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Les victimes des massacres du Hamas du 7/10/2023

Gaya Halifa, 24: Une âme « gentille, pacifique » qui adorait la musique

Elle a été tuée alors qu'elle tentait de fuir le Hamas lors du festival de musique électronique Supernova qui était organisé aux abords du kibboutz Reim, le 7 octobre 2023

Gaia Halifa a été tuée à la rave-party Supernova, le 7 octobre 2023. (Autorisation)
Gaia Halifa a été tuée à la rave-party Supernova, le 7 octobre 2023. (Autorisation)

Gaya Halifa devait fêter son 25e anniversaire un mois plus tard lorsqu’elle a été tuée alors qu’elle tentait d’échapper aux terroristes du Hamas lors du festival de musique électronique Supernova qui était organisé au kibboutz Reim, le 7 octobre.

Son père, Avi, était au téléphone avec elle – il pense avoir entendu son dernier soupir lorsqu’en compagnie d’un groupe d’amis, elle a été prise pour cible par les hommes armés au moment où elle tentait de quitter la zone, en voiture.

Un moment qui a été capturé par la caméra embarquée de la voiture alors que les terroristes ouvrent le feu sur le véhicule, le pare-brise cédant sous le nombre d’impacts de balle. Sur les images, la voiture ralentit et s’écrase dans une autre voiture, sur le côté de la route.

« Elle a eu deux soupirs profonds, comme si elle n’avait plus d’oxygène, comme si elle ne pouvait plus respirer – ensuite, il y a eu ce silence, ce silence si profond », a depuis raconté Avi Halifa devant les caméras de la chaîne publique Kan.

Gaya est restée en contact constant avec ses parents en cette matinée de samedi, les rassurant alors que les roquettes commençaient à pleuvoir – « Je vais bien », avait-elle affirmé. Elle avait ensuite ajouté : « Papa, j’entends des coups de feu ici ».

Sa famille n’était pas encore inquiète. Gaya servait dans une unité médicale de combat au sein de l’unité Duvdevan, au sein de l’armée, et elle ne perdait pas facilement son sang-froid, selon ses parents.

Elle s’était cachée, informant sa famille de l’évolution de la situation. Elle avait même appelé sa mère, Sigal, en lui demandant de dire à son frère Ido de cesser de l’appeler et de le rassurer : elle allait bien.

Elle avait néanmoins envoyé des textos à son père, lui disant que des hommes armés prenaient les jeunes fêtards pour cible, lui demandant si la police avait, d’une manière ou d’une autre, donné des instructions sur la meilleure façon de prendre la fuite. « Je ne savais pas quoi lui dire, personne ne savait encore rien », s’exclame-t-il.

Elle et quelques autres – notamment son amie, Romi Gonen, portée-disparue et qui aurait été prise en otage – étaient restés cachés, à attendre.

Gaya était ensuite entré en contact avec Ben Shimoni, qui se trouvait, lui aussi, à la rave Supernova et dont le comportement héroïque a été largement salué dans les médias israéliens. Shimoni était initialement parvenu à se mettre en sécurité, sauvant des étrangers désespérés des terroristes en les embarquant dans sa voiture avant de s’échapper. Il avait ensuite fait de multiples allers et retours, selon les récits des témoins.

Le père de Gaya déclare que dans les échanges par messages textos entre Gaya et Shimoni, la jeune femme lui avait dit de ne pas revenir à la rave-party, que c’était trop dangereux. Mais il était retourné sur les lieux de la fête et il avait pris Gaya, Romi et un troisième passager, Ofir Tzarfati, qui est présumé captif, à bord de son véhicule.

Gaya avait envoyé à son père un message, lui disant : « Ben, le héros, est venu nous chercher ; il est en train de conduire » pour tenter de trouver un moyen de s’éloigner. Elle lui avait demandé de la retrouver à Ashdod.

Quand Avi et Sigal étaient partis pour Ashdod, il s’étaient sentis soulagés : Gaya avait été sauvée et elle serait rapidement à la maison, avec eux.

Lorsque le téléphone avait à nouveau sonné et que le nom de sa fille s’était inscrit sur l’écran, il avait pensé que Gaya l’appelait pour lui préciser un lieu de rendez-vous. Mais il avait entendu les cris des terroristes et le bruit des coups de feu.

« Papa, ils sont en train de nous tirer dessus ! », avait crié Gaya, raconte-t-il, ajoutant qu’il n’avait pas seulement eu le temps de dire « Allô » : « Ca a été fini, en cinq ou six secondes. C’est impossible de réaliser que tout est terminé ».

Ses parents se sont rendus dans tous les hôpitaux, se cramponnant à l’espoir. Tout le monde savait déjà ce qui était arrivé mais personne n’osait le dire à voix haute, selon la famille. Ido explique avoir continué à afficher son optimisme pour rasséréner ses parents jusqu’à ce que les autorités viennent les informer, quelques jours plus tard, que le corps sans vie de Gaya avait été retrouvé.

Sigal a insisté pour identifier le corps de Gaya, malgré les protestations de la famille.

« Elle gisait là telle qu’elle avait toujours été, gentille, pacifique ; il n’y avait rien sur son visage. Je l’ai prise dans mes bras ; j’ai étreint tout ce que j’ai pu de son corps. Je lui ai dit que je la laissais partir, que nous l’aimions. Et je pense qu’elle m’a entendue », raconte sa mère.

Ses amis et les membres de sa famille évoquent tous une jeune femme adorable, souriante, brillante, qui devait commencer ses études universitaires en économie.

« Gaya, notre ange, notre cousine, et plus généralement la jeune femme la plus parfaite, une jeune femme souriante, pure, au grand cœur », a écrit sa cousine sur Facebook. « Tu vas manquer à tellement de gens ».

Au domicile familial de Kiryat Ono, la chambre à coucher de Gaya est restée telle qu’elle était lorsqu’elle était partie pour le festival de musique électronique. Elle adorait la musique et était ravie de pouvoir se rendre à la rave.

Les parents de Gaya ont pu récupérer ses affaires. Ils les ont posées sur le lit : un pantalon de survêtement gris, un paquet de sucettes qu’elle avait acheté pour elle et pour ses amis et son téléphone portable.

Le téléphone a été retrouvé au sol, près de la voiture détruite.

Les parents de Gaya sont parvenus à retrouver des images la montrant avec Romi, lors de la fête, et une photo qu’elle avait prise alors qu’elle se cachait des terroristes du Hamas. Ils ont aussi pu voir les messages échangés avec Shimoni, qui insistait pour venir les chercher – une initiative qui sera sa dernière tentative héroïque visant à secourir les victimes de l’assaut du Hamas.

Son corps sans vie sera retrouvé cinq jours plus tard.

Après les funérailles, toute la famille de Gaya – Avi, Sigal, Ido et sa sœur Noga — se sont fait un tatouage identique à celui que portait Gaya : un gramophone avec un cœur à l’intérieur. « Pour rester proche d’elle ».

Ses parents ont simplement rajouté une date : celle du 7.10.2023.

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