Iran : Israël fustige l’adhésion de nouveaux pays européens à l’Instex
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Iran : Israël fustige l’adhésion de nouveaux pays européens à l’Instex

"La Belgique, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède n'auraient pas pu choisir un pire moment", a déploré le ministère des Affaires étrangères

Israël a dénoncé dimanche l’adhésion de six nouveaux pays européens au mécanisme de troc Instex créé début 2019 par les Européens pour contourner les sanctions américaines imposées à l’Iran en évitant d’utiliser le dollar.

« Pendant que le Moyen-Orient se tient debout avec bravoure contre l’Iran et ses hommes de main, il se passe quelque chose d’absurde: des pays en Europe tentent de contourner les sanctions américaines contre l’Iran », a déclaré dimanche soir Benjamin Netanyahu en réaction aux nouveaux soutiens européens à l’Instex.

Basé à Paris, l’Instex (Instrument de soutien aux transactions commerciales) doit fonctionner comme une chambre de compensation permettant à l’Iran, sous sanctions américaines, de continuer à vendre du pétrole et d’importer en contrepartie d’autres produits ou services nécessaires à son économie, en grave récession.

Washington s’est retiré unilatéralement en 2018 de l’accord international encadrant le programme nucléaire de l’Iran et a rétabli de lourdes sanctions asphyxiant son économie.

Les trois pays européens parties à l’accord de Vienne – France, Royaume-Uni et Allemagne – ont affirmé vouloir en sauver les acquis, mais leurs efforts n’ont jusqu’ici pas abouti.

Fondé par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, l’Instex n’a jusqu’à présent favorisé aucune transaction, mais est critiqué par Israël, qui voit d’un mauvais oeil l’adhésion samedi de nouveaux pays européens à ce mécanisme.

« La Belgique, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède n’auraient pas pu choisir un pire moment » pour y adhérer, a soutenu dimanche dans un communiqué le ministère israélien des Affaires étrangères, en référence à la répression de manifestations déclenchées en Iran le 15 novembre par la hausse des prix du carburant.

Des manifestants iraniens incendient des pneus pendant une manifestation contre la hausse des prix du carburant, à Ispahan, le 16 novembre 2019. (Crédit : AFP)

D’après Amnesty International, 161 manifestants ont été tués dans la répression de la contestation, un bilan « exagéré » selon Téhéran.

Les autorités iraniennes accusent principalement les Etats-Unis et Israël, ennemis jurés de Téhéran, d’avoir été à l’origine de ces troubles.

« Nous demandons à ces pays européens : quel message envoyez-vous au peuple iranien ? Ne serait-il pas plus efficace et éthique de nommer les membres du régime responsables de la mort de civils », a poursuivi le ministère, estimant que les manifestants décédés doivent se « retourner dans leur tombe » en apprenant ces nouveaux soutiens à l’Instex.

Israël accuse depuis de nombreuses années l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire. L’Etat hébreu accuse aussi l’Iran de mener des opérations contre lui depuis la Syrie, le Liban et la bande de Gaza.

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