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Iran : 14 personnes inculpées du meurtre d’un scientifique, en 2020, imputé à Israël

Les suspects sont accusés de corruption et collusion en lien avec l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh, que l’Iran a toujours attribué au Mossad

Des militaires se tiennent près du cercueil de Mohsen Fakhrizadeh recouvert du drapeau iranien, un scientifique nucléaire qui a été tué vendredi, lors d'une cérémonie funéraire à Téhéran, en Iran, le 30 novembre 2020. (Crédit : Ministère de la Défense iranien via l'AP)
Des militaires se tiennent près du cercueil de Mohsen Fakhrizadeh recouvert du drapeau iranien, un scientifique nucléaire qui a été tué vendredi, lors d'une cérémonie funéraire à Téhéran, en Iran, le 30 novembre 2020. (Crédit : Ministère de la Défense iranien via l'AP)

Quatorze personnes ont été inculpées en lien avec l’assassinat, en 2020, d’un important scientifique nucléaire, que Téhéran a jusqu’à présent imputé à Israël, a annoncé lundi une agence de presse iranienne.

Selon l’information de l’Agence de presse de la République islamique, les 14 personnes sont inculpées de plusieurs chefs d’accusation, et notamment de « corruption, collecte de renseignements et espionnage au profit du régime sioniste, collusion visant à perturber la sécurité de l’Iran et mise en danger de la sécurité du pays ».

Aucun détail n’a été donné sur l’identité des inculpés, pas même leur nationalité.

L’Iran arrête, emprisonne et exécute fréquemment des individus qu’il accuse d’espionnage pour le compte de pays étrangers, sans pour autant fournir de preuves.

L’Iran a ainsi accusé Israël d’avoir tué son plus grand scientifique nucléaire, Mohsen Fakhrizadeh, à l’aide d’une mitrailleuse télécommandée, alors qu’il se trouvait à bord d’une voiture, dans les environs de Téhéran.

Fakhrizadeh, considéré par Israël comme le père du programme nucléaire militaire illicite de l’Iran, a été assassiné dans des conditions qui ont amené l’Iran à en attribuer la responsabilité au Mossad, tout en promettant de se venger.

Cette photo publiée par l’agence de presse semi-officielle Fars donne à voir l’endroit où Mohsen Fakhrizadeh a été tué, à Absard, petite ville à l’est de la capitale, à Téhéran, en Iran, le 27 novembre 2020. (Crédit : Agence de presse Fars via AP)

Israël n’a jamais commenté publiquement cette mise en cause, mais l’ex-chef du Mossad, Yossi Cohen, a confirmé l’an dernier que Fakhrizadeh était depuis longtemps dans le viseur de l’agence d’espionnage.

L’Iran et Israël se livrent depuis des années à une guerre en coulisses, mais les tensions se sont accrues suite à une série d’incidents très médiatisés que Téhéran a imputés à Israël.

Israël a émis une alerte de voyage, lundi, avant les grandes fêtes juives, mettant en garde contre le risque d’attentat terroriste contre des cibles israéliennes et juives.

Le Conseil de sécurité nationale a invité les Israéliens appelés à voyager durant la période des fêtes à vérifier les conditions de sécurité dans leur pays de destination avant d’acheter les billets. Ces fêtes sont un des moments préférés des Israéliens pour se rendre à l’étranger.

Le Conseil a ajouté que les groupes terroristes, tels que l’État islamique et ses alliés, « étaient plus que jamais motivés » à l’idée de perpétrer des attentats contre les Juifs et les Israéliens, n’importe où dans le monde.

« Les chefs d’organisations [terroristes] appellent ouvertement à s’en prendre aux Israéliens et aux Juifs », a-t-il ajouté.

Des voyageurs à l’aéroport international Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 7 septembre 2022. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

Les responsables de la sécurité ont notamment mis en garde contre la possibilité d’attentats en Europe, par des terroristes iraniens présents sur le continent.

Un haut responsable de la sécurité a précisé que plusieurs tentatives d’attentats iraniens avaient été déjouées ces derniers temps en Europe, ajoutant que le régime disposait d’infrastructures et de personnels susceptibles de s’en prendre aux Israéliens.

Selon le radiodiffuseur public Kan, il aurait indiqué qu’il n’y avait, pour l’heure, pas d’alerte spécifique, tout en précisant : « Il faut rester extrêmement attentif. »

En mai, le Conseil de sécurité nationale avait émis une alerte destinée aux Israéliens présents en Turquie, les sommant de quitter le pays et recommandant aux touristes de renoncer à leur voyage dans l’immédiat, sur la base de renseignements faisant état d’une menace grave d’enlèvement voire d’assassinat de ressortissants israéliens.

Des agents de la police anti-émeute turque patrouillent devant la Mosquée bleue à Istanbul, le 14 juin 2022. (Crédit : Yasin Akgul/AFP)

Selon de hauts responsables israéliens, les attentats devaient venger une série de meurtres et de frappes sur des cibles militaires et nucléaires iraniennes, attribués à Israël.

Les inculpations rapportées lundi interviennent au moment où les pourparlers sur la relance de l’accord nucléaire iranien semblent stagner et que la République islamique est secouée par des manifestations suite à la mort de Mahsa Amini, 22 ans, après son arrestation par la « police de la moralité » à Téhéran.

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