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Fréquentation insuffisante dans les parcs nationaux et réserves naturelles d’Israël

La toute première femme chef de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs évoque les nouvelles destinations et les défis à relever

Vue de Massada, le 11 juillet 2019. (Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)
Vue de Massada, le 11 juillet 2019. (Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

Inciter les touristes étrangers à se rendre en plus grand nombre dans les réserves naturelles et dans les parcs nationaux, améliorer le site Internet en anglais et développer un audioguide pour les 10 sites les plus appréciés sont quelques une des pistes d’améliorations proposées par Raya Shourky, nommée directrice générale de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs en juin dernier.

Les parcs et réserves de l’INPA ont accueilli quelque 10,71 millions de visiteurs payants cette année (une estimation a été faite pour les jours restants à courir jusqu’au 31 décembre), a fait savoir Shourky lors d’un événement de fin d’année organisé pour les journalistes, ce mardi.

Ce chiffre est en hausse par rapport aux 9,129 millions de visiteurs accueillis l’an dernier, mais il est toujours en baisse de 18% par rapport à 2019, dernière référence avant la pandémie de COVID-19.

Sur les 10,71 millions de 2022, 1,469 million étaient des étrangers, en hausse par rapport aux 75 000 de 2021, mais toujours en deçà des 3,747 millions de touristes enregistrés en 2019.

Parmi les quelque 70 destinations proposés par l’INPA, la plus populaire pour les Israéliens comme pour les touristes cette année a été le parc national de Césarée, avec le palais du roi Hérode et sa foule de restaurants et magasins, suivie du parc national d’Ashkelon, sur la côte sud de la Méditerranée, et de la réserve naturelle d’Ein Gedi, dans le désert de Judée.

Le parc national d’Ashkelon a été plébiscité par les Israéliens, suivi de Césarée, Ein Gedi et du parc national de Yarkon, qui traverse Tel Aviv.

Photo d’illustration : Des visiteurs dans la réserve naturelle de Banias, dans le nord d’Israël, le 3 avril 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Pour les touristes étrangers, Massada est arrivé en tête de liste, suivie de Césarée, Ein Gedi, Qumran – berceau des manuscrits de la mer Morte – et de la réserve naturelle de Banias, sur les hauteurs du Golan, à l’extrémité nord du pays.

Ces mêmes touristes se sont également rendus en masse dans d’autres sites du nord du pays, comme les parcs nationaux de Beit Shean et Megiddo, la réserve naturelle de Tel Dan et le parc national d’Arbel. Le parc national d’Hérodium près de Jérusalem est arrivé à la dixième place, avec seulement 25 000 touristes étrangers.

Orit Steinfeld, directrice par intérim du département public et communautaire de l’INPA, explique que l’Autorité tente de convaincre le ministère du Tourisme de promouvoir plus de destinations que « les huit références habituelles » auprès des touristes étrangers.

Shourky est la première femme directrice générale de l’autorité et la première promue au sein de l’organisation où elle travaille depuis 33 ans. Elle y est responsable de 2 000 employés et 1 500 bénévoles.

Elle a indiqué lors de la réunion que de nouvelles destinations s’ajouteraient à l’offre actuelle, l’année prochaine, parmi lesquelles Tel Lachish dans le centre d’Israël ( site d’une forteresse détruite par les Assyriens en 701 avant notre ère) et Sussita, ancienne ville hellénistique située à l’est de la mer de Galilée.

Vue aérienne de Tel Lachish (Crédit : Emil Aladjem)

Elle a souligné son intention d’attirer davantage de monde dans plusieurs destinations du désert de Judée, au nord de la mer Morte.

Cette zone fait partie de la Cisjordanie et compte un certain nombre de zones caractérisées par des décharges illégales de déchets ou l’élevage de moutons et de chèvres, entre autres pratiques préjudiciables à la flore et à la faune sauvages.

Shourki a expliqué avoir obtenu des fonds pour affecter davantage d’inspecteurs de l’INPA, seuls à même de renforcer la présence de l’autorité dans les réserves naturelles de la région. Elle a dit espérer fournir l’an prochain un rapport détaillé des activités qui y seront menées.

Parmi les menaces qui continuent de peser sur la faune du pays et qui mettent l’action de l’INPA au défi, figurent la perte d’habitats naturels et de sources d’eau, la disparition d’espèces animales et végétales, l’invasion d’espèces exotiques étrangères et, plus globalement, le changement climatique.

Des grues au lac Hula, dans le nord d’Israël. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

S’agissant de la grippe aviaire, elle a évoqué l’existence d’un projet – pas encore approuvé – visant à cesser progressivement d’alimenter les grues sauvages dans la vallée de Hula, dans le nord d’Israël.

La grippe aviaire a en effet fait des ravages dans le monde entier cette année, avec des pertes estimées à 97 millions d’oiseaux. L’an dernier, l’épidémie avait conduit à l’abattage de centaines de milliers de poulets et de dindes en Israël, et à la mort de quelque 7 000 grues sauvages, essentiellement dans le parc du lac Hula.

Au fil des ans, l’Autorité avait autorisé l’alimentation des pélicans et des grues afin d’éloigner les oiseaux des champs et des étangs piscicoles exploités par les agriculteurs.

Shourki a expliqué que quelque 100 000 grues traversaient Israël chaque année, en route vers l’Afrique ou de retour vers l’Europe ou l’Asie.

On estime à 10 000 le nombre de celles qui restent en Israël quelques mois, et leur alimentation a permis de passer à un total 40 000 oiseaux.

En 2021, la grippe aviaire se serait propagée particulièrement rapidement parmi les grues en raison de la surpopulation dans les lieux d’alimentation.

Shourky a précisé que des représentants de l’INPA, du Fonds national juif KKL-JNF – qui gère le parc de Hula – de l’autorité régionale locale et des agriculteurs s’étaient réunis pour proposer des mesures d’accompagnement à la suspension de l’alimentation sur cinq ans, afin de réduire la population de grues résidentes à 10 000.

Mais ce projet suppose un financement de plusieurs millions de shekels, notamment pour dédommager les agriculteurs dont les récoltes pourraient être affectées.

Un pompier israélien court avec des tuyaux tout en combattant des incendies de forêt près de Shoresh, à la périphérie de Jérusalem, le 16 août 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Shourky a regretté que la décision prise par le gouvernement de débroussailler les zones de végétation autour des villes et des villages afin de limiter la propagation des incendies de forêt se soit traduite par un échec.

Elle a révélé que l’INPA avait proposé son aide pour effectuer ces opérations de débroussaillage dans certaines zones hors de son périmètre de compétence, mais que le gouvernement était tombé avant que cela puisse être approuvé et mis en pratique.

Un peu plus de 22 kilomètres-carrés de réserves naturelles et de parcs nationaux sont partis en flammes lors de 105 départs de feu et incendies cette année, contre 48,5 kilomètres-carrés dans 222 incidents en 2021.

Shourky a expliqué ce plus petit nombre d’incendies par un moindre nombre d’engins explosifs lancés en Israël depuis Gaza et des conditions météorologiques plus favorables.

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