Iran : Paris, Londres et Berlin « regrettent » la fin des dérogations américaines
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Iran : Paris, Londres et Berlin « regrettent » la fin des dérogations américaines

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi la fin des dérogations qui autorisaient jusqu'ici des projets liés au programme nucléaire civil iranien malgré les sanctions de Washington

L'usine nucléaire de production d'eau lourde d'Arak, en Iran, le 15 janvier 2011. (Crédit : AP/Fars News Agency, Mehdi Marizad)
L'usine nucléaire de production d'eau lourde d'Arak, en Iran, le 15 janvier 2011. (Crédit : AP/Fars News Agency, Mehdi Marizad)

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne « regrettent » la décision américaine de mettre fin à des dérogations-clés pour des projets nucléaires civils iraniens qui offraient des « garanties » sur la nature « pacifique » du programme de Téhéran, ont déclaré samedi leurs diplomaties respectives.

« Nous regrettons profondément la décision des Etats-Unis de mettre fin aux trois exemptions portant sur des projets nucléaires clés du PGAC (Plan global d’action commun – JCPoA), y compris le projet de modernisation du réacteur d’Arak », ont déclaré les porte-paroles des trois ministères des Affaires étrangères dans une déclaration commune, cosignée par celui du chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, qui s’était déjà exprimé en ce sens jeudi.

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi la fin des dérogations qui autorisaient jusqu’ici des projets liés au programme nucléaire civil iranien malgré les sanctions de Washington, ultime vestige, côté américain, du PGAC de 2015, que Donald Trump a quitté en 2018.

Ces projets « servent les intérêts de tous en matière de non-prolifération et offrent à la communauté internationale des garanties concernant la nature exclusivement pacifique et sûre des activités nucléaires de l’Iran », estiment Paris, Londres et Berlin.

Les trois pays, cosignataires avec la Russie et la Chine de l’accord nucléaire de 2015, consultent leurs partenaires « afin d’évaluer les conséquences de cette décision prise par les Etats-Unis », est-il ajouté.

Installation d’enrichissement nucléaire de l’Iran à Natanz, à 300 kilomètres au sud de la capitale Téhéran, Iran, le 9 avril 2007. (Hasan Sarbakhshian/ AP/File)

Concrètement, les pays encore attachés à l’accord sur le nucléaire iranien et impliqués dans ces projets qui n’ont pas de vocation militaire risquent d’être sanctionnés par les Etats-Unis s’ils ne se désengagent pas. Cela concerne avant tout la Russie.

Depuis mai 2019, l’Iran s’est progressivement affranchi d’engagements auxquels il avait souscrit, en riposte au retrait unilatéral de l’accord des Etats-Unis, qui ont rétabli des sanctions économiques contre la République islamique.

À Téhéran, le porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, a « vivement » condamné samedi la décision américaine, qu’il qualifie de « violation flagrante de la résolution 2231 (du Conseil de sécurité de l’ONU ayant endossé le PGAC, ndlr) et de la Charte des Nations unies ».

« Si cela doit porter préjudice (…) au droit au nucléaire » de l’Iran, « nous prendrons des dispositions sur le plan juridique et agirons de façon adéquate », a ajouté M. Moussavi, sans plus de précisions.

Jeudi, le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi avait minimisé la décision de Washington, y voyant une « tentative désespérée » qui n’aura aucun effet « réel » sur le programme nucléaire civil de l’Iran.

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