Ignorant le souhait du Netanyahu, l’Agence juive nomme Herzog comme directeur
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Ignorant le souhait du Netanyahu, l’Agence juive nomme Herzog comme directeur

La commission a rejeté la préférence du Premier ministre, peut-être pour reprocher au gouvernement ses politiques qui affectent les Juifs en Diaspora

Le chef de l'opposition, Isaac Herzog, assiste à une réunion de faction à la Knesset à Jérusalem le 8 janvier 2018. (Miriam Alster / Flash90)
Le chef de l'opposition, Isaac Herzog, assiste à une réunion de faction à la Knesset à Jérusalem le 8 janvier 2018. (Miriam Alster / Flash90)

La commission de nomination de l’Agence juive a déclaré jeudi qu’elle recommanderait qu’Isaac Herzog, le chef de l’opposition, prenne les rênes de l’agence, malgré la vive opposition exprimée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avait fait pression pour que Yuval Steinitz, ministre de l’Energie, soit choisi pour occuper le poste de directeur.

« La Commission des Nominations de la Direction de l’Agence juive pour Israël recommandera dimanche au conseil d’administration de l’Agence juive l’élection du député Issac Herzog comme prochain directeur, pour un mandat de 4 ans », a déclaré la commission dans un communiqué. « Le député Herzog prendra ses fonctions au plus tard le 1er août 2018. »

Le conseil, composé de 120 membres, devrait se conformer aux recommandations de la commission.

En ignorant les souhaits du Premier ministre israélien quant au choix du directeur, l’Agence juive prend des mesures inédites.

Des sources au sein de l’agence ont déclaré au Times of Israel que le vote peut être considéré comme une réaction aux décisions du gouvernement qui ont excédé les Juifs de la Diaspora, notamment lorsque Netanyahu est revenu sur un accord de 2016 concernant la construction d’un espace de prière égalitaire au mur Occidental de Jérusalem.

Herzog a déclaré dans un communiqué qu’il avait l’intention d’accepter le poste.

« Au regard des demandes que j’ai reçues de la part des dirigeants de la Diaspora, j’ai décidé d’accepter le poste de directeur de l’Agence juive. Nous sommes dans une époque particulièrement complexe en termes de liens entre le peuple juif et l’Etat d’Israël. J’entrerai en fonction le 1er août. »

Mercedi, Netanyahu avait tenté de bloquer la nomination de Herzog. Neuf des dix membres de la commission avaient soutenu l’ancien chef de l’Union sioniste.

Jeudi, après l’annonce de cette nomination, Netanyahu a annulé une réunion prévue avec des dirigeants juifs de Diaspora et des responsables de l’Agence juive, prévue pour lundi.

Quand les membres de la commission ont rencontré Netanyahu pour lui soumettre leur recommandation, le Premier ministre les a réprimandés parce qu’ils n’avaient pas rencontré Steinitz, le candidat qu’il avait choisi, et leur a demandé de s’entretenir avec le ministre avant de soumettre leur recommandation finale.

La commission a rencontré Steinitz jeudi, et peu après, a annoncé avoir choisi Herzog.

« Steinitz n’est plus en lice », a indiqué la source au sein de l’Agence juive au Times of Israel.

Des responsables ont indiqué qu’Herzog avait fait une présentation très convaincante sur ses projets pour l’agence. De son côté, Steinitz n’avait même pas répondu à l’invitation de la commission, jusqu’à ce que le Premier ministre exige cette rencontre mercredi.

Herzog est donc le seul nom qui sera étudié à la réunion de dimanche, bien que de nouveaux candidats puissent encore être ajoutés.

Après neuf ans à la tête de l’Agence juive, Sharansky quittera son poste.

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz, lors de la réunion hebdomadaire des ministres
dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem,le 29 octobre 2017. (Ohad Zwigenberg/Flash90)

En plus de Herzog et Steinitz, d’autres noms avaient été évoqués pour succéder à Sharansky, notamment le député de l’Union sioniste Nachman Shai ; le vice-ministre de la diplomatie Michael Oren ; les anciens ambassadeurs aux Nations unies Dan Gillerman et Ron Prosor ; Rivka Carmi, présidente de l’université Ben Gurion dans le Neguév et le maire de Maalé Adumim, Benny Kashriel.

En mars, Netanyahu avait recommandé Yohanna Arbib-Perugia, chef de la Fondation de Jérusalem et membre du conseil exécutif de l’Agence juive, pour occuper ce poste. Cependant, le lendemain, Haaretz avait indiqué que Netanyahu avait retiré cette nomination après qu’elle eut rejeté la proposition.

En 2016, le gouvernement avait suspendu une décision visant à garantir l’accès permanent aux Juifs non-orthodoxes à un espace de prière égalitaire, à cause des pressions exercées par les dirigeants ultra-orthodoxes.

Dans le cadre de l’accord de janvier 2016, que le cabinet a approuvé après quatre ans de négociations, le gouvernement s’était engagé à rénover la plate-forme Ezrat Yisrael. Cependant, cet accord stipulait également la création d’une entrée commune au mur Occidental pour les trois espaces de prières, la section orthodoxe pour les hommes, celle pour les femmes et celles où hommes et femmes peuvent prier ensemble ; ainsi que la représentation des courants non-orthodoxes du judaïsme parmi les responsables chargés de la supervision de l’espace égalitaire.

Au mois de juin qui a suivi, après que certains sites ultra-orthodoxes ont commencé à critiquer cet accord, le cabinet avait voté sa suspension, s’éloignant de ce qui était considéré comme une reconnaissance des courants non-orthodoxes du judaïsme.

Le gel de l’accord par le gouvernement avait donné à une crise amère entre Israël et la Diaspora. De nombreux représentants du judaïsme dans le monde entier s’étaient sentis « trahis » par l’Etat hébreu.

Sharansky avait mis en garde le gouvernement contre la colère de la Diaspora au sujet du mur Occidental ainsi que sur le monopole ultra-orthodoxes sur les conversions.

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