Iran : Johnson demande à Rouhani la libération de tous les binationaux détenus
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Iran : Johnson demande à Rouhani la libération de tous les binationaux détenus

Le dirigeant anglais a jugé "totalement inacceptable" la situation actuelle de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, qui "doit être autorisée à rentrer auprès de sa famille au Royaume-Uni"

Illustration : des détenues iraniennes dans la section pour femmes de la prison d'Evin, à Téhéran, le 13 juin 2006. (Crédit : Atta KENARE/AFP)
Illustration : des détenues iraniennes dans la section pour femmes de la prison d'Evin, à Téhéran, le 13 juin 2006. (Crédit : Atta KENARE/AFP)

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a demandé mercredi lors d’un appel avec le président iranien Hassan Rouhani la « libération immédiate » de tous les binationaux britannico-iraniens détenus et le retour de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, selon un communiqué de Downing Street.

Cette cheffe de projet de 42 ans, employée par la fondation Thomson Reuters, a été libérée dimanche de son bracelet électronique après avoir purgé cinq ans de prison sous l’accusation d’avoir comploté contre le régime, ce qu’elle a toujours contesté. Elle est de nouveau convoquée dimanche prochain par la justice iranienne.

Le dirigeant britannique a jugé « totalement inacceptable » la situation actuelle de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, qui « doit être autorisée à rentrer auprès de sa famille au Royaume-Uni ».

Pour son époux Richard Ratcliffe, la binationale est « l’otage » d’un sinistre jeu politique portant sur une vieille dette contractée par le Royaume-Uni lorsque le shah d’Iran lui avait acheté pour 400 millions de livres (467 millions d’euros) de chars. Londres avait ensuite refusé de les livrer lorsque le dirigeant a été évincé en 1979, conservant cependant l’argent. 

Lors de son coup de fil avec Boris Johnson, Hassan Rouhani a dit trouver « étrange » que le Royaume-Uni n’ait « pas encore progressé » dans le paiement de cette dette « qui date de quarante ans ».

« L’accélération du paiement de cette dette à l’Iran serait sans aucun doute utile pour résoudre d’autres problèmes dans les relations (bilatérales) », a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne. 

Lors de cet entretien, Boris Johnson a également souligné que Téhéran doit « cesser toutes ses activités nucléaires qui violent les termes de l’accord » sur le sujet et a souligné auprès de lui « l’importance que l’Iran saisisse l’opportunité présentée par les États-Unis ».

L’ex-président américain Donald Trump a retiré les États-Unis de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique mais qu’il jugeait insuffisant, et a rétabli toutes les sanctions américaines.

Joe Biden s’est dit prêt à y revenir « si » l’Iran revient également dans les clous des restrictions à son programme nucléaire, dont il a commencé à s’affranchir.

Le président iranien a pour sa part réaffirmé jeudi à Boris Johnson rester sur la même ligne de conduite, rendant « action pour action ».

Il « se félicite » cependant que les Européens aient finalement renoncé la semaine dernière à leur résolution via l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour tenter de ramener Téhéran à la table des négociations avec les États-Unis.

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