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Gantz évoque ses rencontres avec Mahmoud Abbas

"Nous devons maintenir ouvert un horizon diplomatique", dit le ministre de la Défense, qui déplore un camouflage des relations entre les deux parties qui a "renforcé le Hamas"

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une réunion de la faction Kakhol lavan à la Knesset, le 31 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une réunion de la faction Kakhol lavan à la Knesset, le 31 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a défendu , lundi, ses discussions avec le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas, alors que le gouvernement a survécu à une motion de censure initiée en riposte à ces rencontres.

Gantz a déclaré à la Knesset que tous les gouvernements israéliens avaient maintenu des liens avec l’AP depuis les Accords d’Oslo de 1993, et ce malgré les « désaccords profonds et difficiles » avec Ramallah. Il a souligné que l’AP était « la responsable légitime et reconnue » des Palestiniens.

« L’affaiblissement, depuis des années, de l’Autorité palestinienne et le camouflage des relations ont renforcé le Hamas, porté préjudice à la sécurité d’Israël, et cela a été un échec en matière de résultats », a-t-il ajouté.

Il a semblé lancer une pique au chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, laissant entendre que l’ex-Premier ministre n’avait guère fait preuve d’ouverture et de transparence au sujet des relations entretenues par son gouvernement avec l’AP, ces dernières années.

Le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu montre ses cheveux lors d’un discours à la réunion de la faction du Likoud à la Knesset le 25 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Contrairement à ceux qui ont eu des discussions à l’écart des regards, j’ai pour ma part choisi de les mener publiquement à Ramallah et à Rosh Haayin – à des fins de collaboration, de coordination, de renforcement de l’économie mais aussi pour demander des concessions », a dit Gantz en évoquant ces rencontres, qui ont eu lieu en l’absence des médias et qui n’ont été révélées qu’après coup.

Il a affirmé que renforcer les liens avec l’AP « tout en restant fidèles à nos principes » ne pourrait qu’améliorer les relations diplomatiques et sécuritaires entretenues par l’État juif et d’autres pays.

« Même si nous fermons les yeux, que nous affirmons que les Palestiniens n’intéressent personne, la réalité vient encore et encore nous prouver le contraire », a-t-il poursuivi.

« Même si les Palestiniens n’intéressent pas le monde, nos relations avec les Palestiniens sont déterminantes pour notre sécurité, pour l’avenir de nos enfants et pour l’image future de notre pays ».

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas écoute le secrétaire d’État américain Antony Blinken lors d’une déclaration conjointe à Ramallah, en Cisjordanie, le 25 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon, Pool, File)

Si le ministre de la Défense a reconnu qu’il n’y avait pas d’initiative de paix en cours entre les deux parties, il a noté que « nous devons maintenir le contact » pour permettre d’offrir « un horizon diplomatique ».

Gantz a rencontré Abbas à deux reprises depuis la formation du gouvernement actuel au mois de juin – notamment fin décembre, où il a accueilli à son domicile le chef de l’AP.

Ces entretiens avaient été critiqués avec force par les partis d’opposition ainsi que par les membres de droite de la coalition – une alliance qui couvre tout le spectre politique israélien, des partis les plus pacifistes jusqu’aux plus va-t-en-guerre. Son caractère très diversifié a souvent amené certains des membres de la coalition à s’opposer sur des dossiers politiques variés, notamment sur ceux en lien avec le conflit israélo-palestinien.

Gantz avait riposté aux critiques en disant que « la nécessité de maintenir la sécurité en Israël » avait été au cœur de ses rencontres avec Abbas, ainsi que la nécessité de contrer les dirigeants du groupe terroriste du Hamas à Gaza.

Lundi également, Abbas s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken, selon l’AP.

« Ils ont discuté des événements les plus récents survenus dans la région », a écrit sur Twitter un haut-responsable de l’AP, Hussein al-Sheikh.

Selon un communiqué qui a été émis par le biais de l’agence de presse officielle de l’AP, Wafa, Blinken a dénoncé une série récente de violences commises par des partisans du mouvement pro-implantations et il a réaffirmé l’attachement de l’administration Biden à la réouverture du consulat américain de Jérusalem, une promesse de campagne qui a été mise en suspens face à l’opposition d’Israël.

Un compte-rendu de l’entretien qui a été diffusé par le département d’État américain n’a pas pour sa part mentionné les violences des partisans du mouvement pro-implantations ni le dossier du consulat.

Les deux hommes « ont parlé de l’importance du renforcement des liens de l’administration américaine avec l’Autorité palestinienne et avec la population palestinienne, ainsi que de la nécessité d’améliorer la qualité de vie des Palestiniens de manière tangible. Ils ont aussi discuté des défis que l’Autorité palestinienne doit relever et du besoin de procéder à des réformes », a noté le compte-rendu.

« Le secrétaire Blinken a répété qu’Israéliens et Palestiniens méritent, de la même façon, de vivre dans la sécurité, dans la sûreté, et de bénéficier de la même manière de la sécurité, de la liberté et de la prospérité, et il a réaffirmé le soutien apporté par l’administration américaine à la solution à deux États », a précisé le compte-rendu.

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