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Fusillade à des funérailles à Jaljulia: un homme tué, la personne ciblée blessée

Le tireur aurait tenté d'assassiner l'homme qui a été blessé ; l'attaque est liée à la violence des gangs dans la communauté arabe

Une ambulance du Magen David Adom sur les lieux d'une fusillade meurtrière dans un cimetière de la ville centrale de Jaljulia, le 16 novembre 2021. (Crédit : Magen David Adom)
Une ambulance du Magen David Adom sur les lieux d'une fusillade meurtrière dans un cimetière de la ville centrale de Jaljulia, le 16 novembre 2021. (Crédit : Magen David Adom)

Un homme a été tué par balle et un autre grièvement blessé mardi dans un cimetière de la ville de Jaljulia. L’homme blessé était apparemment la cible de l’attaque, alors que l’homme tué ne l’était pas.

Les deux hommes quittaient un enterrement lorsque le tireur a ouvert le feu.

Les secouristes du Magen David Adom les ont emmenés à l’hôpital Meir de Kfar Saba, où le décès de l’un des deux a été constaté.

La police a déclaré que l’homme qui a été tué avait 52 ans et que l’autre, 32 ans. Une enquête sur la fusillade a été ouverte.

Le député arabe israélien Osama Saadi pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 10 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député de la Liste arabe unie Osama Saadi, qui était présent aux funérailles, a déclaré qu’il s’agissait d’une « embuscade », mais que l’homme abattu n’était pas la cible visée.

« L’homme qui a été tué n’était pas concerné et a été abattu accidentellement », a déclaré Saadi au radiodiffuseur public Kan. « Nous sommes sortis des funérailles et des coups de feu ont été entendus. Deux hommes qui étaient à côté de nous sont tombés par hasard. »

Le radiodiffuseur a déclaré que l’homme grièvement blessé semblait avoir été la cible d’une tentative d’assassinat liée à la violence des gangs.

Depuis le début de l’année 2021, 109 Arabes ont été tués dans des homicides présumés, selon l’association à but non lucratif Abraham Initiatives. Parmi eux, 91 étaient des citoyens d’Israël, et 18 autres étaient des Palestiniens, soit de Jérusalem-Est, soit avec une résidence israélienne.

L’association a précisé que 91 de ces meurtres avaient été commis avec une arme à feu.

À quelques semaines de la fin de l’année, 2021 est en passe d’être l’année la plus sanglante pour la communauté arabe depuis qu’une vague de crimes y a débuté il y a plusieurs années.

Bien que la violence dans la communauté arabe ne montre aucun signe d’apaisement, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré lundi que la situation, longtemps ignorée, était désormais sous contrôle.

« Nous traitons correctement des problèmes auxquels nous nous sommes habitués – [l’idée] que rien ne pouvait être fait à leur sujet, qu’ils étaient chroniques – des problèmes qui sont généralement repoussés », a déclaré Bennett lors d’une réunion d’un panel sur la violence dans la communauté arabe.

Le Premier ministre Naftali Bennett tient une réunion ministérielle à Jérusalem, le 15 novembre 2021, pour discuter des crimes violents dans le secteur arabe. (Crédit : Haim Zach/GPO)

« Nous déployons un effort important dans tout le pays contre les armes et les munitions », a ajouté le Premier ministre, faisant apparemment référence à la saisie d’armes et à l’arrestation de dizaines de trafiquants d’armes la semaine dernière dans ce que la police a présenté comme la plus grande saisie d’armes de l’histoire d’Israël.

Il s’exprimait après une violente bagarre entre deux familles devant l’hôpital Soroka de Beer Sheva, dimanche soir.

Dimanche également, un homme a été tué et un autre blessé par balle sur un chantier de construction dans le quartier de la Colonie allemande de Jérusalem. La police estime qu’il s’agit d’un acte prémédité.

Selon la Douzième chaîne, toutes les personnes impliquées étaient des résidents palestiniens de Jérusalem-Est.

La police a estime que cet incident représente une escalade de la violence au sein de la communauté arabe, la fusillade ayant eu lieu en plein jour dans une communauté juive huppée de l’ouest de la ville, selon la Douzième chaîne.

Un officier de police sur la scène d’une fusillade à Jérusalem, le 14 novembre 2021. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

Les communautés arabes ont connu une recrudescence de la violence ces dernières années, principalement sous l’impulsion du crime organisé.

Les dirigeants et les membres de la communauté blâment la police qui, selon eux, n’a pas réussi à sévir contre les puissantes organisations criminelles et ignore largement la violence, qui comprend des querelles familiales, des guerres de territoire mafieuses et des violences contre les femmes.

Les responsables gouvernementaux et les experts de la société civile affirment que la violence au sein de la communauté arabe est le fruit de décennies de négligence de la part de l’État.

Plus de la moitié des Arabes israéliens vivent sous le seuil de pauvreté. Leurs villes ont souvent des infrastructures en ruine, des services publics médiocres et peu de perspectives d’emploi, ce qui pousse certains jeunes à s’engager dans le crime organisé.

En août, Bennett a déclaré que la violence et la criminalité dans les communautés arabes israéliennes étaient une « calamité nationale ».

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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