« Gilets jaunes » : Griveaux dénonce un « visage antisémite et putschiste »
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« Gilets jaunes » : Griveaux dénonce un « visage antisémite et putschiste »

Le porte-parole du gouvernement a fait référence à une video montrant une vingtaine de gilets jaunes à Montmartre faisant le geste de la quenelle

Certains manifestants des gilets jaunes réunis sur la colline de Montmartre, à Paris, devant la basilique du Sacré-Coeur, le 22 décembre 2018 (Crédit :  Sameer Al-Doumy / AFP)
Certains manifestants des gilets jaunes réunis sur la colline de Montmartre, à Paris, devant la basilique du Sacré-Coeur, le 22 décembre 2018 (Crédit : Sameer Al-Doumy / AFP)

Derrière les violences qui ont marqué l’acte VI des « gilets jaunes » samedi, il y a « un seul visage, lâche, raciste, antisémite, putschiste », a dénoncé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Griveaux a notamment dénoncé le fait qu' »on lynche » des policiers, après la prise à partie de motards de la police par des manifestants sur les Champs-Elysées.

Il faisait également référence à des images sur des réseaux sociaux d’une vingtaine de « gilets jaunes » entonnant devant le Sacré Coeur « la quenelle de Dieudonné » sur le chant des Partisans, allusion au polémiste Dieudonné M’Bala M’Bala, condamné plusieurs fois pour des propos racistes et antisémites.

« Donc, ‘on’ lynche des policiers, ‘on’ chante la quenelle de Dieudonné à Montmartre, ‘on’ reprend les codes des années 30 pour renverser la République, ‘on’ décapite l’effigie du président… Derrière ces ‘on’, un seul visage, lâche, raciste, antisémite, putschiste. Stop. », a tweeté le porte-parole du gouvernement.

Ce geste de la quenelle – un bras tendu vers le bas, l’autre bras replié touchant l’épaule – est considéré par certains comme un geste antisémite.

Il a été au coeur d’une vive polémique en France et a été qualifié de « salut nazi inversé » par le président de la Licra [Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme].

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a lui aussi fustigé « certains (qui) continuent à venir manifester, animés par la haine des institutions ».

Dans un autre tweet, il a salué « une attitude exemplaire face à des attaques inqualifiables ». Il y reprend une vidéo des incidents entres les motards pris à partie et des manifestants.

L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a de son côté dénoncé « ces nouveaux actes antisémites portés par des Gilets jaunes [qui] contribuent au sentiment d’insécurité des juifs de France et d’impunité des antisémites ».

L’UEJF demande « à la justice d’identifier et de sanctionner ceux qui commettent ces saluts nazis ».

L’exécutif a pointé du doigt, à plusieurs reprises, les groupes d’ultradroite qui ont participé à des violences lors des journées de manifestations des « gilets jaunes » depuis le 17 novembre.

Pour son « acte VI » à trois jours de Noël, la mobilisation des « gilets jaunes » a fortement baissé samedi, de près de moitié par rapport à la semaine précédente, avec près de 40.000 participants dans divers défilés, barrages routiers et blocages aux frontières.

Cependant, les liens entre un leader des gilets jaunes et Alain Soral, polémiste antisémite et complotiste maintes fois condamné, se font jour.

« J’ai des bruits de couloir qui me disent qu’il peut être un peu d’extrême-droite ou d’extrême-gauche. Entre ce que les médias racontent et la réalité, on a parfois des grosses surprises, » a déclaré Maxime Nicolle, alias Fly Rider lors d’un live Facebook.

L’exécutif affiche sa fermeté dimanche en France, au lendemain de l' »acte VI » des « gilets jaunes », le président Emmanuel Macron appelant au rétablissement de « l’ordre » et son Premier ministre Edouard Philippe condamnant les quelques débordements qui se sont produits samedi.

« C’est maintenant l’ordre qui doit régner, le calme et la concorde. Notre pays a besoin de ça (…) Il faut apaiser les divisions », a déclaré le chef de l’Etat, en déplacement au Tchad, à la chaîne de télévision BFMTV.

« Il est évident que les réponses judiciaires les plus sévères seront apportées », a-t-il martelé.

A trois jours de Noël, la mobilisation a été moindre que les samedis précédents et les échauffourées avec les forces de l’ordre et les violences qui ont émaillé les manifestations ont été moins nombreuses que celles qui avaient marqué des journées de mobilisation précédentes.

Mais l’exécutif dénonce une radicalisation du mouvement et une « violence inouïe ». Il vise notamment un incident filmé et diffusé en boucle sur les chaînes d’information en continu montrant des motards de police pris à partie à Paris sur les Champs-Elysées, l’un d’eux dégainant brièvement son arme. Une enquête pour « violences volontaires » commises contre des membres des forces de l’ordre a à cet égard été ouverte.

Il fait également allusion à d’autres images montrant une vingtaine de « gilets jaunes » entonnant sur l’air du chant des Partisans la « chanson de la quenelle » de l’humoriste Dieudonné M’Bala M’Bala condamné en 2017 pour des propos antisémites et un pantin à l’effigie d’Emmanuel Macron décapité vendredi soir à Angoulême, dans l’ouest.

Le Premier ministre a quant à lui dénoncé dimanche dans un message sur Twitter « un simulacre de décapitation du chef de l’Etat… Des agressions d’une violence inouïe contre des policiers… Des gestes antisémites en plein Paris… ».

« Il est hors de question de banaliser de tels gestes qui doivent faire l’objet d’une condamnation unanime et de sanctions pénales », a ajouté Edouard Philippe.

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