Hydrocarbures offshore : un accord bilatéral en cours entre le Liban et Chypre
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Hydrocarbures offshore : un accord bilatéral en cours entre le Liban et Chypre

Les deux pays ont déjà amorcé le processus de prospection des ressources offshore après d'importantes découvertes ces dernières années de gisements pétroliers et gaziers

Cette photo prise le 31 janvier 2019 montre une image du navire avec grue SSCV Thialf qui pose la fondation de la plateforme qui vient d’arriver pour le gisement de gaz naturel du Leviathan en mer Méditerranée à environ 130 kilomètres à l’ouest de  la côte de la ville israélienne d’Haïfa. (Marc Israel Sellem/Pool/AFP)
Cette photo prise le 31 janvier 2019 montre une image du navire avec grue SSCV Thialf qui pose la fondation de la plateforme qui vient d’arriver pour le gisement de gaz naturel du Leviathan en mer Méditerranée à environ 130 kilomètres à l’ouest de la côte de la ville israélienne d’Haïfa. (Marc Israel Sellem/Pool/AFP)

Le Liban et Chypre ont annoncé jeudi œuvrer à la mise en place d’une « alliance pétrolière et gazière » concernant l’exploration des fonds marins riches en hydrocarbures à la lisière entre leurs zones maritimes respectives en Méditerranée.

Les deux pays ont déjà amorcé distinctement le processus de prospection des ressources offshore après d’importantes découvertes ces dernières années de gisements pétroliers et gaziers dans plusieurs pays du bassin est de la Méditerranée.

Le Liban, qui a signé en février 2018 son premier contrat d’exploration offshore avec un consortium dominé par le groupe français Total, a découpé son espace maritime en dix blocs, dont quatre situés le long de la délimitation avec l’espace maritime chypriote.

Le 4 avril, Beyrouth a annoncé le lancement d’un deuxième appel d’offres pour l’exploration de cinq nouveaux blocs, dont trois jouxtent les eaux chypriotes, invitant les consortiums internationaux à déposer leurs offres d’ici janvier 2020.

« Nous avons convenu de mener des discussions en vue d’un accord bilatéral concernant l’exploitation des ressources énergétiques à cheval entre nos zones économiques exclusives (ZEE) », a déclaré jeudi le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil, lors d’une conférence de presse avec son homologue chypriote dans la capitale libanaise.

Un premier rendez-vous a été fixé au « 7 mai pour discuter des points d’accord et d’éventuels points de divergence », a précisé M. Bassil. Il sera suivi d’un « sommet » en juin entre les deux pays pour une « évaluation plus précise » du potentiel de coopération bilatérale.

Le chef de la diplomatie libanaise a dit espérer aboutir à un accord final en septembre.

Celui-ci s’étendrait « aux frontières, circuits et installations pouvant être partagées pour le transport et l’exportation (…) du pétrole et du gaz » offshore, a-t-il déclaré.

La conclusion d’un accord est d’autant plus urgente que Chypre débute l’an prochain les travaux de forage dans un gisement accolé aux eaux maritimes libanaises, a insisté M. Bassil.

Le ministre chypriote des Affaires étrangères, Nikos Christodoulides, a affirmé pour sa part qu’un éventuel accord avec le Liban rassurerait les investisseurs.

« Un tel accord enverrait un message fort de coopération entre nos pays, offrant la sécurité juridique indispensable aux entreprises internationales désireuses d’investir dans le vaste potentiel en hydrocarbures de la région », a-t-il déclaré.

Illustration : le logo Total. (Crédit : CC BY-SA 3.0)

L’accord conclu l’an dernier par le Liban avec le consortium composé de Total, de l’italien ENI et du russe Novatek, portait sur deux blocs adjacents aux fonds-marins israéliens, dont un bloc situé dans une zone contestée par Israël.

Les deux pays sont encore techniquement en guerre, même après le retrait d’Israël du sud du Liban en 2000.

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