Gila Gamliel se penche sur le plan d’incinérateur de déchets controversé
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Gila Gamliel se penche sur le plan d’incinérateur de déchets controversé

La nouvelle ministre chargée de l'environnement réexamine la stratégie du ministère sur les déchets - dont le plan polémique qui a été récemment approuvé par les planificateurs

Tri des déchets plastiques. (Capture d'écran BizTV)
Tri des déchets plastiques. (Capture d'écran BizTV)

Gila Gamliel, nouvelle ministre de la Protection de l’environnement, est en train de réexaminer la stratégie mise en place avant son arrivée par ses bureaux pour gérer les déchets. Elle s’intéresse notamment au plan controversé visant à investir la somme de 2,8 milliards de shekels, payée avec l’argent des contribuables, qui viendrait subventionner trois usines d’incinération massives dans le centre du pays.

Ce plan a obtenu, le mois dernier, le feu vert de la Commission nationale des infrastructures.

Lundi, la ministre a rencontré des représentants des organisations environnementales. Elle a soulevé le problème des incinérateurs et donné à un grand nombre de personnes présentes l’impression d’être mal à l’aise face à ce projet.

Une source proche de Gamliel a ultérieurement confirmé que dans le cadre du processus de détermination de sa politique, cette dernière examinait minutieusement tous les aspects de la stratégie de traitement des déchets mise en place par le ministère. Elle s’intéresse aux tendances mondiales, aux modèles économiques et elle est sensible aux positionnements adoptés par le public et par diverses organisations, a ajouté la source, et elle n’a pour le moment tiré aucune conclusion au sujet des incinérateurs ou de toute autre forme de gestion des déchets.

La nouvelle ministre de la Protection environnementale Gila Gamliel, vue avec son prédécesseur Zeev Elkin au ministère de la Protection environnementale à Jérusalem, le 18 mai 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Une première usine d’incinération, nommée Le Bon Samaritain – au-delà des trois qui ont été récemment annoncées – est prévue à Maale Adumim, aux abords de Jérusalem. De nombreux résidents de la ville s’opposent à ce projet, redoutant la pollution.

La date-limite pour les appels d’offres en vue de la phase de pré-qualification pour l’incinérateur de Maale Adumim était lundi.

Cet intérêt porté à l’incinération semble entrer en contradiction avec les options choisies par l’Union européenne (UE).

En 2015, la Commission européenne avait adopté un plan d’action en faveur de l’économie circulaire basé sur « la hiérarchie des déchets », accordant la priorité à la prévention des déchets, à la réutilisation et au recyclage parmi d’autres méthodes de « valorisation » et « d’élimination », estimant que ces dernières présentent le potentiel le plus élevé dans la réduction de l’émission des gaz à effets de serre.

L’économie circulaire est une économie où le déchet de l’un devient la ressource d’un autre. Les systèmes circulaires impliquent la réutilisation, la réparation, la remise en état, la refabrication et le recyclage pour créer un système fermé – ce qui nécessite des contributions minimales et ce qui génère des déchets également minimaux, rabaissant l’emprunte carbone au maximum.

Le document, qui est le fruit de cinq années de travail, souligne ce que les activistes de la défense de l’environnement disent depuis des années, à savoir que la meilleure manière de modifier les comportements et le mode des pensée est le portefeuille, avec des incitations ou des sanctions économiques, comme des taxes lors de l’envoi de déchets dans les décharges ou à l’incinération et des avantages accordés aux services qui proposent des réparations.

Ces dernières années, le ministère de la Protection de l’environnement a perdu son enthousiasme pour le tri des déchets à la source, même s’il permet de produire des matériaux d’une qualité élevée qui peuvent servir au recyclage ou à la transformation.

Cette perte d’enthousiasme a suivi un tri à la source tombé bien en deçà des attentes – largement parce que le ministère n’avait pas bénéficié du soutien politique ou du budget permettant la mise en place de la campagne nécessaire de sensibilisation du public à l’importance du recyclage.

Gamliel a déclaré aux organisations environnementales, lundi, qu’elle désirait renouer les liens avec elles et les rencontrer une fois par trimestre, et qu’elle prévoyait un plan courant sur cinq ans pour s’attaquer aux problèmes environnementaux spécifiquement connus dans les secteurs arabes et druzes. Elle a ajouté qu’elle allouait cinq millions de shekels à la sensibilisation à la défense de l’environnement.

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