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GB : suspension du financement d’une union d’étudiants pour antisémitisme présumé

Des ministres et d'anciens présidents de l'union nationale des étudiants britanniques s'inquiètent d'incidents signalés "depuis de nombreuses années"

Shaima Dallali (anciennement présidente de la City Students' Union) prend la présidence de la UK National Union of Students. (Crédit: Capture d'écran via YouTube)
Shaima Dallali (anciennement présidente de la City Students' Union) prend la présidence de la UK National Union of Students. (Crédit: Capture d'écran via YouTube)

Le gouvernement britannique a annoncé vendredi qu’il renonçait à son affiliation à l’Union nationale des Étudiants du Royaume-Uni (UK National Union of Students ou NUS) en raison d’allégations d’antisémitisme au sein de l’organisation.

Le secrétaire britannique à l’éducation, Nadhim Zahawai, a déclaré vendredi que le financement de l’organisation par le gouvernement sera également suspendu jusqu’à ce que les allégations soient « traitées de manière appropriée. »

« Les étudiants juifs doivent avoir confiance dans le fait qu’il s’agit d’un organisme qui les représente, et nous devons être sûrs que les organismes étudiants avec lesquels nous nous engageons parlent équitablement au nom de tous les étudiants, c’est pourquoi nous nous désengageons du NUS jusqu’à ce que les problèmes soient résolus », a déclaré Zahawi.

Michelle Donelan, ministre de l’Enseignement supérieur et complémentaire en Angleterre, a détaillé son action contre l’organisation.

« Trop, c’est trop. J’ai préparé un ensemble de sanctions contre le NUS suite à des incidents préoccupants sur plusieurs années », a écrit vendredi Donelan sur Twitter. « Déçue d’en être arrivée là mais fière de défendre les étudiants juifs. Le NUS n’aura pas de siège à la table tant que nous ne verrons pas un réel changement. »

Shaima Dallali a déclaré au Guardian le mois dernier dans une interview qu’elle se félicitait de l’enquête en cours sur l’antisémitisme présumé au sein de l’organisation, qui comprenait une plainte concernant ses propres messages sur les réseaux sociaux.

Matt Western, ministre fantôme des universités du Labour, a déclaré qu’il était crucial que les étudiants juifs se sentent en sécurité et inclus dans les organisations étudiantes. « Il est important que le NUS soit à l’écoute, et j’espère que l’enquête indépendante qu’elle a mise en place à juste titre résoudra ces problèmes à la satisfaction de toutes les personnes concernées », a-t-il déclaré.

Un porte-parole du NUS a déclaré aux médias britanniques qu’il était regrettable que le gouvernement n’ait pas travaillé directement avec le syndicat sur le désengagement, au lieu d’avoir ouvert une enquête indépendante pour travailler avec l’Union des étudiants juifs.

Après l’élection de Dallali, l’Union des étudiants juifs a mis en lumière divers commentaires anti-israéliens et prétendument antisémites qu’elle aurait faits, notamment un message posté il y a 10 ans qui disait : « Khaybar Khaybar O Juifs… L’armée de Mahomet reviendra à Gaza », en référence à la bataille de Khaybar en 628 de notre ère, au cours de laquelle des troupes musulmanes auraient attaqué des indigènes juifs dans la ville de Khaybar. Dallali s’est depuis excusée pour cette publication sur les réseaux sociaux.

Les étudiants juifs ont également exprimé leur inquiétude après que le rappeur Lowkey ait été invité à un événement du NUS, après avoir déclaré dans une interview en ligne que les médias avaient « instrumentalisé l’héritage juif du [président ukrainien] Zelensky » afin d’ignorer les activités présumées d’extrême droite en Ukraine.

Lorsque l’Union des étudiants juifs a rencontré le NUS au sujet de l’événement prévu en mars, ce dernier a déclaré que si l’apparition était problématique, ils pouvaient rester dans un « espace sûr » désigné pour ceux qui sont sensibles au bruit afin d’éviter le concert de Lowkey, selon le Guardian. Lowkey a finalement annulé sa participation à l’événement.

L’organisation a une long historique d’accusations de remarques antisémites et d’exclusion des Juifs des activités syndicales.

En avril, plus de 20 anciens présidents du NUS ont envoyé une lettre aux administrateurs de l’organisation, les exhortant à répondre aux accusations d’antisémitisme, selon le Guardian.

Le NUS a déjà fait l’objet de critiques pour avoir omis le judaïsme dans une enquête sur les religions de ses membres, deux fois en un an. Le formulaire proposait 11 options, dont chrétien, musulman, bouddhiste, hindou, sikh, agnostique et autres, mais négligeait de mentionner la cinquième plus grande religion du Royaume Uni. L’ancienne présidente de l’UNEB, Shakira Martin, s’est excusée et a promis de rectifier cette méprise.

Martin aurait également signé la lettre adressée au conseil d’administration de l’organisation en faveur de la lutte contre l’antisémitisme.

L’ancienne présidente Malia Bouattia a été accusée en 2016 de commentaires antisémites après avoir déclaré que Birmingham était « une sorte d’avant-poste sioniste dans l’enseignement supérieur britannique. » L’université britannique de Newcastle et l’université de Lincoln ont par la suite voté pour se désaffilier de l’organisation.

Bouattia, militante pour le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) a encouragé la violence des Palestiniens à l’encontre des Israéliens et avait refusé de condamner le groupe terroriste État islamique.

Le NUS est une association confédérale d’environ 600 syndicats d’étudiants, représentant plus de sept millions d’étudiants.

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