Injures et provocation à la haine : 2 peines allégées en appel pour Alain Soral
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Injures et provocation à la haine : 2 peines allégées en appel pour Alain Soral

La cour d'appel de Paris a réduit jeudi à trois et six mois deux peines infligées à l'extrémiste de droite en première instance

L’essayiste français d'extrême droite Alain Soral s'adresse aux journalistes à son arrivée au palais de justice de Paris, le 12 mars 2015. (Crédit : LOIC VENANCE / AFP)
L’essayiste français d'extrême droite Alain Soral s'adresse aux journalistes à son arrivée au palais de justice de Paris, le 12 mars 2015. (Crédit : LOIC VENANCE / AFP)

La cour d’appel de Paris a réduit jeudi à trois et six mois deux peines infligées à l’extrémiste de droite Alain Soral en première instance, pour avoir notamment insulté une magistrate et qualifié le Panthéon de « déchetterie casher ».

Dans un premier dossier, Alain Bonnet dit Soral, 62 ans, a été reconnu coupable d’avoir injurié une procureure et tenu des propos antisémites sur son site Internet en mars 2018, mais il a vu sa peine allégée de un an à trois mois de prison ferme, à exécuter en semi-liberté.

La cour a estimé que le tribunal avait, en première instance, à tort retenu deux infractions de provocation à la haine envers les juifs à des dates différentes, alors qu’il n’y en avait qu’une seule.

Soral avait reproduit sur son site des déclarations prononcées lors d’une audience à Paris, où il était jugé et avait finalement été relaxé.

Il avait notamment écrit sur son site Égalité et réconciliation : « Les juifs sont manipulateurs, dominateurs et haineux ». Au sujet de la procureure, il affirmait : « Je n’ai jamais entendu autant de mensonges et de malhonnêteté sortir de la bouche d’une femme, et pourtant des salopes, j’en ai connues. »

Alain Soral avait fait appel de sa condamnation du 17 janvier 2019 par le tribunal de Bobigny pour provocation à la haine, injure raciale et injure à raison du sexe.

Par ailleurs, la cour d’appel a diminué sa peine de un an à trois mois de prison ferme dans un dossier concernant une vidéo publiée en juillet 2018, dans laquelle il parlait notamment du Panthéon comme d’une « déchetterie casher », au moment où Simone Veil et sont époux Antoine y étaient entrés.

Le tribunal de Paris l’avait condamné à une peine beaucoup plus lourde en première instance le 2 octobre 2019, pour injure publique antisémite et provocation à la discrimination, la haine ou à la violence envers les juifs.

La cour d’appel a estimé qu’il devait être relaxé de ce second chef, jugeant que, si les propos étaient « profondément injurieux, méprisants et humiliants », ils « ne sauraient être compris comme une provocation ».

Alain Soral a été condamné à une vingtaine de reprises, en grande partie pour des infractions similaires. Les deux arrêts ont d’ailleurs souligné qu’il était « profondément ancré dans la délinquance et qu’il n’a tenu aucun compte des multiples avertissements délivrés par la justice ».

Mercredi, il était rejugé pour avoir diffusé en ligne un clip de rap antisémite où des portraits de personnalités étaient brûlés. En première instance, à Bobigny, il avait été condamné à 24 mois de prison dont 18 ferme. La décision d’appel a été mise en délibéré.

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