Autorité palestinienne : mesures d’austérité pour atténuer la crise budgétaire
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Autorité palestinienne : mesures d’austérité pour atténuer la crise budgétaire

Le ministre Shukri Bishara explique que les mesures de réduction des coûts comprennent l'arrêt des promotions, des primes et la réduction des salaires mensuels de certains employés

Shukri Bishara, ministre des Finances de l'Autorité palestinienne, lors d'une conférence de presse à Ramallah, le 11 mars 2019. (Crédit : Wafa)
Shukri Bishara, ministre des Finances de l'Autorité palestinienne, lors d'une conférence de presse à Ramallah, le 11 mars 2019. (Crédit : Wafa)

Le ministre des Finances de l’Autorité palestinienne, Shukri Bishara, a annoncé dimanche une série de mesures d’austérité que les dirigeants palestiniens basés à Ramallah estiment nécessaires pour faire face à un déficit budgétaire.

Bishara a fait cette annonce après que l‘Autorité palestinienne a refusé de recevoir des dizaines de millions de dollars de recettes fiscales le mois dernier qu’Israël a perçues en son nom, pour protester contre une nouvelle loi israélienne qui cherche à pousser Ramallah à mettre fin à sa politique de paiement aux prisonniers de sécurité et aux familles des terroristes morts.

La loi permet à Israël de déduire des impôts qu’il perçoit pour l’Autorité palestinienne le montant que celle-ci verse à ce qu’on a surnommé le financement « Payer pour tuer », calculé par les autorités israéliennes.

Le Premier ministre sortant de l’AP, Rami Hamdallah, a déclaré fin février que l’Etat juif avait retenu le mois dernier 41 800 000 shekels (10 450 000 euros) de son transfert mensuel de taxes à Ramallah. Hamdallah a dit qu’en réponse, les Palestiniens ont rejeté tous les produits fiscaux d’Israël.

Le Président de l’AP Mahmoud Abbas a déclaré que les Palestiniens n’accepteront aucune partie des taxes qu’Israël prélève en son nom dans les mois à venir, si l’Etat juif ne transfère pas la totalité du montant à Ramallah.

M. Bishara a déclaré lors d’une conférence de presse dimanche qu’une équipe de fonctionnaires palestiniens dirigée par M. Abbas avait décidé que tant qu’Israël n’aurait pas remis la totalité des transferts fiscaux, l’Autorité palestinienne paierait à ses employés qui gagnent moins de 2 000 shekels (500 euros) leur salaire mensuel complet, mais ses autres employés ne recevraient qu’une part de leur salaire et pas plus de 10 000 shekels (2 500 euros).

Réunion du gouvernement de l’Autorité palestinienne à Ramallah, le 27 décembre 2018. (Crédit : Wafa)

« Nous dépenserons l’argent conformément à nos priorités d’une manière logique, rationnelle et juste et d’une manière qui n’a pas d’impact sur les services fournis aux citoyens », a déclaré Bishara, notant que l’équipe dirigée par Abbas pourrait modifier sa décision dans les prochains mois en fonction des évolutions des finances de l’AP.

Environ 40 % des employés de l’Autorité palestinienne perçoivent un salaire mensuel inférieur à 2 000 shekels.

Il a également déclaré que tous les employés de l’AP recevraient au moins la moitié de leur salaire dimanche.

L’Autorité palestinienne depuis longtemps verse des salaires mensuels à des dizaines de milliers de Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

M. Bishara a ajouté que les mesures d’austérité comprennent également l’arrêt de toutes les nominations, promotions et primes, l’arrêt de tous les nouveaux achats de biens et de voitures et la réduction des frais de déplacement, d’accueil d’invités et de carburant.

L’Autorité palestinienne a pris des mesures similaires en 2012 lorsqu’Israël lui a retenu des impôts du fait des efforts des Palestiniens pour obtenir une reconnaissance internationale.

Les impôts qu’Israël perçoit pour l’AP représentent environ la moitié du budget de Ramallah, tandis que l’aide internationale, qui a considérablement diminué ces dernières années, et les taxes locales représentent le reste.

Bishara a également déclaré que le ministre des Affaires étrangères de l’AP, Riyad al-Maliki, s’adressera aux banques arabes, aux fonds islamiques, à la Ligue arabe et à la Chine pour « activer » un filet de sécurité financière pour les Palestiniens.

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