Gaza : le Hamas ne communique pas les blessés liés aux protestations sociales
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Gaza : le Hamas ne communique pas les blessés liés aux protestations sociales

Les forces de sécurité du groupe terroriste ont passé à tabac des manifestants et une ONG a signalé plusieurs blessés

Des Palestiniens de Gaza protestent contre le coût élevé de la vie et les impôts dans l'enclave côtière, le 15 mars 2019. (Résident anonyme de Gaza)
Des Palestiniens de Gaza protestent contre le coût élevé de la vie et les impôts dans l'enclave côtière, le 15 mars 2019. (Résident anonyme de Gaza)

Depuis que les forces de sécurité du Hamas ont violemment réprimé pour la première fois au début du mois les manifestations contre le coût élevé de la vie et les impôts dans la bande de Gaza, le ministère de la Santé dirigé par le groupe terroriste palestinien n’a signalé aucun blessé.

Les images des manifestations diffusées sur les réseaux sociaux montrent les forces de sécurité du Hamas frapper les manifestants à coups de matraques, tirant des balles en l’air et effectuant des arrestations. La Independent Commission for Human Rights (ICHR) [Commission indépendante des droits de l’homme], un groupe de défense des droits créé par l’Autorité palestinienne, a signalé un certain nombre de blessures, notamment des fractures osseuses. L’ICHR a également déclaré qu’un manifestant de Rafah avait reçu une balle dans la jambe.

Pendant ce temps, les usagers des réseaux sociaux ont publié sur Twitter et Facebook des photos de manifestants qui, selon eux, ont été blessés par les forces de sécurité du Hamas. Le Syndicat des journalistes palestiniens a également déclaré que les forces de sécurité ont maltraité les journalistes, les ont parfois blessés physiquement et empêchés de couvrir les événements.

Les récentes manifestations ont été considérées comme un défi pour le groupe terroriste du Hamas, qui dirige la bande de Gaza depuis qu’il a pris le pouvoir en 2007, en chassant du territoire l’Autorité palestinienne dominée par le Fatah.

Un responsable du ministère de la santé de Gaza, qui a demandé à rester anonyme, a refusé d’expliquer au Times of Israel pourquoi le ministère du Hamas n’a publié aucune donnée sur les blessures.

Le fonctionnaire a transmis les questions au porte-parole du ministère de la Santé, Ashraf al-Qodra, qui n’a pas répondu aux appels téléphoniques ni aux SMS.

En revanche, le ministère a constamment publié des données sur les blessures subies par les Palestiniens lors des manifestations dans la région frontalière entre Israël et la bande de Gaza, qui ont eu lieu presque chaque semaine depuis le 30 mars 2018.

Au cours de l’année écoulée, des milliers de Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens lors des manifestations dans la zone frontalière, selon le ministère.

Les manifestations le long de la frontière, qui comprenaient des actes de violence contre les forces de sécurité israéliennes, exigeaient qu’Israël lève ses restrictions à la circulation des personnes et des biens entrant et sortant de l’enclave et demandaient le retour des réfugiés palestiniens et de leurs descendants dans des terres qui font désormais partie de l’État juif.

Les responsables israéliens affirment que le retour des réfugiés palestiniens et de leurs descendants détruirait le caractère juif d’Israël. Ils maintiennent également que les restrictions à la liberté de circulation sont en place pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes de faire entrer clandestinement des armes dans la bande de Gaza.

Le ministère a également créé de multiples infographies pour décrire les types de blessures que les Palestiniens ont subies lors des rassemblements à la frontière et a tenu plusieurs conférences de presse pour expliquer leur ampleur.

Omar Shakir, directeur de Human Rights Watch pour Israël et les Territoires palestiniens, a vivement critiqué le ministère gazaoui pour sa non-publication des données relatives aux blessures liées aux manifestations internes.

Omar Shakir, directeur de Human Rights Watch pour Israël et la Palestine, travaille à son bureau dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 mai 2018. (AFP Photo/Abbas Momani)

« Les autorités du Hamas parlent souvent de leur engagement en faveur de la transparence et des droits de l’homme des Palestiniens, mais son ministère de la Santé refuse de publier des statistiques sur les blessures causées par les protestations contre ses politiques alors qu’il le fait régulièrement pour les [manifestations frontalières] – une toute dernière preuve de la façon dont le gouvernement est devenu un instrument pour promouvoir ses intérêts partisans étroits », a-t-il écrit dans un message texte.

Alors que les manifestations les plus importantes du territoire contre le coût élevé de la vie ont eu lieu du 14 au 17 mars, les organisateurs ont continué d’appeler les Palestiniens à descendre dans la rue à la fin de la semaine dernière.

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