Indonésie: une fatwa contre le jeu vidéo ultra-populaire PUBG
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Indonésie: une fatwa contre le jeu vidéo ultra-populaire PUBG

PUBG est un jeu dans lequel des personnages virtuels équipés d'armes à feu se battent sans merci avec l'objectif d'être le dernier survivant

Jakarta, la capitale indonésienne. Illustration. (Crédit : utilisation libre/WikiCommons)
Jakarta, la capitale indonésienne. Illustration. (Crédit : utilisation libre/WikiCommons)

Un groupe de théologiens indonésiens a prononcé une fatwa mercredi contre le très populaire jeu vidéo PlayerUnknown’s Battlegrounds (PUBG), soulignant que sa violence insultait l’islam et pouvait créer chez les joueurs une addiction dangereuse.

Cet édit religieux publié par le Conseil des oulémas de la province d’Aceh (île de Sumatra) suit plusieurs interdictions du jeu dans le monde, comme en Irak, au Népal ou dans l’Etat indien du Gujarat.

« Notre fatwa affirme que PUBG et les jeux similaires sont haram (interdits) parce qu’ils peuvent inciter à la violence et modifier le comportement des gens », a expliqué le vice-président du conseil des Oulémas d’Aceh, Faisal Ali, à l’AFP.

Ce jeu « insulte également l’islam », a-t-il déclaré.

PUBG est un jeu de type « Battle royale » dans lequel des personnages virtuels équipés d’armes à feu se battent sans merci avec l’objectif d’être le dernier survivant. Publié par le géant chinois du numérique Tencent il est devenu un phénomène mondial et sa version mobile a été téléchargée plus de 400 millions de fois.

Logo du jeu vidéo PUBG – PLAYERUNKNOWN’S BATTLEGROUNDS. (Crédit : Facebook)

Les théologiens ont appelé les habitants de la province conservatrice d’Aceh, la seule qui applique la charia en Indonésie, à abandonner ce jeu et ont recommandé aux autorités locales de l’interdire.

Le conseil envisage d’élargir cette fatwa à d’autres jeux violents, a-t-il indiqué, sans préciser lesquels alors qu’au niveau national, le Conseil des oulémas d’Indonésie examine aussi une interdiction du jeu controversé.

Mais pour les habitants d’Aceh, désobéir à la fatwa n’impliquera pas de sanctions, a-t-il nuancé.

« Nous avons remarqué que les enfants et même les adultes d’Aceh commençaient à devenir dépendants du jeu et y jouaient partout sur leur téléphone mobile », a expliqué Faisal Ali.

« Les enfants à qui l’on ordonnait d’arrêter de jouer devenaient agressifs, et les maris réprimandés par leurs épouses devenaient agressifs », a-t-il déploré, estimant que l’engouement pour le jeu « devenait inquiétant ».

Aceh, au nord de l’île de Sumatra, est la seule région d’Indonésie régie par la loi islamique et plusieurs peines inspirées de la charia y sont appliquées, comme la flagellation pour des comportements sexuels interdits ou vendre de l’alcool.

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