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Hommage aux 288 Juifs déportés du seul camp de travail de Champagne-Ardenne

"Aujourd’hui, nous n’en n’avons pas fini avec l’antisémitisme, le poison ressurgit", a déclaré la maire Elisabeth Bonillo

Entrée du hameau les Vieilles Forges aux Mazures. (Crédit : Wikimedia / CC BY-SA 3.0)
Entrée du hameau les Vieilles Forges aux Mazures. (Crédit : Wikimedia / CC BY-SA 3.0)

Mercredi 23 octobre, en fin d’après-midi, dans la commune des Mazures dans le département des Ardennes et la région Grand Est, la maire Elisabeth Bonillo, plusieurs habitants, proches de déportés et élus ont rendu hommage aux 288 Juifs déportés dans l’ancien camp de travail forcé pour Juifs, fermé il y a 75 ans, le seul de Champagne-Ardenne.

« Nous nous trouvons devant cette stèle, mise en 2005. Il s’est alors produit une fracture du silence, avec des témoignages précieux. Aujourd’hui, nous n’en n’avons pas fini avec l’antisémitisme, le poison ressurgit », a déclaré la maire durant son discours.

La cérémonie était organisée par l’association pour la mémoire du Judenlager des Mazures. Des gerbes ont été déposées et les choristes du conservatoire d’Ardenne métropole, accompagnés de collégiens et de lycéens de la région, ont interprété les hymnes français et israélien.

Nommé « Judenlager », le camp a fonctionné de juillet 1942 à janvier 1944. Les Juifs qui y étaient emprisonnés avaient été déportés depuis la ville d’Anvers, en Belgique, et fabriquaient là du charbon de bois destiné à l’industrie allemande. Tous les prisonniers – mis à part ceux qui ont réussi leur évasion – ont ensuite été déportés à Auschwitz.

Selon l’historien belge Jean-Emile Andreux, sur les 288 déportés, 22 ont réussi à s’évader, 2 ont été fusillés après évasion, 27 ont survécu après leur déportation à Auschwitz et d’autres camps de la mort, et 237 autres sont morts dans les camps après leur transfert depuis Les Mazures.

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