Fermeture de la crèche soupçonnée de ségréguer les enfants éthiopiens
Rechercher

Fermeture de la crèche soupçonnée de ségréguer les enfants éthiopiens

Les enfants ont été envoyés dans d'autres jardins d'enfants de Kiryat Gat après la description sur Facebook des discriminations présumées, une publication devenue virale

Sefy Bililin et sa fillette de 3 ans Pri'el. (Crédit : Facebook)
Sefy Bililin et sa fillette de 3 ans Pri'el. (Crédit : Facebook)

Une crèche de la ville de Kiryat Gat, dans le sud du pays, a été fermée après des faits de ségrégation raciale présumés à l’égard d’enfants d’origine éthiopienne, les reléguant dans une pièce secondaire, accessible par une entrée séparée.

Selon un reportage diffusé dimanche par Kan, les enfants qui fréquentaient cette crèche ont été admis depuis dans d’autres structures de la ville, les transports étant assurés par la municipalité pour ceux qui habitent trop loin.

Au début du mois, dans une publication sur Facebook devenue virale, Sefy Billin, une habitante de la ville, avait expliqué qu’elle avait amené sa fillette de trois ans, Pri-el, pour sa rentrée au jardin d’enfants et qu’elle avait été choquée d’être dirigée vers une classe remplie exclusivement de jeunes Israéliens d’origine éthiopienne.

« Je n’ai pas réussi à dormir depuis dimanche, je n’arrêtais pas de penser à la direction empruntée par cette génération », avait-elle notamment écrit. Elle décrivait ainsi comment elle était arrivée à la crèche pour s’entendre dire que sa fille ne figurait pas sur la liste des inscriptions. Elle avait été alors envoyée vers une salle secondaire de l’immeuble, accessible par une porte séparée et exclusivement remplie de jeunes enfants éthiopiens.

Ce sont des petits « qui n’ont jamais rien fait de mal de leur vie », avait ajouté Sefy Billin dans sa publication. « Mais à cause de la couleur de leur peau, ils ne peuvent pas se mélanger aux autres enfants ».

« Ma fille a autant de valeur que qui que ce soit d’autre », avait-elle poursuivi, racontant qu’elle avait enlevé sa fille de la crèche et qu’elle était allée se plaindre auprès de la municipalité. « Elle est née ici et est une enfant aussi digne que n’importe quel autre ».

La députée Kakhol lavan, Pnina Tamano-Shata, avait férocement condamné la crèche, écrivant sur Facebook que les enfants de la communauté éthiopienne « ne sont pas différents des autres enfants d’Israël ».

La parlementaire de l’opposition avait écrit qu’elle avait appris du ministère de l’Education qu’une enquête avait été ouverte et que le problème serait « immédiatement résolu ».

« Ne vous avisez pas d’isoler nos enfants », avait-elle écrit, s’adressant au maire de Kiryat Gat, Aviram Dahari. « Nous ne laisserons pas une chose pareille se produire en silence. Nos enfants vont grandir en ayant la pleine certitude que vous et vos employés ne les séparerez pas et que vous ne leur nuirez pas en raison de la couleur de leur peau ».

Dans une déclaration rapportée au début du mois par le site d’information Walla, la municipalité avait indiqué que les enfants étaient assignés à une crèche par un système informatisé qui triait les élèves « selon la zone géographique et les demandes parentales en termes d’écoles publiques et d’écoles publiques religieuses ».

Elle a démenti la prise en compte de tout autre critère.

Cet été, les Israéliens d’origine éthiopienne ont pris part à des manifestations contre les violences policières dans tout le pays après la mort de Solomon Tekah, 19 ans, tué par un policier hors service le 30 juin. Les organisateurs des protestations avaient dénoncé le fait que les réformes gouvernementales visant à s’attaquer au racisme et aux violences policières contre les Israéliens éthiopiens n’avaient pas encore été mises en œuvre, plus de trois ans après des promesses faites à la suite d’un mouvement de contestation similaire.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...