Faute de majorité, la coalition reporte le vote sur les prolongations pour les réservistes
En l'absence d'un député et du président -déchu- de la commission, Yuli Edelstein, le vote de la prolongation du rappel des réservistes est reporté, avec pour date butoir la fin du mois d'août

Lundi, le vote de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset destiné à permettre à l’armée de continuer à émettre des ordres de rappel urgents pour ses réservistes a, une fois de plus, été reporté, faute pour la coalition d’avoir pu réunir une majorité, peut-on lire dans les médias israéliens.
Ce vote aurait dû avoir lieu mercredi, mais la coalition n’était pas en nombre suffisant pour l’adopter, en raison de l’absence du président de la commission, le député du Likud Yuli Edelstein, récemment limogé, et du député de Tikva Hadasha, Mishel Buskila.
C’est l’insistance d’Edelstein à vouloir inclure dans le projet de loi de réglementation de la conscription des ultra-orthodoxes des sanctions sévères contre les réfractaires qui lui a valu d’être limogé de la présidence de cette puissante commission. Faute d’adoption de ce projet de loi, le parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah a quitté le gouvernement et la coalition, tout comme le Shas, un autre parti haredi.
Depuis le départ de Yahadout HaTorah et du député Avi Maoz, le mois dernier, la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu dispose actuellement de 60 membres, soit un siège de moins que la majorité à la Knesset, qui compte 120 sièges. Mais la Knesset est entré, pour trois mois, en congé estival et il lui est impossible de se réunir pour un vote de dissolution ou de convocation en vue d’élections anticipées.
« Nous venons d’empêcher, au sein de la commission des affaires étrangères et de la défense, d’alourdir le poids qui pèse sur les réservistes en bloquant le projet de prolongation des ordres de rappel en urgence », a déclaré dans un communiqué le chef de l’opposition, Yair Lapid, chef du parti Yesh Atid.
« Une fois de plus, la coalition est sans majorité. Israël a un gouvernement minoritaire non fonctionnel et illégitime. »
La députée de Yesh Atid, Merav Ben Ari, a ajouté : « Ils veulent rappeler 300 000 réservistes pour reprendre Gaza, alors qu’ils ne sont même pas capables de trouver assez de députés pour obtenir une majorité et voter en commission des affaires étrangères et de la défense, ce qui a conduit à l’annulation du vote. »
« Nous ne laisserons pas des centaines de milliers de réservistes se faire mobiliser encore et encore », alors que le gouvernement « soutient les exemptions massives de service », a déclaré Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu.
En mai dernier, déjà, la coalition avait connu pareille mésaventure : elle était néanmoins parvenue à faire voter son texte in fine. Les dirigeants de la coalition avaient expulsé de la commission le député du Likud, Amit Halevi, qui avait voté contre, le remplaçant par le député Ofir Katz.
L’autorisation donnée à Tsahal de rappeler des réservistes en urgence est validée par le gouvernement plusieurs fois par an depuis le début de la guerre, en octobre 2023. La dernière validation, qui remonte à mai dernier, a permis à Tsahal de rappeler 450 000 réservistes. Cet ordre est sur le point d’expirer, ce qui explique qu’un nouvel ordre – concernant 430 000 réservistes – doit être validé.
Ce chiffre ne correspond pas aux effectifs réels rappelés par Tsahal, dont le record s’établit à 287 000, dans les jours qui ont suivi le 7 octobre 2023.
En dehors des périodes d’urgence, l’armée israélienne doit rappeler ses réservistes en respectant un certain préavis, sans excéder un certain nombre de jours.
L’ordre actuel va expirer fin août, mais la Knesset est actuellement en vacances et les locaux seront fermés entre le 17 août et le 1er septembre. Pour procéder à un vote durant cette période, la coalition devra réunir une majorité au sein de la commission – ce qu’elle peine à faire depuis plusieurs mois.
Ces deux dernières années, des organisations de réservistes ont à plusieurs reprises invité leurs membres à ne pas répondre aux appels, pour protester contre le projet de refonte judiciaire, qu’ils estiment néfaste pour la démocratie, et les combats à Gaza, qui selon eux mettent en danger la vie des otages et servent des intérêts purement politiques.
Par ailleurs, l’épuisement gagne les réservistes rappelés sur de très longues durées depuis le début de la guerre de Gaza, parfois des centaines de jours, alors que le gouvernement se démène pour faire exempter de service des dizaines de milliers de jeunes ultra-orthodoxes.







