Friedman encourage la coopération entrepreneuriale israélo-palestinienne
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'Les gens veulent la paix et nous sommes prêts à aider'

Friedman encourage la coopération entrepreneuriale israélo-palestinienne

L'envoyé américain a défendu la décision américaine de couper les financements aux programmes de coexistence en Cisjordanie. J-Street critique son soutien aux implantations

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

L'ambassadeur américain en Israël   David Friedman lors d'un événement organisé par la chambre de commerce de Judée-Samarie dans l'implantation d'Ariel, au nord de la Cisjordanie, le 16 octobre 2018 (Crédit : Matty Stern/US Embassy)
L'ambassadeur américain en Israël David Friedman lors d'un événement organisé par la chambre de commerce de Judée-Samarie dans l'implantation d'Ariel, au nord de la Cisjordanie, le 16 octobre 2018 (Crédit : Matty Stern/US Embassy)

L’ambassadeur en Israël David Friedman a rencontré mardi un groupe de responsables d’entreprises israéliennes et palestiniennes pour évoquer les initiatives économiques conjointes que ces derniers oeuvrent à lancer en Cisjordanie, disant que les populations, sur le terrain, sont prêtes à coopérer malgré les différences entre leurs leaders politiques.

Cette réunion à huis-clos a eu lieu dans la ville-implantation d’Ariel et a été organisée par la Chambre de commerce et d’industrie de Judée-Samarie, une ONG qui fait la promotion des partenariats commerciaux israélo-palestiniens au-delà de la Ligne verte.

Les critiques ont estimé qu’encore une fois, Friedman rompait la politique américaine et affichait son soutien aux implantations israéliennes en Cisjordanie.

Friedman a utilisé cette rencontre pour s’adresser à l’Autorité palestinienne (AP), écrivant ultérieurement sur Twitter que les hommes avec lesquels il s’est entretenu « sont prêts, désireux et en mesure de faire avancer des opportunités conjointes & une coexistence pacifique. Les gens veulent la paix et nous sommes prêts à les aider ! Les dirigeants palestiniens écoutent-ils ? »

L’AP boycotte la Maison Blanche depuis la reconnaissance par l’administration Trump de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, au mois de décembre dernier. Ramallah a fait savoir que cette décision, ainsi que les sanctions conséquentes à l’égard des Palestiniens décidées par l’administration Trump, ont ôté toute légitimité aux Etats-Unis dans leur traditionnel rôle d’intermédiaire impartial dans les négociations entre les Palestiniens et les Israéliens.

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Posted by ‎אליהו שבירו ראש העיר אריאל – Eliyau Shaviro Mayor of Ariel‎ on Tuesday, 16 October 2018

Avi Zimmerman, l’un des fondateurs de la chambre de Commerce de Judée-Samarie, a indiqué que Friedman était désireux « d’encourager les entrepreneurs israéliens en particulier » à rejoindre de tels projets commerciaux.

Un autre membre fondateur de l’ONG, Ashraf Jabari, a expliqué au Times of Israel que l’envoyé américain « a promis de parler aux responsables israéliens si nous devions rencontrer des obstacles dans la réalisation de nos initiatives ».

Mais tout en encourageant leur travail, Friedman a également pris la défense de la décision américaine de couper les fonds apportés à tous les programmes d’aides qui permettent de rassembler Israéliens et Palestiniens. La Chambre avait demandé une subvention de 200 000 dollars à l’USAID qu’elle ne recevra dorénavant plus, son travail constituant un programme de coexistence que Washington ne financera plus.

Zimmerman a expliqué que les membres de la Chambre avaient fait part de leurs objections concernant cette décision mais que Friedman et l’administration Trump « voient les choses différemment » et pensent que la fin de cette aide permettra à terme de servir « l’intérêt général ».

La réunion de mardi devait avoir lieu à Hébron, ville d’où étaient originaires la majorité des dix entrepreneurs palestiniens présents. Zimmerman a indiqué que l’envoyé américain avait été forcé de renoncer à s’exprimer dans cette ville-poudrière pour des « raisons de sécurité » et que le groupe avait donc décidé de déplacer l’événement à Ariel.

Cette participation a entraîné les critiques du groupe pro-israélien libéral américain J Street.

« En faisant une apparition publique lors d’un événement organisé dans une implantation israélienne en Cisjordanie, l’ambassadeur Friedman a encore une fois franchi une ligne rouge majeure et ancienne tracée en termes de politique américaine bipartisane », a commenté le vice-président aux Affaires du gouvernement de J Street, Dylan Williams, dans un communiqué.

« L’administration Trump continue à envoyer un message clair de soutien au mouvement pro-implantations et à l’agenda de la droite israélienne », a-t-il ajouté.

L’ambassadeur s’est également entretenu avec une délégation d’investisseurs en visite à la chambre, issus du groupe US-Israel Education Association, une ONG chrétienne pro-implantations qui s’oppose à la création d’un État palestinien.

Tandis que l’envoyé a refusé de commenter cette rencontre, un responsable de la mission américaine a noté que « l’ambassadeur s’est senti encouragé par l’enthousiasme et l’engagement des chefs d’entreprises israéliens et palestiniens, qui désirent travailler ensemble pour créer davantage d’opportunités économiques et promouvoir la coexistence pacifique dans la région ».

« Il croit avec force que les connexions individuelles sont la fondation de tout accord de paix à l’avenir et que le dialogue ouvert est la seule manière de promouvoir une plus grande compréhension », a ajouté le responsable américain.

Adam Rasgon a contribué à cet article.

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