaines unités décidaient de refuser de défendre l’État d’Israël, les conséquences pourraient bien être dramatiques », a-t-il ajouté.

Le chef de la police Kobi Shabtai s’entretient avec le chef d’état-major de Tsahal, Herzi Halevi (à gauche) au siège de la police à Jérusalem, le 27 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Herzi Halevi, chef d’état-major de Tsahal, doit rencontrer mardi des pilotes de réserve et des commandants de l’armée de l’air, et mercredi des officiers de diverses unités de réservistes. Il entend souligner « la nécessité d’empêcher les appels au refus », a indiqué Tsahal.

Meir Leush, un autre initiateur de la pétition, a déclaré à la Douzième chaîne que les signataires comprennent des réservistes de tous bords et de toutes couleurs « qui observent la situation actuelle et se disent : ‘Comment est-il possible que des [membres de] l’armée, la structure la plus importante pour la continuité de notre existence en tant que nation, prennent des mesures pour refuser le service à cause d’un projet politique ?' »

S’adressant directement à ceux qui ont dit qu’ils ne se présenteraient pas, Leush a demandé : [Comptez-vous] rester assis chez vous et regarder les roquettes tomber de toutes parts, plutôt que de participer à la protection du pays ? Notre message est le suivant : ‘Ne touchez pas à l’armée et ne touchez pas aux réservistes. Laissez les discussions politiques en dehors.' »

Il a ajouté : « Qui protégera l’État lorsque [le chef du Hezbollah, Hassan] Nasrallah nous envahira depuis le Liban, ou lorsque l’Iran attaquera ? »

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