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Iran: Raissi dit n’avoir « jamais placé d’espoir » dans les négociations nucléaires

A Téhéran, la foule a célébré l'anniversaire de la révolution de 1979 en brandissant des drapeaux et des pancartes où il était écrit "Mort à Israël" et "Mort à l'Amérique"

Des religieux brûlent le drapeau américain sous le monument Azadi (liberté) pendant le rassemblement annuel remémorant la révolution islamique de 1979 à Téhéran, le 11 février 2022. (Crédit :  AP Photo/Vahid Salemi)
Des religieux brûlent le drapeau américain sous le monument Azadi (liberté) pendant le rassemblement annuel remémorant la révolution islamique de 1979 à Téhéran, le 11 février 2022. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Le président iranien Ebrahim Raissi a expliqué vendredi que son pays n’a « jamais placé d’espoir » dans les négociations entre Téhéran et les grandes puissances mondiales concernant la remise en vigueur de l’accord sur le nucléaire qui avait été signé en 2015.

« Nos espoirs, nous les plaçons à l’Est, à l’Ouest, au Nord et au Sud de notre pays, nous ne les avons jamais placés à Vienne ou à New York », a dit Raissi dans un discours télévisé alors que l’Iran marquait le 43e anniversaire de la Révolution islamique de 1979.

A cette occasion, des milliers d’Iraniens ont défilé en voitures, à vélo ou à moto – les piétons étant rares pour la deuxième année d’affilée en raison de la pandémie de COVID-19.

En effet, comme en 2021, la télévision avait annoncé l’interdiction des marches pour marquer le renversement du régime du Shah en 1979. Les autorités affirment que le variant Omicron, particulièrement contagieux, domine actuellement les cas de coronavirus dans le pays et les hôpitaux se préparent à prendre en charge une nouvelle vague d’infections.

Dans la capitale de Téhéran, des cortèges sont partis de différents endroits de la ville, convergeant tous vers l’emblématique place Azadi.

Cet anniversaire survient alors que les négociations portant sur une potentielle remise en vigueur de l’accord sur le nucléaire iranien qui avait été signé en 2015 entre la république islamique et les grandes puissances continuent à Vienne. L’ancien président Donald Trump avait retiré les États-Unis de cet accord, le JCPOA, et 2018 en réimposant de lourdes sanctions et en réponse, Téhéran s’était graduellement éloigné de ses engagements pris dans le cadre du pacte.

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré mercredi qu’un accord était « en vue » tout en ajoutant que « si un accord n’est pas conclu dans les prochaines semaines, les avancées nucléaires effectuées par l’Iran rendront impossible » une réintégration des États-Unis dans le JCPOA.

A Téhéran, vendredi, des manifestants avaient peint leurs véhicules aux couleurs rouge, blanc et vert du drapeau iranien pour célébrer le soulèvement qui avait renversé une monarchie appuyée par les Occidentaux et permis l’accession au pouvoir des Islamistes. Vitres baissées, certains ont scandé « Mort à l’Amérique », « Mort à Israël » et « Nous résisterons jusqu’au bout ».

Le nouveau président iranien, Ebrahim Raissi, s’exprime lors de sa cérémonie d’assermentation au parlement iranien, dans la capitale Téhéran, le 5 août 2021. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

D’autres, a constaté le photographe de l’AFP, sont sortis de leur véhicule sur la place Azadi pour brûler des drapeaux américains en criant « Nous ne nous rendrons pas ».

La télévision d’Etat iranienne a diffusé des images de rassemblements similaires dans d’autres grandes villes, notamment à Chiraz, Ispahan (centre), Tabriz et Mashhad (nord).

Les manifestants portaient des drapeaux et des portraits du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, du fondateur de la République islamique, l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, ainsi que du général iranien Qassem Soleimani, tué lors d’une frappe aérienne américaine à Bagdad en janvier 2020.

Les célébrations marquent le jour où l’ayatollah Khomeiny est revenu d’exil et a renversé le dernier gouvernement en place sous la monarchie Pahlavi.

Les marches ont été interdites en raison de la situation épidémiologique, alors que l’Iran est le pays le plus durement touché par la pandémie dans la région.

Le coronavirus a infecté en Iran plus de 6,7 millions de personnes –sur une population d’environ 85 millions d’habitants– et en a tué plus de 133.000, selon le ministère de la Santé.

Près de 55 millions de personnes ont reçu deux doses de vaccin.

Parallèlement à la pandémie, l’économie iranienne souffre des sanctions imposées depuis 2018 par l’ancien président américain Donald Trump qui avait retiré son pays de l’accord international sur le nucléaire en 2015.

L’Iran est actuellement engagé dans des négociations avec la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie directement et avec les États-Unis indirectement pour relancer cet accord, censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique.

Les députés américains ont appris lors d’une réunion à huis-clos, cette semaine, que les États-Unis estimaient que l’Iran pourrait être en possession d’une quantité de matière fissile suffisante pour fabriquer une arme nucléaire dans une poignée de semaines.

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