Israël bloque des recettes fiscales de l’AP servant à payer les terroristes
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Israël bloque des recettes fiscales de l’AP servant à payer les terroristes

L'initiative de dimanche survient des mois après que Ramallah et Jérusalem se sont mis d'accord sur le transfert de fonds, permettant à l'Autorité palestinienne de fonctionner

Des proches de Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes brandissent leur portrait lors d'une manifestation pour marquer la "Journée des prisonniers" à Ramallah, en Cisjordanie, le mercredi 7 avril 2019. (AP Photo/Majdi Mohammed)
Des proches de Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes brandissent leur portrait lors d'une manifestation pour marquer la "Journée des prisonniers" à Ramallah, en Cisjordanie, le mercredi 7 avril 2019. (AP Photo/Majdi Mohammed)

Le cabinet de sécurité a approuvé dimanche la retenue de dizaines de millions de dollars de recettes fiscales de l’Autorité palestinienne dans le cadre de la lutte constante entre Jérusalem et Ramallah concernant le paiement des salaires aux terroristes et à leurs familles.

Israël a déclaré qu’il retiendrait environ 149 millions de shekels (un peu plus de 37 millions d’euros) sur les fonds qu’il collecte au nom de l’Autorité palestinienne.

Ce chiffre est fondé sur l’estimation du montant que Ramallah a versé aux Palestiniens tués ou blessés lors d’activités terroristes en 2018, en plus des 500 millions de shekels (125 millions d’euros) déjà retenus au cours de l’année écoulée.

Cette somme correspond à l’argent versé aux prisonniers palestiniens (incarcérés ou libérés) et à leurs familles en 2018.

Les 149 millions de shekels ne couvrent que les paiements effectués en 2018 et seront retenus sur les transferts fiscaux de 2020.

Une source de la Défense a déclaré au Times of Israel que le gouvernement commencerait à discuter de la retenue des fonds fiscaux basée sur les paiements de l’AP pour le terrorisme de 2019 au début de la nouvelle année.

Alors qu’une loi adoptée en juillet 2018 prévoyait la retenue d’un montant égal aux paiements versés aux prisonniers et aux familles des terroristes tués, elle n’a été que partiellement appliquée en 2019, ce qui a entraîné un recul de la droite.

La décision de dimanche pourrait accroître les tensions entre Israël et les Palestiniens et survient peu de temps après que l’AP a accepté, en octobre, de recommencer à accepter les taxes perçues par Israël après les avoir refusées pendant des mois en signe de protestation contre la retenue d’argent par Jérusalem sur les paiements.

Ramallah avait refusé d’accepter les recettes fiscales parce qu’Israël retenait une partie de la somme, mais s’était ravisée face à une crise économique naissante en Cisjordanie.

En octobre, les transferts de recettes fiscales s’élevaient à quelque 600 millions de shekels (environ 150 millions d’euros) par mois – une source de financement essentielle pour l’AP.

Israël dit que le Fonds des martyrs récompense et encourage la violence, tandis que les Palestiniens disent que c’est un moyen de subvenir aux besoins des familles nécessiteuses touchées par le conflit qui dure depuis des décennies.

La semaine dernière, le ministre de la Défense Naftali Bennett a ordonné la saisie des fonds de l’AP pour les familles des condamnés arabes pour terrorisme en Israël, déclarant que « le sang juif ne sera plus lucratif financièrement ».

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