Hammad revient sur son appel incendiaire à tuer les Juifs dans le monde
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Hammad revient sur son appel incendiaire à tuer les Juifs dans le monde

Après le tollé suscité, le Hamas et son cadre insistent sur le fait que le conflit soit au sujet de "l'occupation"

L'ancien ministre de l'Intérieur du Hamas Fathi Hammad, au centre, lors d'un rassemblement à Gaza, le 12 juillet 2018 (Capture d'écran : MEMRI)
L'ancien ministre de l'Intérieur du Hamas Fathi Hammad, au centre, lors d'un rassemblement à Gaza, le 12 juillet 2018 (Capture d'écran : MEMRI)

Un cadre du Hamas a tenté lundi de revenir sur son appel aux membres de la diaspora palestinienne à tuer des Juifs à travers le monde. L’organisation terroriste s’était distancé de ses propos.

Dans un communiqué publié sur le site du groupe, Fathi Hammad a assuré qu’il soutenait « la politique constante du Hamas consistant à limiter sa résistance à la lutte contre l’occupation sioniste qui usurpe la terre de Palestine et souille ses sites saints ».

Et d’ajouter : « Notre résistance à cette entité usurpatrice continuera sous toutes ses formes que ce soit par la lutte armée ou par la lutte populaire pacifique. »

Plus tôt lundi, le groupe terroriste islamiste, qui a juré la destruction d’Israël, avait indiqué que les propos de Hammad ne représentaient pas sa politique officielle, après une pluie de condamnations, notamment par un officiel de l’OLP, de l’envoyé des Nations unies pour le Moyen-Orient et de plusieurs militants palestiniens.

« Ces propos ne représentent pas les positions officielles du mouvement et la politique qu’il a adoptée, laquelle stipule que notre conflit est avec l’occupation, qui occupe notre terre et souille nos sites saints, et pas avec les Juifs du monde ou avec le judaïsme en tant que religion », a fait savoir le Hamas dans un communiqué officiel sur son site Internet.

M. Hammad, un membre dirigeant du Hamas considéré comme un partisan de la ligne dure et connu pour sa rhétorique enflammée, a fait ces remarques dans un discours lors d’une manifestation dans la région frontalière entre la bande de Gaza et Israël, vendredi dernier.

Des partisans du Hamas assistent à un rassemblement marquant la fondation du groupe terroriste dans la ville de Gaza, le 14 décembre 2015. (Emad Nassar/Flash90)

« Notre patience est à bout. Nous sommes sur le point d’exploser. Si ce blocus n’est pas levé, nous exploserons face à nos ennemis, avec la permission et la gloire de Dieu », a affirmé M. Hammad, faisant référence aux restrictions importantes imposées par Israël à la circulation des personnes et des biens entre Israël et Gaza. « L’explosion n’aura pas seulement lieu à Gaza, mais aussi en Cisjordanie et à l’étranger, si Dieu le veut. »

« Mais nos frères [de la diaspora] sont encore en train de se préparer. Ils s’efforcent d’être prêts. Ils se préparent. Cela fait longtemps maintenant qu’ils se préparent. Tous parmi vous, les 7 millions de Palestiniens de la diaspora, sachez que le temps de cette préparation est dorénavant terminé. Il y a des Juifs partout dans le monde et nous devons attaquer tous les Juifs du globe en les massacrant et en les tuant, si Dieu le permet. La préparation est terminée », a-t-il asséné.

Israël explique maintenir les restrictions imposées sur les déplacements des personnes et des biens à Gaza pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes d’importer des armes.

La charte du Hamas, établie à la fin des années 1980, est truffée de rhétorique antisémite et d’appels à la destruction d’Israël.

Les opposants du groupe désignent régulièrement cette dernière comme la preuve que le Hamas épouse ouvertement des positions antisémites qui défendent l’usage de la violence contre les Juifs.

Bien que l’organisation soutenue par l’Iran a publié un document officiel en 2017 qui assure que son « conflit soit avec le projet sioniste et non avec les Juifs ou leur religion », elle n’a pas abandonné sa charte.

Saeb Erekat, secrétaire général du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine, avait condamné lundi les déclarations de Fathi Hammad.

Saeb Erekat, le secrétaire général de l’OLP, s’adresse aux médias après une réunion avec des diplomates à Ramallah en Cisjordanie, le 30 janvier 2019. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

« Les justes valeurs de la cause palestinienne incluent l’amour pour la liberté, la justice et l’égalité. La déclaration répugnante du leader du Hamas, M. Fathi Hammad, au sujet des Juifs ne représente aucune d’entre elles », a écrit Erekat lundi sur Twitter. « La religion ne devrait pas être utilisée à des fins politiques. »

« Quand j’ai vu cette déclaration, je ne l’ai pas supportée. Je suis donc allé [tweeter] en arabe et en anglais, la qualifiant de répugnante », a-t-il dit au Times of Israël lors d’un appel téléphonique, ajoutant que les commentaires lui donnaient envie de vomir.

Erekat affirme depuis longtemps avoir beaucoup de respect pour le judaïsme. Dans une interview accordée en juin, il a expliqué que le judaïsme était « l’une des grandes religions de Dieu ».

Nikolay Mladenov, le coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen Orient, a également condamné les propos d’Hammad.

« Une déclaration dangereuse, répugnante et incitative ! Elle doit être clairement condamnée par TOUS. Ce genre de discours ne saurait être toléré. Jamais ! » a-t-il tweeté lundi.

Omar Shakir, directeur pour Israël et les Territoires palestiniens de Human Rights Watch, a âprement critiqué le Hamas pour ses déclarations qu’il a qualifiées « d’absolument abominables ».

« Les appels au meurtre sur la base de la religion n’ont pas leur place dans un mouvement pour la liberté et ils doivent être relégués dans les poubelles de l’histoire », a écrit Shakir sur Twitter dans la journée de dimanche.

Omar Shakir, directeur de Human Rights Watch pour Israël et la Palestine, travaille à son bureau dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 mai 2018. (AFP Photo/Abbas Momani)

Un certain nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux palestiniens et notamment Ahmad Abu Artema, militant gazaoui, ont également dénoncé les propos de Hammad.

« Notre ennemi, c’est l’occupation, ce ne sont pas les Juifs. Il y a de nombreux Juifs qui soutiennent les droits et la justice dans le monde », a-t-il écrit dans une publication publiée samedi sur Facebook.

L’année passée, Hammad a émis un certain nombre de commentaires incendiaires au sujet d’Israël.

« Ô musulmans, partout où vous rencontrerez un Juif sioniste, vous devrez le tuer parce que c’est là une expression de votre solidarité avec la mosquée al-Aqsa et une expression de votre solidarité avec… votre Jérusalem, votre Palestine et… votre peuple », avait-il déclaré lors d’un discours prononcé à l’occasion de funérailles organisées dans la grande mosquée Omari de Gaza.

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