FN : Frédéric Chatillon « qui cultive une haine maladive des juifs » est bien salarié au parti
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FN : Frédéric Chatillon « qui cultive une haine maladive des juifs » est bien salarié au parti

Mis en examen pour abus de biens sociaux, l'ami d'Alain Soral qui tient les finances du FN, accusé d'antisémitisme a confirmé qu'il était bien salarié par le parti dans le cadre de la campagne présidentielle

Frédéric Chatillon, proche de Marine Le Pen. (Crédit : capture d'écran Facebook/Frédéric Chatillon)
Frédéric Chatillon, proche de Marine Le Pen. (Crédit : capture d'écran Facebook/Frédéric Chatillon)

Frédéric Chatillon, ami de Marine Le Pen, prestataire de ses campagnes depuis plusieurs années et accusé récemment d’antisémitisme par plusieurs témoignages, est salarié de la campagne présidentielle FN, a-t-il indiqué mardi à l’AFP, confirmant une information du Canard enchaîné.

D’après l’hebdomadaire satirique, M. Chatillon est depuis le 2 novembre chargé de mission dans la campagne de Marine Le Pen pour 2 550 euros brut mensuels pour un mi-temps avec des fonctions de « coordinateur technique du print et du web ».

« Oui, je confirme », a dit à l’AFP l’ancien patron dans les années 1990 du Gud, syndicat étudiant « anti-sioniste » et « anticapitaliste » d’extrême droite, proche d’Alain Soral.

Lors du procès l’opposant à Frédéric Haziza en 2014, un témoin à charge, « ex-gudard », avait décrit un Châtillon rongé par « la haine maladive du juif », participant à des « soirées-hommage » à Hitler, dont l’attachement au nazisme n’a jamais été démenti.

Un dirigeant du parti avait déjà dit à l’AFP que M. Chatillon était salarié de la campagne, mais d’autres sources frontistes confirmaient simplement sa présence quasi-quotidienne à L’Escale, le QG de campagne parisien de Marine Le Pen.

Frédéric Chatillon est considéré par la justice comme le personnage central du système organisé par le FN depuis 2011 pour ses campagnes électorales, ce qui lui vaut, dans deux enquêtes distinctes, un renvoi en correctionnelle et une mise en examen.

Dans un livre sorti mercredi, « Marine est au courant de tout » (Flammarion), relayé par Envoyé Spécial jeudi sur France 2, des témoignages, dont celui de l’eurodéputé ex-FN Aymeric Chauprade, accusent M. Chatillon d’antisémitisme, voire de vouer une admiration pour le nazisme.

« J’emmerde Adolf Hitler et le Troisième Reich! Mais j’emmerde autant ces ‘journalistes’ qui se permettent de raconter n’importe quoi », a répondu M. Chatillon samedi sur Facebook.

Mais sa présence et sa réputation sulfureuse troublent en interne.

Capture d’écran Gilbert Collard (Crédit : LCP)
Capture d’écran Gilbert Collard (Crédit : LCP)

« Frédéric Chatillon, je ne le fréquente pas. S’il était quelque part, je n’y resterais pas », assurait par exemple dimanche à l’AFP le député du Gard apparenté FN Gilbert Collard.

Un très proche de Marine Le Pen disait aussi récemment « comprendre en partie » les doutes de la communauté juive à l’égard de M. Chatillon, qui « a été très loin dans le passé ».

La députée Marion Maréchal-Le Pen et sa mère Yann Le Pen – sœur de Marine Le Pen et chargée des grandes manifestations au FN – l’évitent au possible.

Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de Mme Le Pen, s’inquiète lui aussi parfois de la place des « gudards » dans le parti.

« On a toujours dit qu’il était dans le dispositif », a balayé mardi Nicolas Bay, secrétaire général du parti, interrogé par l’AFP

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