Festivité du nouvel an : « Zone de sécurité pour les femmes » à Berlin
Rechercher

Festivité du nouvel an : « Zone de sécurité pour les femmes » à Berlin

Cette initiative survient après des agressions survenues il y a 2 ans à Cologne majoritairement par des migrants. Un syndicat policier dénonce l'envoi d'un "message dévastateur"

Les policiers patrouillent la veille du Nouvel an à la cathédrale de Cologne et à la principale gare ferroviaire d'Allemagne, le 31 décembre 2016 (Crédit :Patrik Stollarz/AFP)
Les policiers patrouillent la veille du Nouvel an à la cathédrale de Cologne et à la principale gare ferroviaire d'Allemagne, le 31 décembre 2016 (Crédit :Patrik Stollarz/AFP)

Les organisateurs de la plus grande fête du Nouvel an de Berlin établira des zones de sécurité pour les femmes qui se sentent menacées ou qui ont été agressées, a rapporté samedi le journal The Guardian.

Cette initiative survient après que des centaines de femmes ont été agressées à Cologne durant les fêtes du Nouvel an il y a deux ans par un groupe d’environ 1 000 hommes agressifs et fortement alcoolisés, décrits par les témoins comme étant d’apparence majoritairement arabe et nord-africaine.

Le chef d’un syndicat policier allemand, Rainer Wendt, a critiqué cette initiative, disant que l’établissement d’une telle zone envoie un « message dévastateur », celui que les femmes ne seraient pas en sécurité face aux agressions en sortant de ce lieu.

Dans un entretien accordé au quotidien Neue Osnabruecker Zeitung, Wendt aurait déclaré samedi que cette démarche semblait ignorer la « dimension politique » en Allemagne.

Des centaines de femmes avaient porté plainte pour harcèlement ou agression – souvent de nature sexuelle – en 2015. Il y a également eu deux allégations de viol. Ces incidents avaient déstabilisé l’Allemagne, qui a accueilli récemment plus d’un million de réfugiés.

Des milliers d’autres devraient assister à l’événement organisé dimanche face à la porte de Brandenbourg au coeur de la ville.

Des touristes japonais fêtent la Nouvelle année à la porte de Brandeburg, le 31 décembre 2015 à Berlin (Crédit : AFP / dpa / Wolfram Kastl)

La police berlinoise a fait savoir au Guardian que, cette année, les femmes pourraient chercher de l’aide dans une zone placée sous la supervision de la Croix rouge allemande.

« Les organisateurs ont établi une zone de sécurité pour les femmes qui ont été victimes d’une agression sexuelle ou qui se sentent harcelées », a fait savoir un communiqué de la police.

Anja Marx, porte-parole de l’événement, a précisé qu’il y aurait une tente où des psychologues seraient placées à la disposition des femmes.

« Nous faisons cela pour la première fois », a-t-elle expliqué par téléphone. « La police l’a demandé après qu’une telle organisation a été mise en place lors de l’Oktoberfest de Munich, cette année, et que ça a fonctionné », a-t-elle indiqué, ajoutant qu’il n’y a jamais eu de problèmes antérieurs à Berlin.

Les événements de Cologne avaient suscité l’indignation et mené au licenciement du chef de la police. Après avoir rapporté initialement une soirée « pacifique », la police de Cologne avait tardé à faire état de la véritable ampleur des événements qui avaient eu lieu et du fait – lourdement connoté au niveau politique – que la foule hostile était constituée majoritairement de migrants.

La série d’agressions avait enflammé à l’époque un débat public sur la capacité de l’Allemagne à intégrer les 1,1 million de demandeurs d’asile que le pays avait accueillis cette année-là.

Les populistes de droite avaient accusé la politique d’immigration libérale de la chancelière Angela Merkel d’avoir nourri le crime et déstabilisé la société.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...