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Il faut aider l’Ukraine sans « négliger » les autres pays fragiles, plaide le PAM

Le responsable du PAM a mis en garde contre le risque encouru au-delà de l'aggravation de la famine : "Il pourrait y avoir une migration de masse ou une déstabilisation" du monde

Illustration de matériel délivré par le Programme alimentaire mondial au Soudan (Crédit : Matt Murphy, U.S. State Department / Domaine public / Wikimedia commons)
Illustration de matériel délivré par le Programme alimentaire mondial au Soudan (Crédit : Matt Murphy, U.S. State Department / Domaine public / Wikimedia commons)

Le directeur du Programme alimentaire mondial a lancé vendredi un vibrant appel aux pays développés pour qu’ils ne « négligent » pas les pays, autres que l’Ukraine, qui sont également dans une extrême précarité.

« Je m’efforce de réveiller les Européens et les Etats-Unis », a déclaré David Beasley lors d’une conversation avec Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international consacrée aux pays fragilisés par les conflits.

« Pendant que vous vous concentrez sur l’Ukraine, s’il vous plaît, ne négligez pas le Sahel, s’il vous plaît, ne négligez pas la Syrie, la Jordanie, le Liban. Si vous le faites, les conséquences seront catastrophiques, plus que catastrophiques », a ajouté M. Beasley.

Le responsable du PAM, une agence des Nations unies basée à Rome, a mis en garde contre le risque encouru au-delà de l’aggravation de la famine dans le monde. « Il pourrait y avoir une migration de masse ou une déstabilisation » du monde.

Il a rappelé que sans sécurité alimentaire, la paix était illusoire.

Et il a souligné le terrible choix auquel la PAM fait face aujourd’hui.

« La dernière chose que je souhaite faire est de prendre les graines qui ne sont pas produites en Ukraine pour les donner à l’Ukraine », a-t-il dit.

« Est-il juste de prendre la nourriture des enfants d’Ethiopie pour les donner aux enfants ukrainiens ? Non », a-t-il lancé.

« On ne peut pas se mettre dans cette situation », a-t-il poursuivi, expliquant que le PAM faisait tout pour acheter le maximum de blé à l’Ukraine encore disponible.

Mais l’organisation se heurte à des problèmes concrets comme trouver des chauffeurs pour les acheminer car ceux-ci sont sur le front. Et les agriculteurs, eux-mêmes combattants, risquent de ne pas pouvoir assurer les plantations de printemps.

Il a enfin recommandé aux donateurs et banques de développement d’avoir une approche plus pragmatique en finançant des projets de court à moyen terme, comme le financement des repas scolaires, qui ont un impact direct sur la population.

De son côté, Kristalina Georgieva a souligné que le Fonds ciblait aussi son aide sur les pays fragiles et en guerre, soulignant la corrélation directe « entre stabilité macroéconomique et paix ».

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