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Fausse menace du Hamas : l’agence onusienne clôture son enquête et condamne Minsk

L'enquête de l'OACI conclut que la Biélorussie a utilisé une fausse menace pour immobiliser un avion et arrêter un journaliste dissident, mettant ainsi en danger l'avion de ligne

Un Boeing 737-800 (EI-EKR) de la compagnie aérienne irlandaise Ryanair à Belfast. (Crédit : Ardfern, CC, via Wikimedia Commons)
Un Boeing 737-800 (EI-EKR) de la compagnie aérienne irlandaise Ryanair à Belfast. (Crédit : Ardfern, CC, via Wikimedia Commons)

L’agence onusienne en charge de l’investigation sur le déroutement d’un vol Ryanair par la Biélorussie a annoncé mardi avoir terminé son enquête, rejetant une prétendue alerte à la bombe du Hamas comme une ruse et pointant une nouvelle fois du doigt l’action « illégale » de ce pays dans l’affaire.

Le 23 mai 2021, le vol Ryanair FR4978 reliant la Grèce à la Lituanie avait été contraint d’atterrir à Minsk et les autorités biélorusses avaient arrêté un journaliste dissident, Roman Protassevitch, et sa compagne Sofia Sapega qui se trouvaient à bord. Les autorités biélorusses avaient affirmé que le Hamas avait menacé de faire exploser l’avion, ce que le groupe terroriste a démenti.

« Le conseil de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a terminé ses discussions hier (…) en condamnant les actions du gouvernement de Biélorussie qui a commis un acte d’ingérence illégale », écrit dans un communiqué l’agence basée à Montréal.

L’enquête avait été prolongée début janvier pour établir « les faits manquants » et examiner de nouvelles informations. L’OACI a notamment étudié un entretien et des enregistrements audio du contrôleur aérien de Minsk qui suivait ce vol.

Sur cette photo d’archives du 26 mars 2017, la police biélorusse détient le journaliste Roman Protassevich, au centre, à Minsk, en Biélorussie. (Crédit : AP Photo/Sergei Grits, Archive)

L’agence rappelle que l’alerte à la bombe à l’origine du déroutement était « délibérément fausse », ce qu’elle avait déjà conclu en janvier dernier. Elle ajoute que la menace « a été communiquée à l’équipage sur instruction de hauts fonctionnaires de Biélorussie ».

Ryanair a déclaré que les contrôleurs aériens biélorusses avaient informé les pilotes qu’il y avait une menace de bombe contre l’avion et leur avaient ordonné d’atterrir à Minsk. L’armée biélorusse a fait décoller un avion de chasse MiG-29 dans une tentative apparente d’encourager l’équipage à se conformer aux ordres des contrôleurs aériens.

Les responsables des transports biélorusses ont par la suite affirmé que le pays avait reçu une alerte à la bombe émanant du Hamas et menaçant de faire exploser l’avion si Israël ne cessait pas ses opérations militaires à Gaza. Cette affirmation a été jugée douteuse, le Hamas et Israël ayant cessé les combats deux jours plus tôt.

Une capture d’écran de l’un des nombreux courriels envoyés aux autorités aériennes européennes, prétendant provenir de membres du Hamas menaçant de faire exploser un avion, qui a été inclus dans un rapport publié par l’Organisation de l’aviation civile internationale. Un organe de l’ONU a conclu que la menace était fausse. (Capture d’écran)

D’après le document, le représentant du Conseil pour la Russie a contesté, au nom de cet Etat, le fait que « la Biélorussie soit identifiée comme étant à l’origine de cette ingérence illégale ».

Il est précisé que le conseil, où siègent 36 Etats, a demandé à son président de transmettre ce rapport d’enquête au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

L’OACI a pour mission d’édicter les règles régissant le transport aérien civil mais elle n’a aucun pouvoir de sanctions.

En cas de violation avérée des règles internationales, son rôle consiste à « aider les pays qui le voudraient à mener les discussions, à prononcer les condamnations, à appliquer les sanctions, etc., conformément à la Convention de Chicago », rappelle l’institution sur son site.

Durant le temps de cette enquête, qui avait débuté quatre jours après le détournement de l’avion, l’affaire s’est aussi poursuivie sur le plan judiciaire.

Fin juin, la jeune Russe Sofia Sapega a demandé à être graciée par le président Alexandre Loukachenko après avoir été condamnée à six ans de prison par un tribunal biélorusse pour « incitation à la haine sociale » et « collecte illégale de données personnelles ».

M. Protassevitch est actuellement assigné à résidence dans l’attente de son procès.

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