Gaza voit les cas de COVID augmenter, avec près d’un test sur quatre positif
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Gaza voit les cas de COVID augmenter, avec près d’un test sur quatre positif

L'enclave a enregistré 600 nouvelles infections, mais le Hamas est réticent à un deuxième confinement ; en Cisjordanie, 19 % des tests de dépistage du virus sont positifs

Un Palestinien et son épouse passent devant une fresque montrant des médecins confrontés à l'épidémie de COVID-19, dans le camp de réfugiés de Nusseirat dans le centre de la bande de Gaza, le 16 novembre 2020. (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)
Un Palestinien et son épouse passent devant une fresque montrant des médecins confrontés à l'épidémie de COVID-19, dans le camp de réfugiés de Nusseirat dans le centre de la bande de Gaza, le 16 novembre 2020. (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)

Les Palestiniens ont signalé un nombre record de 1 268 nouveaux cas de coronavirus mercredi, dont la moitié à Gaza, les responsables de l’Autorité palestinienne et du Hamas ayant résisté aux appels à un deuxième confinement général.

Les autorités sanitaires de Gaza ont identifié 600 nouveaux cas de coronavirus au cours des dernières 24 heures, établissant un nouveau record d’infections quotidiennes dans l’enclave côtière pour le troisième jour consécutif.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le groupe terroriste islamiste du Hamas, a déclaré mercredi que 22 % des tests effectués au cours des dernières 24 heures étaient revenus positifs, indiquant que le virus pourrait se propager largement sans être détecté. Il y a encore une semaine et demie, 5 à 10 % des tests étaient positifs dans l’enclave.

Il y a actuellement 3 806 cas actifs dans la bande de Gaza, a indiqué le ministère. Environ 234 ont été hospitalisés et 61 sont gravement malades, a précisé le responsable de la santé de Gaza, Majdi Daher, dans un communiqué. Le Hamas avait précédemment indiqué qu’il disposait d’environ 500 lits de soins intensifs dans son système de santé.

Après la découverte des premiers cas fin août, la bande de Gaza est entrée dans une phase de confinement qui a duré près d’un mois et demi. Affaiblies par un blocus de 14 ans par Israël et l’Égypte visant à empêcher le Hamas de se procurer des armes mortelles, ainsi que par la mauvaise gouvernance du groupe terroriste, les autorités craignaient que le système de santé de l’enclave côtière ne puisse résister à une épidémie plus importante.

La pandémie de coronavirus et le confinement qui a suivi ont eu un impact économique considérable sur une bande de Gaza. Selon les Nations unies, environ 17 % des Gazaouis ont perdu leur emploi depuis le début de la pandémie, ce qui a fait porter le taux de chômage à plus de 60 %.

Un travailleur de la santé palestinien pulvérise du désinfectant sur les mains d’une femme entrant dans le camp de réfugiés de Maghazi par précaution contre le coronavirus, dans le centre de la bande de Gaza, mardi 1er septembre 2020. (Khalil Hamra/AP)

Conscientes de l’impact économique, les autorités du Hamas hésitent à déclarer un deuxième confinement malgré la hausse des infections.

Elles ont vivement encouragé la population à respecter les règles, de peur qu’un retour à un confinement total ne devienne inévitable.

« Le ministère de l’Intérieur a pris un certain nombre de mesures précises pour éviter un retour au confinement, étant donné le poids qu’il ferait peser sur tous les secteurs de la société », a fait savoir Iyad al-Bozm, porte-parole du ministère de l’Intérieur du Hamas.

Même si les cas ont commencé à se multiplier au cours des dernières semaines, les responsables de la santé ont continué à assouplir les restrictions afin de permettre un certain retour à la vie normale, en rouvrant les marchés, puis les mosquées, et même certaines écoles.

Il y a trois semaines, le Hamas a lancé un « plan de feux de circulation » et a commencé à classer les quartiers de Gaza en rouge ou en vert en fonction de leur taux d’infection. Le ministère de l’Intérieur a commencé à appliquer des restrictions à quelques quartiers du nord de la bande de Gaza pour tenter d’arrêter la propagation de l’infection, apparemment sans succès.

« Nous constatons une diminution des mesures de santé publique – ils ouvrent des écoles maintenant. Il y a une nette lassitude de la population à l’égard du respect des mesures de protection et des conseils de santé publique », a décrit le Dr Gerald Rockenschaub, directeur de l’Organisation mondiale de la santé dans les territoires palestiniens, au Times of Israel la semaine dernière après une visite dans la bande de Gaza.

Gerald Rockenschaub, chef du Bureau de l’organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la Cisjordanie et la bande de Gaza lors d’une conférence de presse lors de la diffusion d’un nouveaux rapport sur l’accès aux soins le 29 novembre 2016 (Capture d’écran/YouTube/File)

« Si vous vous déplacez à Gaza, il n’y a pas une grande utilisation des masques, il y a des rassemblements. C’est vraiment un défi de convaincre le public d’adhérer à ces mesures », a observé M. Rockenschaub, ajoutant que les autorités du Hamas subissaient des pressions considérables pour ne pas décréter un deuxième confinement.

Selon le ministère de la Santé, quatre habitants de Gaza sont morts de la COVID-19 au cours des dernières 24 heures, soit 54 depuis le mois de mars.

Environ 668 nouvelles infections ont été identifiées en Cisjordanie, selon le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne basée à Ramallah. Près d’un tiers des nouveaux cas ont été recensés à Naplouse. Environ 19 % des tests effectués sont revenus positifs, ce qui représente une augmentation substantielle par rapport aux semaines précédentes.

Depuis que l’Autorité palestinienne a progressivement assoupli les restrictions de son deuxième confinement à la fin du mois de juillet, les mesures de distanciation physique ou du port du masque ont été peu respectées dans la plupart des zones de l’AP. Bien que les autorités aient demandé aux résidents palestiniens de suivre les directives sanitaires, leur non-respect est très répandu.

Malgré cela, le ministre de la santé de l’AP, Mai al-Kaila, a annoncé mardi soir à la télévision palestinienne que le retour à « un confinement général n’est pas à l’ordre du jour du gouvernement ».

Selon les chiffres de l’Autorité palestinienne, la Cisjordanie et la bande de Gaza réunies comptent actuellement 8 754 cas actifs. Environ 589 Palestiniens sont morts en Cisjordanie et dans la bande de Gaza depuis le début de la pandémie.

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