Gaza : un ado de 15 succombe à ses blessures après les affrontements de vendredi
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Gaza : un ado de 15 succombe à ses blessures après les affrontements de vendredi

La mort déclarée d'un adolescent porte à 4 le nombre des décès enregistrés par le ministère de la Santé dirigé par le Hamas pendant les émeutes de vendredi

Un Palestinien tente de faire tomber une partie de la barrière frontalière entre Israël et Gaza à l'est de la ville de Gaza, dans le centre de la bande de Gaza, lors du cinquième vendredi consécutif d'émeutes de masse le long de la frontière entre Gaza et Israël, le 27 avril 2018. (AFP Photo/Mahmud Hams)
Un Palestinien tente de faire tomber une partie de la barrière frontalière entre Israël et Gaza à l'est de la ville de Gaza, dans le centre de la bande de Gaza, lors du cinquième vendredi consécutif d'émeutes de masse le long de la frontière entre Gaza et Israël, le 27 avril 2018. (AFP Photo/Mahmud Hams)

Un adolescent palestinien a succombé à ses blessures samedi après avoir été atteint la veille par des tirs israéliens lors de nouveaux affrontements à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, a annoncé le ministère de la Santé à Gaza dirigé par le Hamas.

« Azzam Oweida, 15 ans, est mort après avoir été touché à la tête hier à l’est de Khan Younès », dans le sud de l’enclave palestinienne, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Ce décès porte à quatre le nombre de Palestiniens tués lors de ce cinquième vendredi de protestations consécutif, qui a vu des milliers de Palestiniens manifester à nouveau près de la barrière de sécurité séparant Gaza et l’Etat hébreu.

Le décès de l’adolescent fait suite à un incident similaire la semaine dernière, lorsqu’un jeune Palestinien de 15 ans aurait été tué par balle. Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux semblent montrer que l’adolescent, identifié comme étant Mohammed Ibrahim Ayoub, a reçu une balle dans la tête.

Une enquête initiale de l’armée israélienne sur la mort d’Ayoub a indiqué qu’il tentait d’endommager la barrière et qu’il avait apparemment franchi une première barrière de barbelés et se dirigeait vers la clôture de la frontière principale lorsqu’il a été abattu, selon un rapport de la Dixième chaîne.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrant le corps de Muhammad Ibrahim Ayoub, 15 ans, qui, selon les Palestiniens, a été abattu par des soldats de Tsahal lors d’affrontements dans la bande de Gaza le 20 avril 2018 (Capture d’écran).

La mort d’Ayoub a suscité de vives critiques de la part de l’envoyé des Nations Unies dans la région, qui a qualifié de « disproportionnée » la réaction d’Israël aux manifestations de Gaza et a appelé Tsahal à cesser de tirer sur les enfants.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a accusé le Hamas de la mort de l’adolescent, tandis que l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU Danny Danon a appelé l’organisme international à condamner l’utilisation d’enfants par le Hamas comme couverture de leurs activités terroristes.

Vendredi soir, l’armée israélienne a diffusé des images des affrontements de cette semaine, montrant ce qui était, selon lui, une tentative de la part de centaines de Palestiniens de franchir la barrière qui marque la frontière. L’affrontement, qui a provoqué les tirs de l’armée israélienne, a été l’un des incidents les plus violents en cinq semaines de manifestations.

Dans un communiqué, l’armée israélienne a déclaré qu’elle a « contrecarré » une tentative d’infiltration par des manifestants palestiniens.

Il y est indiqué que « des centaines d’émeutiers » ont essayé de brûler la clôture et d’entrer en Israël. La foule a lancé des explosifs, des bombes incendiaires et des pierres, et les soldats ont ouvert le feu « conformément aux règles d’engagement » et ont stoppé les manifestants.

Capture d’écran de la vidéo de l’armée israélienne montrant des Palestiniens à la barrière frontalière Gaza-Israël, le 27 avril 2018 (Crédit : Armée israélienne)

La vidéo montre un jeune Palestinien qui place un pneu en flammes le long de la clôture avec l’intention manifeste de l’incendier. Dans d’autres scènes, un petit groupe lance des pierres sur un véhicule militaire israélien de l’autre côté de la clôture.

Les images montrent également un grand nombre de Gazaouis près de la clôture de la frontière.

Dans d’autres incidents vendredi, l’armée a déclaré que des foules palestiniennes ont fait rouler des pneus en feu, lancé des pierres et fait voler des cerfs-volants avec des objets enflammés dans le but d’endommager la clôture et d’autres cibles israéliennes.

L’armée israélienne a également publié une photo montrant un groupe de jeunes tirant des barbelés le long de la clôture.

Les manifestations hebdomadaires, qui sont soutenues et encouragées par le Hamas, le groupe terroriste qui dirige Gaza, ont d’abord été qualifiées de non violentes par leurs organisateurs palestiniens, mais le Hamas, qui cherche à détruire Israël, a publiquement soutenu les manifestations et a déclaré que son but ultime était de supprimer la frontière et de libérer la Palestine.

Des manifestants palestiniens à Gaza tentent de saboter la clôture de la frontière avec Israël, 27 avril 2018 (Bureau du porte-parole de Tsahal).

L’armée israélienne affirme que ses troupes n’ouvrent le feu que sur les manifestants qui se livrent à la violence ou qui tentent de franchir la barrière séparant le territoire d’Israël. Des vidéos palestiniennes ont été filmées qui prétendent montrer des soldats tirant sur des manifestants qui ne représentaient pas une menace. L’armée a accusé le Hamas de fabriquer les vidéos ou de ne diffuser que des extraits partiels.

L’armée affirme également que le Hamas utilise les manifestations comme couverture pour endommager la barrière frontalière et se prépare à infiltrer et à perpétrer des attentats.

Le Hamas a reconnu que cinq de ses terroristes faisaient partie des victimes après la manifestation du premier vendredi, mais s’est depuis lors abstenu de révéler si ses membres sont parmi les morts. Israël a identifié d’autres victimes comme membres de groupes terroristes.

Au total, 45 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens et plus de 1 500 blessés depuis le début, le 30 mars, de ce mouvement de contestation massive appelé « la grande marche du retour ». Aucun Israélien n’a été blessé.

La « marche » revendique le droit des Palestiniens de retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël en 1948. La mobilisation, qui doit culminer mi-mai, dénonce aussi le blocus imposé par Israël à Gaza, qui possède également une frontière avec l’Egypte, pour contenir le mouvement islamiste Hamas, qui dirige sans partage l’enclave palestinienne et auquel Israël a livré trois guerres depuis 2008.

Selon l’armée israélienne, environ 10 000 personnes ont pris part aux « émeutes » vendredi le long de la frontière.

L’armée israélienne est en butte aux accusations d’usage excessif de la force et à des demandes d’enquête indépendante réclamée par l’ONU ou l’Union européenne.

Elle dit ne tirer que si c’est nécessaire et accuse le Hamas de se servir des civils comme « boucliers humains » et d’être responsable des morts.

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