Gantz offre une aide humanitaire au Liban, en pleine crise financière
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Gantz offre une aide humanitaire au Liban, en pleine crise financière

Le ministre de la Défense a relayé l'offre par l'intermédiaire de la FINUL et a déclaré avoir "mal au cœur en voyant les images de personnes affamées"

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, participe à une cérémonie dans la ville de Metula, au nord du pays, le 4 juillet 2021, pour inaugurer un monument commémorant les membres de l'armée du Sud-Liban tombés au combat. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)
Le ministre de la Défense, Benny Gantz, participe à une cérémonie dans la ville de Metula, au nord du pays, le 4 juillet 2021, pour inaugurer un monument commémorant les membres de l'armée du Sud-Liban tombés au combat. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Israël a officiellement offert une aide humanitaire au Liban, a déclaré mardi le bureau du ministre de la Défense Benny Gantz, alors que le voisin du nord de l’État hébreu souffre d’un effondrement financier majeur.

Évoquant les efforts déployés par le groupe terroriste du Hezbollah pour acheminer des fonds iraniens au Liban, le bureau du ministre Gantz a déclaré que l’unité de liaison de l’armée israélienne avait relayé l’offre par l’intermédiaire de la FINUL, la force de maintien de la paix de l’ONU au Sud-Liban.

Israël et le Liban n’entretiennent pas de relations diplomatiques. L’armée israélienne et le Hezbollah, soutenu par l’Iran, qui exerce une influence sur le processus décisionnel au Liban et nie le droit d’Israël à exister, ont mené une guerre dévastatrice en 2006.

« En tant qu’Israélien, en tant que Juif et en tant qu’être humain, mon cœur souffre en voyant les images de personnes affamées dans les rues du Liban », a déclaré Gantz lors d’une cérémonie dimanche.

« Israël a offert de l’aide au Liban par le passé et aujourd’hui encore, nous sommes prêts à agir et à encourager d’autres pays à tendre une main secourable au Liban afin qu’il puisse à nouveau prospérer et sortir de son état de crise », a-t-il ajouté.

L’année dernière, Israël a proposé une aide humanitaire après une explosion massive dans le port de Beyrouth, qui a tué plus de 200 personnes, mais a essuyé une fin de non-recevoir.

L’offre d’aide israélienne intervient alors que le Liban est confronté à une série de pénuries, notamment d’essence, et que le gouvernement intérimaire envisage de supprimer les subventions qu’il ne peut plus assumer, et la Banque mondiale considère que le pays connaît l’une des pires crises financières depuis les années 1850, avec une dépréciation inédite de la monnaie nationale, une explosion de l’inflation, des licenciements massifs, et une aggravation de la pauvreté.

Des conducteurs de scooters qui attendent devant une station-service à Beyrouth, la capitale du Liban, protestent contre les hausses du prix du carburant, le 29 juin 2021. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Le Premier ministre démissionnaire libanais Hassan Diab a exhorté mardi la communauté internationale à « sauver le Liban » et à ne pas lier le déblocage de toute aide financière à ce pays en faillite à la formation d’un nouveau gouvernement.

« Lier l’aide au Liban à la formation d’un gouvernement représente désormais un danger pour la vie des Libanais et pour l’entité du Liban », a lancé M. Diab dont le pays fait face à la pire crise socio-économique de son histoire.

« Les pressions exercées (…) n’affectent pas les corrompus, mais c’est le peuple libanais qui en paye le prix exorbitant », a-t-il ajouté devant une réunion d’ambassadeurs à Beyrouth.

Cette crise est largement imputée à la corruption et à l’incompétence de l’élite politique, dominée depuis des décennies par les mêmes familles et les mêmes personnalités. Les dirigeants sont accusés par une grande partie de la population de nullement se soucier des besoins et priorités du pays.

L’explosion meurtrière et dévastatrice du 4 août 2020 au port de Beyrouth a été le coup de grâce pour le pays : plus de 200 morts, des milliers de blessés, des centaines de milliers de personnes sans-abri et des destructions massives.

Le gouvernement de M. Diab avait démissionné quelques jours après le drame. Mais depuis 11 mois maintenant, la formation d’un nouveau gouvernement bute sur les marchandages interminables des grands partis.

Le pays a connu fin 2019 pendant plusieurs mois un soulèvement populaire inédit contre le pouvoir et la corruption, sans résultat.

La communauté internationale, Paris en tête, conditionne toute aide à la formation d’un gouvernement capable d’entreprendre des réformes en profondeur pour sortir le pays de la crise.

« Le Liban traverse un tunnel très sombre, les difficultés ont atteint des niveaux tragiques », a reconnu M. Diab, précisant que le pays se retrouve « à quelques jours de l’explosion sociale ».

Il a appelé à « sauver le Liban avant qu’il ne soit trop tard ».

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