Gaza : Un journal néerlandais critiqué pour un dessin « antisémite »
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Gaza : Un journal néerlandais critiqué pour un dessin « antisémite »

L'image de l'armée tuant des Palestiniens pour fêter les 70 ans d'Israël encouragera le terrorisme du Hamas et le sentiment anti-juif en Hollande, selon le centre Simon Wiesenthal

Une caricature publiée par le journal néerlandais  Volkskrant au mois d'avril 2018 montrant un soldat israélien tuant un Palestinien sur la bande de Gaza, inscrivant avec ses balles "Bon anniversaire à moi", en référence à la journée de l'indépendance israélienne (Autorisation : Centre Simon Wiesenthal
Une caricature publiée par le journal néerlandais Volkskrant au mois d'avril 2018 montrant un soldat israélien tuant un Palestinien sur la bande de Gaza, inscrivant avec ses balles "Bon anniversaire à moi", en référence à la journée de l'indépendance israélienne (Autorisation : Centre Simon Wiesenthal

Un journal hollandais a suscité de vives critiques après avoir publié un dessin montrant un soldat israélien abattant des Palestiniens sur la frontière avec la bande de Gaza pour célébrer la 70ème journée de l’indépendance de l’Etat juif, qui a été fêtée jeudi.

Le dessin, qui a été publié dans Volkskrant, un important journal néerlandais, dépeignait un soldat de l’armée israélienne portant des lunettes de soleil et arborant une étoile de David dans son dos. Ayant placé un Palestinien désarmé et horrifié devant un mur, il tire une avalanche de balles pour écrire sur le mur l’inscription « Bon anniversaire à moi » – traversant la nuque du Palestinien au passage.

Les cadavres de ce qui semble être d’autres manifestants gisent à proximité, près de ce qui peut être vu comme une pile de corps de manifestants abattus en participant aux rassemblements massifs de la « marche du retour » organisés par le Hamas, le groupe terroriste qui dirige la bande de Gaza.

Le centre Simon Wiesenthal a qualifié lundi le dessin de « scandaleux » et d’antisémite, disant qu’il montrait Israël sous les traits d’un « tyran meurtrier fêtant son 70ème anniversaire en abattant des Palestiniens sans défense à la frontière avec Gaza ». Il a dénoncé le fait que la caricature omettait de critiquer le Hamas pour son « abus cynique des populations civiles ».

Environ 3 000 Palestiniens ont pris vendredi, le long de la frontière entre Gaza et Israël, à la quatrième journée de manifestations massives au cours desquelles 40 personnes ont été tuées par l’armée israélienne, selon des sources médicales proches du Hamas. Ce chiffre n’a pu être vérifié par l’Etat juif. Les manifestants ont fait brûler des pneus et utilisé des cerf-volants enflammés pour incendier les champs israéliens, ont indiqué des témoins et les soldats.

Israël accuse le Hamas d’utiliser des boucliers humains, notamment des femmes et des enfants, comme couverture pour mener des attaques le long de la frontière.

Les manifestants palestiniens durant les affrontements avec les forces de sécurité israéliennes sur la frontière entre Israël et Gaza, à l’est de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 20 avril 2018 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

« Au cours du mois dernier, le Hamas a déployé la population de Gaza, et y compris des terroristes, à la frontière israélienne dans ce qu’il a qualifié de manifestations pacifiques mais en réalité, elles ont été l’occasion de lancer des grenades artisanales, des cocktail Molotov et de faire flotter des cerf-volants dotés d’explosifs », a déclaré le rabbin Abraham Cooper, vice-doyen d’une ONG juive et directeur du groupe d’action sociale global.

Les cerf-volants font partie d’une nouvelle tactique dont l’objectif est de mettre le feu aux champs du côté israélien de la frontière. La majorité des cerf-volants sont cousus aux couleurs du drapeau palestinien et lancés de l’autre côté de la clôture frontalière. Un cerf-volant blanc affichait également une croix gammée.

« Au lieu de condamner le Hamas pour son abus pernicieux et cynique des populations civiles, le dessin diabolise l’Etat juif et ses soldats, les dépeignant comme des meurtriers assoiffés de sang et célébrant le 70ème anniversaire d’Israël », a-t-il ajouté.

Les Palestiniens tiennent un cerf-volant orné d’une croix gammée portant une bombe près de la frontière avec Israël à l’est de la ville de Gaza, le 20 avril 2018. (AFP Photo / Mohammed Abed)

« L’imagerie scandaleuse déployée dans ce dessin ne fera qu’encourager le Hamas à continuer ses actions terroristes et criminelles tout en validant l’antisémitisme en Hollande et au-delà en associant l’étoile juive de David au meurtre d’innocents », a conclu le rabbin Cooper.

Le Hamas a reconnu que plusieurs personnes tuées ces dernières semaines appartenaient à son groupe et Israël a identifié d’autres victimes mortellement touchées comme étant des membres de groupes terroristes.

L’Autorité palestinienne a indiqué vendredi qu’elle demanderait au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies d’établir une commission pour mener une enquête indépendante sur les Palestiniens morts et blessés au cours du mouvement de protestation à Gaza.

Le Forum national pour la marche du retour, l’un des groupes palestiniens à l’origine des manifestations hebdomadaires, a déclaré que les mouvements de protestation visaient à « affirmer notre droit au retour » – en référence à la demande palestinienne qu’Israël permette à des dizaines de milliers de réfugiés et à leurs millions de descendants de revenir dans leurs anciens foyers au coeur d’Israël.

Les gouvernements israéliens ont rejeté la notion de « droit au retour massif » des Palestiniens dans les frontières de l’Etat d’Israël, arguant que l’arrivée de millions de Palestiniens mettrait un terme à l’état-nation juif. Israël demande à ce que les réfugiés palestiniens soient intégrés dans un futur état palestinien, tout comme Israël a accueilli les centaines de milliers de réfugiés juifs qui ont fui les nations arabes du Moyen-Orient et d’Afrique du nord.

Sur les centaines de milliers de réfugiés qui ont quitté ou qui ont été dans l’obligation de partir d’Israël lors de l’établissement du pays, seules quelques petites dizaines de milliers de personnes seraient encore en vie. Mais leurs descendants, considérés comme des réfugiés sous les termes de la désignation unique accordée par les Nations unies aux Palestiniens, se chiffrent en millions.

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