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Frappes massives contre l’Iran, le conflit s’étend au Liban après des tirs du Hezbollah sur Israël

Les États-Unis ont bombardé des centaines de cibles à travers l'Iran, tandis qu'Israël a étendu ses frappes au Liban

Un immeuble endommagé par une frappe aérienne israélienne, à Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 2 mars 2026. (Crédit : Hussein Malla/AP Photo)
Un immeuble endommagé par une frappe aérienne israélienne, à Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 2 mars 2026. (Crédit : Hussein Malla/AP Photo)

Les États-Unis ont bombardé des centaines de cibles à travers l’Iran, tandis qu’Israël a étendu ses frappes au Liban après que le Hezbollah l’a attaqué, alors que Donald Trump jure de venger les premiers morts américains de ce conflit qui s’étend à toute la région.

Les deux camps ont affiché leur détermination à poursuivre les hostilités.

Téhéran a mené des frappes de représailles contre des pays du Golfe dimanche, au lendemain de l’élimination d’Ali Khamenei, tué dans des frappes israélo-américaines lancées tôt samedi matin.

« L’Amérique est avec vous », a lancé le président américain aux Iraniens, disant prévoir des opérations militaires de « quatre semaines » en Iran avant de dire plutôt cinq.

L’armée israélienne a annoncé, tôt lundi matin, mener « des frappes à grande échelle » sur Téhéran, l’agence de presse iranienne Tasnim faisant état d’explosions dans la capitale.

Elle a également annoncé être en train de frapper des cibles du Hezbollah « à travers le Liban », en riposte à des tirs du groupe terroriste chiite libanais en direction d’Israël.

Des personnes observant depuis un toit une colonne de fumée s’élever après une frappe à Téhéran, en Iran, le 1ᵉʳ mars 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Plus tôt dimanche, le Pentagone a annoncé avoir détruit le quartier général du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien.

Tsahal a pour sa part déclaré avoir « décapité le serpent » et porté un « coup dur » aux capacités de commandement iranien.

Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a déclaré que plus de 1 000 cibles avaient été visées en Iran au cours des 24 premières heures de frappes.

« L’Amérique va venger ses morts et porter le coup le plus sévère aux terroristes qui ont déclaré la guerre à la civilisation », a déclaré le dirigeant républicain dans un message vidéo sur son réseau Truth Social.

Il a appelé le CGRI et la « police militaire » à « déposer les armes et recevoir une immunité totale, ou à faire face à une mort certaine ».

Puissantes explosions

Des journalistes de l’AFP ont entendu de nouvelles explosions dimanche à Dubaï, aux Émirats arabes unis, à Doha, au Qatar, à Manama, la capitale du Bahreïn, ainsi qu’à Ryad.

Ces frappes relèvent de « l’inconscience », ont dénoncé les États-Unis et leurs alliés arabes dans un communiqué commun.

Les dirigeants allemand, français et britannique se disent prêts à mener des « actions défensives nécessaires et proportionnées » face aux ripostes iraniennes, afin de « détruire à la source » les capacités militaires de Téhéran.

Selon le Premier ministre britannique, Keir Starmer, le Royaume-Uni a finalement accepté que les États-Unis utilisent des bases militaires britanniques pour frapper des sites de missiles iraniens, mais Londres « ne participera pas à des actions offensives en Iran ».

En riposte à l’attaque de samedi, au cours de laquelle de très hauts responsables iraniens ont péri, dont le guide suprême, la République islamique a lancé des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, ainsi qu’Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secouristes.

L’annonce de la mort de celui qui a dirigé l’Iran d’une main de fer durant près de 37 ans a donné lieu à Téhéran à un rassemblement de milliers de partisans du pouvoir, qui ont crié « Mort à l’Amérique », « Mort à Israël », selon un journaliste de l’AFP présent sur place.

Des personnes rassemblées pour pleurer le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, éliminé lors d’une frappe conjointe des États-Unis et d’Israël, alors qu’il se joint à d’autres personnes en deuil sur une place de Téhéran, le 1ᵉʳ mars 2026. L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran depuis 1989 et ennemi juré de l’Occident, a été tué lors de la première salve d’une attaque massive menée par les États-Unis et Israël qui s’est prolongée jusqu’au 1er mars, alors que les deux puissances cherchent à renverser la République islamique. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Mais la nouvelle a également été accueillie par des acclamations de joie dans les rues, selon des vidéos vérifiées par l’AFP.

« Pris en otage »

« Nous avons tous compris qu’il n’y avait absolument aucun moyen de réformer ce régime sans une intervention étrangère », témoigne pour l’AFP une habitante de Téhéran âgée d’une trentaine d’années, sous couvert d’anonymat.

« Ils ont pris le peuple iranien en otage », a-t-elle ajouté.

Des membres de l’importante diaspora iranienne en France brandissant des drapeaux d’Israël et iraniens lors d’une manifestation organisée en réaction aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, à Paris, le 1ᵉʳ mars 2026. (Crédit : Aurélien Morissard/AP)

Un vaste mouvement de contestation avait été écrasé dans le sang en janvier, faisant des milliers de morts selon des ONG.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que son pays, qui avait déjà frappé l’Iran en juin en collaboration avec les États-Unis, mobilisait « toute sa puissance, comme jamais auparavant » dans le cadre de l’Opération « Lion rugissant ».

De son côté, Donald Trump a affirmé que « 48 dirigeants » iraniens avaient déjà été tués et que 9 navires iraniens avaient été « coulés ».

Le CENTCOM a annoncé que trois militaires américains avaient été tués et cinq autres grièvement blessés dans le cadre de l’opération.

« Revenir à la raison »

Dans la région de Jérusalem, sept personnes ont été blessées dimanche soir à la suite de tirs de missiles iraniens, selon les pompiers israéliens.

Dimanche, neuf personnes ont été tuées à Beit Shemesh, dans le centre d’Israël, quand un bâtiment s’est effondré à la suite d’une « frappe directe » de missile iranien, ont annoncé les secouristes.

Plus d’une quarantaine de personnes ont été blessées et onze sont portées disparues.

Des policiers et des secouristes intervenant sur le site d’un impact mortel de missile iranien, à Beit Shemesh, le 1ᵉʳ mars 2026. (Crédit : Service de secours du Magen David Adom)

Plus de vingt personnes ont également été blessées à Tel Aviv.

Du feu et de la fumée s’élèvent après l’impact d’un missile balistique tiré depuis l’Iran sur le centre de Tel Aviv, le 28 février 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Par ailleurs, trois navires ont été attaqués au large des Émirats arabes unis et d’Oman, dans le détroit d’Ormuz, selon des agences de sécurité maritime.

Les Émirats arabes unis, où trois personnes ont été tuées et 58 blessées depuis samedi, ont appelé l’Iran à revenir « à la raison ».

Les hostilités ont entraîné l’annulation de plusieurs centaines de vols à destination du Moyen-Orient.

« Aucune limite »

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré dimanche que venger l’élimination de Khamenei était un droit « légitime », tandis que le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti que son pays ne se fixait « aucune limite » dans son droit à se défendre.

Outre Khamenei, plusieurs hauts responsables iraniens, dont le chef du CGRI, Mohammad Pakpour, un conseiller du guide suprême, Ali Shamkhani, et le chef d’état-major de l’armée iranienne régulière, Abdolrahim Moussavi, ont été tués, selon la télévision d’État.

Outre le Golfe et Israël, les hostilités s’étendent à d’autres pays de la région, notamment en Irak.

La capitale, Bagdad, a été le théâtre d’affrontements entre manifestants et policiers, à proximité de l’ambassade américaine.

En Jordanie, les forces armées ont déclaré avoir intercepté treize missiles balistiques depuis samedi.

À Karachi, au Pakistan, au moins dix-sept personnes ont péri dans des manifestations, notamment en tentant de prendre d’assaut les représentations diplomatiques des États-Unis dans le pays, après l’élimination du guide suprême iranien.

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