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L’AP accepte 600 millions de shekels en taxes dues par Israël

Ce transfert correspond aux revenus fiscaux défalqués des fonds versés aux terroristes et à leurs familles ; Abbas avait jusqu'alors refusé de ne toucher qu'une partie de ces taxes

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une rencontre avec les journalistes dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 23 juin 2019 (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une rencontre avec les journalistes dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 23 juin 2019 (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

L’Autorité palestinienne va toucher 600 millions de shekels en transfert de taxes dues par Israël, ont annoncé vendredi des responsables des deux gouvernements, une bouffée d’oxygène pour l’économie palestinienne en proie à une grave crise budgétaire.

Israël continuera à retenir des revenus fiscaux habituellement versés à l’Autorité palestinienne à hauteur du même montant que celui correspondant aux salaires, une initiative qui a amené l’AP à rejeter tous les transferts israéliens d’argent provenant des impôts, entraînant un grave manque de liquidités ces derniers mois.

Le transfert aura lieu dimanche, a déclaré à l’AFP un responsable du ministère israélien des Finances, Shai Badad.

Le ministre de l’Autorité palestinienne des Affaires civiles Hussein al-Cheikh a confirmé cette information.

Israël avait suspendu en février le paiement d’une partie de la TVA et de droits de douane prélevés pour les Palestiniens. En réponse, le président de l’AP Mahmoud Abbas avait décidé de n’accepter aucun versement israélien tant qu’il serait incomplet, privant ainsi sa propre administration de centaines de millions d’euros.

L’Autorité palestinienne avait alors été forcée d’imposer des mesures d’austérité, en coupant de près de moitié le versement des salaires de ses employés.

Ces mesures ont porté un coup dur à une économie déjà minée par un chômage avoisinant 30 % dans les Territoires palestiniens, selon les données de la Banque mondiale.

Hussein al-Cheikh, ministre de l’Autorité palestinienne sur Palestine TV, chaîne officielle de l’AP. (Crédit : Capture d’écran Palestine TV)

Hussein al-Cheikh a indiqué vendredi que l’Autorité palestinienne et Israël avaient accepté d’examiner la question des allocations versées par Ramallah.

« C’est un pas en avant vers la résolution de la crise, mais la crise n’est pas finie », a t-il affirmé.

Hussein al-Cheikh, proche d’Abbas, a déclaré sur Twitter vendredi avoir rencontré le ministre des Finances israélien Moshe Kahlon la veille, pour discuter de « sujets extraordinaires » et que les commissions concernées poursuivront les négociations dimanche.

« L’accord concernait également le transfert du paiement à l’AP des sommes dues. Le désaccord concerne les salaires des familles des prisonniers et des martyrs. Nous sommes déterminés à leur verser leur dû, quel qu’en soit le prix. »

Un haut-responsable israélien a déclaré à la Treizième chaine que lors de la rencontre entre Kalon et al-Cheikh, les deux parties ont « accepté de ne pas être d’accord » sur la question du salaires des prisonniers et des familles des terroristes palestiniens.

Israël envisagera également d’autres mesures économiques pour apaiser la situation en Cisjordanie, a fait savoir la chaîne.

Deux responsables palestiniens, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat parce qu’ils n’étaient pas autorités à parler aux médias, ont déclaré qu’Israël continuera à retenir 42 millions de shekels par mois, un montant équivalent à la somme versée au Fonds pour les Martyrs.

Le mois dernier, dans un discours à l’Assemblée générale des Nations unies, Abbas a juré de continuer verser des salaires aux familles des prisonniers sécuritaires palestiniens en Israël ainsi qu’aux familles de terroristes tués.

« Nous sommes confiants dans le fait que la communauté internationale n’acceptera pas la décision arbitraire israélienne de retenir nos revenus et d’en confisquer une partie », a-t-il dit, ajoutant que cette action israélienne « approfondit la souffrance de notre peuple ».

Il a conclu en saluant ces terroristes, les qualifiant de « martyrs honorables, prisonniers courageux et héros blessés ».

Des tensions avec Washington avaient aggravé la crise budgétaire de l’Autorité palestinienne : l’an dernier, le gouvernement américain a coupé plus de 500 millions de dollars d’aides diverses, après le gel par M. Abbas des relations avec l’administration du président Trump pour protester contre la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Evoquant la crise des transferts de taxes et les coupes de l’aide américaine, la Banque mondiale avait qualifié en avril « d’intenable » la situation économique dans les Territoires palestiniens.

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