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Heurts entre manifestants, policiers et résidents là où Ben Gvir passait Shabbat

Des fumigènes et des pierres ont été lancés contre les manifestants qui ont scandé des slogans interpellant le ministre d'extrême-droite ; un agent aurait utilisé une matraque

Des fumigènes lancés contre les manifestants venus pour protester contre le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir à Kfar Uriah, le 18 mars 2023. (Crédit : Capture d'écran ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Des fumigènes lancés contre les manifestants venus pour protester contre le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir à Kfar Uriah, le 18 mars 2023. (Crédit : Capture d'écran ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)

Des affrontements ont eu lieu samedi entre des manifestants, la police et les résidents du village du centre du pays où le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, passait le Shabbat.

Les forces de l’ordre ont signalé l’arrestation d’un homme qui jetait des pierres en direction des manifestants et que deux participants au rassemblement pro-démocratie avaient été appréhendés, soupçonnés de troubles à l’ordre public et d’avoir refusé d’obéir aux instructions qui avaient été données par un agent.

Le groupe de protestataires était venu à Kfar Uriah, à proximité de Beit Shemesh, après avoir appris que le ministre d’extrême-droite allait y passer le week-end.

Les résidents ont été furieux de leur présence, certains criant « A mort, les gauchistes puants », a fait savoir un journaliste du quotidien Haaretz. Un habitant, ôtant son pantalon, aurait ainsi montré son sexe aux manifestants.

Selon le site d’information Ynet, les protestataires ont essuyé des jets de pierre. Des fumigènes ont été lancés dans leur direction et les résidents ont vidé un extincteur sur certains des participants au rassemblement.

Par ailleurs, selon le site Walla, certains habitants du village sont sortis pour soutenir les opposants au gouvernement. D’autres ont dit avoir été indignés par le bruit et par les perturbations survenues aux abords de la synagogue où Ben Gvir était en train de prier.

Il n’y aurait pas eu de blessé.

« Manifestez contre moi autant que vous le voulez, je me battrai pour votre droit à manifester. Mais pourquoi venir devant les fenêtres d’une synagogue avec des mégaphones ? », a écrit Ben Gvir sur Twitter, samedi soir, après la fin du Shabbat. « Je suis sûr que s’il s’agissait d’une mosquée, vous respecteriez les coutumes des fidèles. Mais à l’égard des Juifs religieux, il s’avère que tout est permis », a-t-il estimé.

« Ce sont des violences inhabituelles à Kfar Uriah », a commenté une manifestante auprès d’Ynet.

« Ils ont amené un camion pour nous bloquer et de manière à ce que les manifestants ne puissent pas voir Ben Gvir quitter la synagogue », a-t-elle ajouté.

Une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux a paru montrer au moins un agent de police utiliser une matraque face aux manifestants alors que les forces de l’ordre tentaient de disperser la foule.

La police a expliqué dans un communiqué que des agents de la police des frontières avaient été déployés sur les lieux à l’occasion « d’une manifestation qui a entraîné d’importantes perturbations ».

Les protestataires ont brandi des panneaux déclarant que Ben Gvir – condamné à maintes reprises, dans le passé, pour soutien à un groupe terroriste juif et pour incitation au racisme – était « un ministre de la police criminel ».

A travers leurs slogans, les manifestants ont particulièrement interpellé le ministre concernant la question d’un féminicide qui est survenu vendredi à Haïfa. Le mari de Darya Leitel, mère de trois enfants, a reconnu avoir tué son épouse.

« Où étiez-vous quand Darya a été assassinée ? », ont ainsi crié les manifestants en direction de la synagogue.

Leital — la cinquième victime de féminicide en Israël depuis le début de l’année – s’était plainte de menaces proférées par son mari, dans le passé. L’homme est actuellement jugé pour ces dernières.

Darya Leitel, qui aurait été tuée par son époux le 17 mars 2023. (Autorisation)

Ben Gvir était à la tête de la Commission ministérielle des lois, dimanche dernier, lorsqu’il avait décidé de reporter de six mois le débat sur un projet de loi avancé par la coalition précédente, une législation qui prévoyait le suivi électronique des auteurs de violences conjugales.

Le bureau de Ben Gvir aurait indiqué qu’une version soutenue par le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu était actuellement en préparation – une version qui, semble-t-il, mettrait apparemment davantage l’accent sur la protection des droits des hommes.

Selon des chiffres qui ont été diffusés au mois de novembre par le ministère des Affaires sociales, les violences conjugales connaissent un essor dans le pays.

Le programme du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit, dirigé par Ben Gvir, mettait l’accent sur le renforcement de la sécurité personnelle.

Toutefois – et ce en plus des violences faites aux femmes – la communauté arabe assiste également à une hausse du nombre de meurtres en son sein. Selon le groupe Abraham Initiatives, qui assure le suivi des violences chez les Arabes israéliens, 31 personnes appartenant à cette catégorie de la population ont été tuées depuis que le nouveau gouvernement a pris le pouvoir, il y a deux mois et demi.

Ben Gvir a néanmoins annoncé, mercredi dernier, qu’il mettait un terme à une campagne de lutte contre le crime dans plusieurs villes arabes dans la mesure où le projet était mis en place par le bureau local du JDC (American Jewish Joint Distribution Committee), qualifiant le groupe « d’organisation gauchiste ».

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir à l’entrée de l’aéroport Ben Gurion près de Tel Aviv, le 9 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les Arabes israéliens, pour leur part, affirment que la police a été dans l’incapacité de réprimer les organisations criminelles puissantes et qu’elle détourne largement le regard face aux violences commises – querelles familiales, guerres de la pègre et violences faites aux femmes.

Par ailleurs, il y a eu une escalade des tensions entre Ben Gvir, les responsables de la police et de l’establishment légal et judiciaire.

La procureure-générale Gali Baharav-Miara a estimé, cette semaine, que Ben Gvir pouvait bien « avoir franchi les limites » dans ses interventions récentes dans les affaires de la police et dans les opérations de cette dernière.

Jeudi, Ben Gvir a écrit une lettre aux autres chefs des partis de la coalition appelant au renvoi de Baharav-Miara. Il a affirmé qu’elle était « le leader de facto de l’opposition ».

Le chef de la police, le commissaire Kobi Shabtai, a souligné vendredi que les forces de l’ordre resteraient apolitiques et qu’elles agiraient conformément à la loi, des propos qui ont semblé s’adresser à Ben Gvir.

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