« Il est de notre rôle » de cesser le conflit, dit Rivlin à Mahmoud Abbas à l’ONU
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« Il est de notre rôle » de cesser le conflit, dit Rivlin à Mahmoud Abbas à l’ONU

Le président a rencontré le chef des Nations unies et 21 ambassadeurs, leur demandant de s'opposer aux enquêtes et résolutions anti-israéliennes - qui "n'aident pas la paix"

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le président Reuven Rivlin , au milieu, assis, avec un groupe de 21 ambassadeurs à New York, le 29 juin 2021. (Crédit : Shahar Azran)
Le président Reuven Rivlin , au milieu, assis, avec un groupe de 21 ambassadeurs à New York, le 29 juin 2021. (Crédit : Shahar Azran)

NEW YORK — S’exprimant devant un groupe d’ambassadeurs étrangers aux Nations unies lors de l’un des derniers jours de son mandat de président d’Israël, Reuven Rivlin a imploré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas « d’oublier le passé » et de travailler avec l’État juif de manière à faire la paix.

« Nous ne sommes pas condamnés à vivre ensemble mais nous sommes destinés à vivre ensemble. C’est notre rôle de mettre un terme au conflit », a dit Rivlin lors d’un discours prononcé à la fin de sa visite d’adieu aux États-Unis. « Oublions le passé. Construisons la confiance. Il y a des opportunités qui nous sont données de pouvoir aujourd’hui offrir un avenir meilleur à nos peuples. »

Se référant à Abbas sous le terme de « mon cousin », Rivlin a cherché à expliquer le lien unissant depuis plusieurs millénaires les Juifs et Jérusalem, ainsi que le désir ancestral des Juifs de revenir en Terre sainte – tout en reconnaissant que « des populations vivaient là-bas également ».

« Nous sommes revenus dans nos terres ancestrales parce que tout le monde nous a dit que nous pouvions le faire », a continué Rivlin, se référant aux nations où vivaient les Juifs avant l’établissement de l’État d’Israël. « Israël vivra pour toujours en tant qu’État juif et aussi longtemps que le pays continuera à être un État démocratique. »

Vingt-deux ambassadeurs à l’ONU avaient rejoint Rivlin et l’envoyé israélien Gilad Erdan au Safra Center, à New York, pour un déjeuner organisé en l’honneur du président. Les pays représentés étaient les États-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, le Canada, les Pays-Bas, le Kenya, le Rwanda, le Ghana, l’Autriche, l’Albanie, la Hongrie, Malte, la Grèce, Chypre, le Maroc, Bahreïn, le Honduras, le Guatemala, le Mexique, le Bhoutan, l’Australie et la Bulgarie.

La mission chinoise – dont l’envoyé s’était montré très critique à l’égard d’Israël pendant la guerre à Gaza, le mois dernier – avait initialement accepté l’invitation avant de se rétracter.

Avant le déjeuner, Rivlin a rencontré le secrétaire-général Antonio Guterres aux Nations unies et a mis en cause les résolutions et les commissions d’enquête anti-israéliennes au sein de l’organisation internationale.

Le président Reuven Rivlin et le secrétaire-général Antonio Guterres à l’ONU, le 29 juin 2021. (Crédit : Haim Zach)

Le mois dernier, le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies avait voté l’ouverture d’une enquête illimitée sur le traitement des Palestiniens par Israël. Au mois de mars, la même instance avait adopté une série de résolutions contre l’État juif – des résolutions qualifiées par Jérusalem « d’obsessionnelles, biaisées et anti-israéliennes ».

« Notre région du Moyen-Orient doit connaître une construction de la confiance entre les peuples. La paix entre Israël et les Palestiniens ne pourra jamais être conclue par le biais de décisions ou de commissions d’enquête anti-israéliennes », a déclaré Rivlin au cours de son entretien avec Guterres, selon un communiqué de son bureau. « La partialité anti-israélienne au sein des institutions des Nations unies doit s’arrêter. »

« Continuer à travailler avec l’ONU pour être en mesure de répondre aux besoins humanitaires de la population de Gaza, avec laquelle nous ne sommes pas en conflit, nous intéresse », a poursuivi Rivlin.

Le président Reuven Rivlin s’adresse à un groupe d’ambassadeurs de l’ONU à New York, le 29 juin 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)

« Toutefois, tout arrangement devra inclure la restitution des dépouilles de nos soldats et le retour de nos civils qui se trouvent entre les mains de l’organisation terroriste du Hamas », a ajouté le président, évoquant Hadar Goldin et Oron Shaul, deux soldats israéliens tombés au combat, et Abera Mengistu et Hisham al-Sayed, deux citoyens israéliens retenus en captivité par le Hamas.

Lors de la réunion, Rivlin a été accompagné par la mère de Hadar Goldin, Leah, qui a vivement recommandé à Guterres d’utiliser son positionnement pour garantir la restitution de la dépouille de son fils.

Lundi, deux diplomates occidentaux ont indiqué au Times of Israel que l’administration Biden était opposée au désir israélien de conditionner les projets de reconstruction de l’après-guerre à Gaza au retour des dépouilles des deux militaires – tués en 2014 – sur le territoire de l’État juif.

De gauche à droite, le secrétaire-général de l’ONU Antonio Guterres, Leah Goldin, l’ambassadeur israélien à l’ONU Gilad Erdan et le président Reuven Rivlin aux Nations unies, le 29 juin 2021. (Crédit : Haim Zach)

Les États-Unis s’inquiètent du fait qu’une rupture des négociations au Caire portant sur un cessez-le-feu à long-terme dans la bande de Gaza n’entraîne une reprise des violences – ce que veut éviter l’administration Biden qui souhaite pouvoir se concentrer sur d’autres dossiers de politique étrangère, a noté le diplomate.

Goldin a aussi rencontré de hauts-responsables américains en accompagnant Rivlin au cours de son déplacement. Elle a déclaré mardi, devant les caméras de la Douzième chaîne, qu’elle leur avait demandé de se saisir de cette « fenêtre d’opportunité » pour réclamer, dans le cadre des pourparlers suivant le conflit du mois dernier, que le Hamas se soumette à la Résolution 2474 du Conseil de sécurité, qui oblige les États à restituer à leurs pays d’origine les personnes portées disparues suite à des conflits armés.

Lors du déjeuner avec les ambassadeurs étrangers, Rivlin a demandé à Goldin de se lever devant les diplomates, recommandant vivement à ces derniers de « se joindre à nous dans nos initiatives diplomatiques destinées à ramener nos deux garçons chez nous. Aidez-nous à mettre un terme à ce cauchemar qui ne cesse pas », a-t-il continué.

Dans son propre discours, Erdan a qualifié l’ONU de « sorte de puzzle ».

« D’un côté, l’institution est formée de nombreux pays qui entretiennent des relations bilatérales d’une grande proximité avec nous, ce sont les pays que vous représentez », a-t-il noté. « De l’autre côté, il est indéniable qu’il y a une partialité anti-israélienne très forte à l’ONU et que l’antisémitisme a infecté un trop grand nombre d’instances de l’organisation. »

Erdan a déploré l’adoption de résolutions anti-israéliennes aux Nations unies grâce à des pays « qui choisissent d’ignorer nos relations bilatérales fortes ».

Rivlin et Erdan ont tous deux évoqué les inquiétudes concernant les efforts livrés par l’Iran pour obtenir l’arme atomique tout en affichant leur fierté suite à la signature d’accords de normalisation des liens avec cinq pays arabes l’année dernière.

Alors que l’occasion lui a été donnée de prendre la parole au cours du déjeuner, l’envoyé du Maroc aux Nations unies, Omar Hilale, a dit être fier de la décision prise par son pays de normaliser les liens avec l’État juif.

« C’est une opportunité donnée d’aller de l’avant, de promouvoir le dialogue, de maintenir la sécurité. Il n’y a pas d’autre alternative que la paix », a-t-il affirmé.

Pour sa part, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, a expliqué être « fière de prendre la défense d’Israël – comme l’ont fait aujourd’hui un grand nombre d’entre nous – face aux actions biaisées contre l’État juif ».

Elle a noté la présence de représentants des pays arabes et a exprimé l’espoir qu’un élargissement futur des accords d’Abraham « nous fera progresser vers un accord négocié entre Israéliens et Palestiniens ».

Rivlin se trouvait aux États-Unis dans le cadre d’une visite d’adieu, au cours de laquelle il a rencontré le président américain Joe Biden et la présidente de la Chambre Nancy Pelosi dans la journée de lundi. Il quittera son poste, qu’il a occupé sept ans, la semaine prochaine pour être remplacé par Isaac Herzog.

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