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Herzog tente de convaincre Poutine de renoncer à la fermeture de l’Agence juive

Le cabinet du président n’a pas commenté la teneur de l’appel, mais indiqué que les deux hommes avaient rappelé les « domaines importants de coopération » entre les deux pays

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Isaac Herzog, président d’Israël à Jérusalem, le 7 juin 2021 à gauche (Crédit : Mark Neyman / Bureau de presse du gouvernement /CC BY-SA 3.0) et Vladimir Poutine, président russe dans la salle d'exposition Manezh, dans le centre de Moscou, le 23 décembre 2021. (Crédit : Natalia KOLESNIKOVA / AFP)
Isaac Herzog, président d’Israël à Jérusalem, le 7 juin 2021 à gauche (Crédit : Mark Neyman / Bureau de presse du gouvernement /CC BY-SA 3.0) et Vladimir Poutine, président russe dans la salle d'exposition Manezh, dans le centre de Moscou, le 23 décembre 2021. (Crédit : Natalia KOLESNIKOVA / AFP)

Le président Isaac Herzog a appelé, mardi, son homologue russe Vladimir Poutine afin d’obtenir que Moscou renonce à fermer l’Agence juive en Russie, a annoncé son cabinet.

Les présidents ont évoqué les relations israélo-russes, et notamment les problèmes des Juifs de la diaspora. Le président Herzog a abordé la question des activités de l’Agence juive en Russie », a précisé le cabinet d’Herzog.

Le mois dernier, les autorités russes ont demandé à un tribunal moscovite de fermer l’Agence juive russe, affirmant que l’organisation, chargée d’encourager et faciliter l’immigration juive en Israël, avait enfreint la loi en procédant à une collecte illégale d’informations sur les citoyens russes. La prochaine audience est prévue le 19 août.

Bien que les autorités russes insistent sur le fait que les motifs de fermeture de l’Agence juive, organisation officielle étroitement liée au gouvernement israélien, sont purement juridiques, nombre sont ceux qui considèrent cette décision comme un moyen de pression déguisé sur Jérusalem.

En vue de la prochaine audience, les autorités israéliennes ont tenté de trouver un compromis avec Moscou, proposant même « d’ajuster » les activités de l’organisation, afin de garder les bureaux de l’Agence juive en Russie ouverts.

Le cabinet du président a déclaré que l’appel avait été passé « à la demande du Premier ministre Yair Lapid, en coordination avec le ministère des Affaires étrangères » mais refusé de commenter la réponse apportée par Poutine lors de la discussion sur l’Agence juive.

« La conversation téléphonique a été franche et honnête. Les deux présidents ont rappelé les domaines importants de coopération existant entre Israël et la Russie et ont convenu de rester en contact », a déclaré le cabinet de Herzog.

« Le président Poutine a souligné son engagement personnel en faveur de la mémoire de la Shoah et de la lutte contre l’antisémitisme », dit le compte-rendu.

La semaine passée, l’ambassadeur d’Israël en Russie, Alexander Ben Zvi, a rencontré à Moscou le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, pour évoquer l’avenir de l’Agence juive en Russie.

Lapid n’a pas caché que la fermeture de l’Agence juive par Moscou serait « un événement grave, lourd de conséquences » sur les relations russo-israéliennes.

Herzog, pour sa part, a suggéré que la question serait mieux traitée en coulisses: « Je crois que moins nous en parlons, mieux cela vaudra. Cela permettra un traitement approprié de la question. »

Lapid fait régulièrement appel à Herzog, dont la fonction est grandement symbolique, pour démêler des situations diplomatiques sensibles, comme ce fut le cas pour le rétablissement de relations avec la Turquie.

Les raisons pour lesquelles Moscou s’en est pris à l’organisation quasi gouvernementale restent floues, car les autorités russes n’ont pas encore indiqué quelles mesures pourraient les amener à revenir sur leurs menaces de fermeture.

Beaucoup estiment que ces tensions sont le résultat du soutien d’Israël à l’Ukraine, en conflit avec la Russie.

Jérusalem s’est gardée d’apporter une aide militaire directe à Kiev – que ce soit des armes offensives ou des technologies défensives avancées – depuis que les troupes russes ont envahi l’Ukraine le 24 février dernier, ce afin d’éviter de déclencher une crise avec Moscou.

Israël se trouve aujourd’hui malgré tout en délicatesse avec la Russie en raison d’un soutien croissant à l’Ukraine, tout en cherchant à préserver sa liberté de mouvement dans le ciel syrien, sous contrôle russe.

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