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Grèce : une ONG juge « honteuse » la situation des réfugiés sur les îles

Refugees International a relevé les conditions exécrables dans le camp improvisé de Souda à Chios, où 1 600 personnes cohabitent, le camp officiel de Vial étant archi-plein

Photo d'illustration : Des enfants derrière une clôture, dans le camp pour migrants de Moria, transformé par la police en centre de détention, à Mytilene, sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 3 avril 2016. (Crédit : Aris Messinis/AFP)
Photo d'illustration : Des enfants derrière une clôture, dans le camp pour migrants de Moria, transformé par la police en centre de détention, à Mytilene, sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 3 avril 2016. (Crédit : Aris Messinis/AFP)

L’organisation humanitaire américaine Refugees International a qualifié jeudi à Athènes de « honteuse » la situation des réfugiés sur les îles grecques d’Egée, malgré leur nombre pourtant « gérable » dans l’ensemble du pays.

L’équipe a passé huit jours à Lesbos, Chios et Samos, qui concentrent la plupart des 15 000 personnes encore retenues sur les îles égéennes pour y être arrivées après l’entrée en vigueur du pacte UE-Turquie de mars 2016, qui prévoit leur renvoi en Turquie à moins qu’elles n’obtiennent l’asile en Grèce.

« Les conditions sont terribles, et les gens n’ont aucune clarté sur leur sort », a remarqué Izza Leghtas, porte-parole du groupe pour l’Europe, déplorant que les gens « passent à présent de longs mois sur des îles qui n’étaient conçues que pour le transit », à moins d’être reconnus vulnérables et d’avoir une chance d’être envoyés dans des camps ou appartements du continent mieux adaptés.

Refugees International a relevé les conditions exécrables dans le camp improvisé de Souda à Chios, où 1 600 personnes cohabitent, le camp officiel de Vial étant archi-plein (1 950 personnes pour 1 100 places).

Mme Leghtas a évoqué « des soucis de sécurité réels » avec des hommes rendus agressifs par l’attente, la circulation de drogue, des femmes apeurées, et un sérieux manque d’information.

Elle note aussi un mécontentement accru de la population locale, surtout à Chios, tandis qu’Alyssa Eisenstein, responsable de la commmunication de l’ONG, souligne « des tensions liées à la différence de traitement entre Syriens et non-Syriens ».

Elles s’inquiètent des conséquences, au 31 juillet, de la fin du financement direct des ONG par la Commission européenne sur ces îles, notamment en matière de santé, et du transfert de ces financements à l’Etat grec.

Elles soulignent pourtant que le nombre total de réfugiés demeurant en Grèce après l’exode de 2015-début 2016, 62 000 officiellement, est parfaitement « gérable » par l’UE, comparé aux trois millions en Turquie ou au million au Liban.

« C’est un problème de manque de volonté politique, c’est honteux, et il n’y a aucune excuse à avoir des tentes sous la neige l’hiver et l’été sous la chaleur avec rats et serpents », a conclu Mme Leghtas.

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